Le prix Médicis à Marie Darrieussecq pour "Il faut beaucoup aimer les hommes"

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/11/2013 à 10H00, publié le 12/11/2013 à 13H25
Marie Darrieussecq, Prix Medicis pour "Il faut beaucoup aimer les  hommes" (POL)

Marie Darrieussecq, Prix Medicis pour "Il faut beaucoup aimer les  hommes" (POL)

© PIERRE VERDY / AFP

Marie Darrieussecq a reçu mardi le prix Médicis pour "Il faut beaucoup aimer les hommes" (P.O.L.), roman brûlant sur la passion de deux amants, une Blanche et un Noir, a-t-on appris de source proche du dossier, peu avant l'annonce officielle.

L'auteure a été choisie au premier tour avec cinq voix, contre deux à Philippe Vasset ("La Conjuration"), une à Céline Minard ("Faillir être flingué") et une à Frédéric Verger ("Arden").  "L'attente, a expliqué la romancière après l'annonce du prix, j'en  parle beaucoup car malgré les luttes féministes auxquelles j'ai participé, nous les femmes, on a une Belle au Bois Dormant dans la tête".
Solange, l'héroïne basque de son précédent roman, "Clèves" (2011), est  devenue actrice à Hollywood, où elle rencontre le beau Kouhouesso, second rôle au cinéma, qui a grandi en Afrique, un continent qu'elle va tenter de mieux connaître. "C'est un livre qui me tient particulièrement à coeur. Peut-être l'un de mes préférés, un aboutissement de mon travail", a raconté la romancière. "Plusieurs trajets de ma vie m'ont mené en Afrique et j'en ai donné mon image",  a ajouté l'écrivain, qui a mis 18 mois à écrire ce livre.
Marie Darrieussecq est née en 1969 au Pays Basque.  L'écrivain de 44 ans est également psychalyste. Elle a écrit une quinzaine de romans, dont "Truismes" en 1996, vendu à 300 000 exemplaires et traduit dans une trentaine de langues. En 2007, à l'occasion de la publication de "Tom est mort", Camille Laurens reproche à Marie Darrieussecq d'avoir pillé sa vie, et l'accuse de de "plagiat psychique". En 2010, cette dernière publie "Rapport de police", son premier essai, consacré au thème du plagiat.

Médicis étranger pour un thriller en mer

Le journaliste et écrivain néerlandais Toine Heijmans a reçu le prix Médicis étranger pour son premier roman "En mer" (Bourgois), thriller psychologique qui embarque le lecteur sur un voilier dans un huis clos oppressant, au coeur de la tempête et d'une âme tourmentée (traduit du néerlandais par Danielle Losman). 

"C'est extraordinaire d'avoir ce prix et d'avoir des lecteurs en France. Cela m'a beaucoup ému de voir mon livre dès la fin de l'été dans les vitrines des libraires français", a déclaré Toine Heijmans. "J'ai mis un an à écrire ce livre, je l'ai commencé en naviguant sur mon bateau. Même une fois à quai près de chez moi, je continuais à écrire sur le bateau en écoutant la radio de bord", a ajouté le romancier néerlandais dont le prochain livre porte sur l'immigration clandestine.
Le prix Médicis de l'Essai a été décerné à Svetlana Alexievitch pour "La Fin de l'homme rouge" (Actes Sud), toujours selon la même source.

"C'est la plus belle liste depuis 50 ans, avec des choix qui ne sont pas les plus attendus de la saison", s'est exclamé la présidente du jury Anne F. Garréta. "Le prix Médicis est un prix de découverte aventureux qui essaie de décrire ce qui donne du sens dans le moment", a-t-elle ajouté. Membre du jury, Frédéric Mitterrand a estimé que les trois livres couronnés "offrent chacun à sa manière, avec une forme littéraire très aboutie, des questions au sens très profond".