« Les bêtes du sud sauvage » à Un Certain Regard : l’arche de Noé

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 15/05/2012 à 13H07
"Les Bêtes du sud sauvage" de Benh Zeitlin

"Les Bêtes du sud sauvage" de Benh Zeitlin

© Fox Searchlight

De Benh Zeitlin (Etats-Unis), avec : Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Jonshel Alexander - 1h32 - Sortie : non datée

Synopsis : La vie d'une petite fille est radicalement transformée quand son père est victime d'une étrange maladie, alors même que le monde subit un déclin brutal. La hausse des températures entraine une montée des eaux et libère des créatures préhistoriques. L'enfant décide alors de partir à la recherche de sa mère.

Les Bêtes du sud sauvage : la bande annonce

Fable écologique
Il est rare qu’un film récompensé dans un précédent festival soit projeté à Cannes. Les précédents sont « Sex mensonges et vidéo » de Steven Soderbergh et « Reservoir Dogs » de Quantin Tarantino, en provenance du festival du cinéma indépendant de Sundance. C’est également le cas de cet étrange « Les bêtes du sud sauvage » qui y a remporté le Premier prix en janvier dernier.

Premier film de l’Américain Benh Zeitlin, donc concourant pour la Caméra d’or - un des plus beaux prix cannois -,  « Les bêtes du sud sauvage » s’apparente à une fable écologique qui recoupe le drame du cyclone Katrina qui s’est abattu sur la Nouvelle-Orléans en 2005. C’est d’ailleurs dans cette région que se déroule l’action, mais la catastrophe n’est jamais nommée.

"Les bêtes kdu sud sauvage" de Benh Zeitlin

"Les bêtes kdu sud sauvage" de Benh Zeitlin

© Fox Searchlight Pictures

Ancestralité
Un père célibataire et sa petite fille de 5 ans vivent une relation houleuse, après le départ de sa mère, dans un taudis fangeux du bayou. Le film de Benh Zeitlin met également en perspective toute la communauté alentour, très attachée à sa terre, refusant d’être évacuée à l’approche d’un ouragan qui va l’inonder et la dévaster, au péril de leur vie. Une forme de résistance s’instaure pour défendre un mode de vie ancestral, plutôt que perdre ses racines. Vivant en symbiose avec la nature, violents, habitant des bicoques insalubres qui évoquent des terriers, les « bêtes sauvages » du film, ce sont eux.

Cette ancestralité trouve écho dans la résurgence d’aurochs, animaux préhistorique puissants et dévastateurs, cannibales, également image de la machine administrative tueuse des particularismes. Arrivés au terme de leur course, ils se prosterneront devant l’enfant, garante des valeurs ancestrales, donc d’eux-mêmes. De ce point de vue, « Les Bêtes du sud sauvage » n’est pas sans rappeler « Princesse Mononoké » d’Hayao Miyazaki, dont le message écologique et le respect des traditions est la toile de fond de son œuvre.

Poème visuel et sans concession d’une extrême originalité, « Les bêtes du sud sauvage » a été ovationné et part avec un bel avantage dans la course à la Caméra d’or.