Les Intermittents multiplient les actions, sans issue en vue

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/06/2014 à 18H55, publié le 18/06/2014 à 18H50
Une intermittente du spectacle couverte de peinture le 16 juin à Paris

Une intermittente du spectacle couverte de peinture le 16 juin à Paris

© Citizenside/Benjamin Filarski

Les intermittents ont multiplié les actions mercredi tandis que le médiateur nommé par le gouvernement tenait un dernier round de discussions avec toutes les parties prenantes, patronat, syndicats, intermittents et employeurs de la culture, sans qu'une issue à la crise se dessine.

"La messe est dite"
Dans la matinée, le Conseil National de l'emploi a rendu comme prévu un avis favorable à l'agrément par le ministère du Travail de la convention chômage contestée par les intermittents. "Le ministre va l'agréer, la messe est dite", a réagi Franck Mikula (CFE-CGC) après la réunion, dernière étape consultative du processus d'agrément du texte qui doit entrer en vigueur le 1er juillet.
Une vingtaine d'intermittents et de militants de la CGT s'étaient rassemblés symboliquement devant le bâtiment parisien où se tenait la réunion tandis qu'à l'autre bout de la capitale, 200 intermittents envahissaient à l'aube le chantier de la Philharmonie porte de Pantin. 
Occupation du chantier de la Philharmonie le 18 juin

Occupation du chantier de la Philharmonie le 18 juin

© Miguel Medina/AFP

En région, d'autres actions "coup de poing" ont émaillé la journée, comme l'occupation des locaux des Chambres de commerce et d'industrie à Toulouse et Lille, et des bureaux de la direction régionale du travail à Rennes. A Marseille,100 à 200 manifestants ont descendu la Canebière jusqu'au Vieux-Port avec plusieurs dizaines de cercueils portant la mention des principaux festivals de l'été, menacés d'annulation.
Manifestation d'intermittents du spectacle 5

Manifestation d'intermittents du spectacle 5

© BERTRAND LANGLOIS / AFP

"Revoir l'architecure du système"
Le médiateur nommé par le gouvernement, le député PS Jean-Patrick Gille, a reçu mercredi matin pour la deuxième fois l'ensemble des partenaire sociaux, et l'après-midi une délégation comprenant la CGT-Spectacle, la coordination des intermittents, les employeurs du spectacle (Syndeac) et plusieurs parlementaires actifs sur le sujet, comme le député écologiste Noël Mamère et le sénateur communiste Pierre Laurent.
Le médiateur a expliqué sur France Inter qu'il essayait "de trouver un scénario de sortie qui tourne autour de l'idée de se remettre autour d'une table pour revoir l'architecture du système, parce qu'on voit bien que tous les deux ans il y a une crise".
Cette remise à plat est souhaitée par les intermittents et les employeurs du spectacle, qui jugent que la négociation Unedic n'a pas examiné leurs propositions, mais se heurte aux signataires de la convention chômage, qui ne veulent pas rouvrir les négociations. 
"La convention sera validée le 27 ou le 28. Il n'y a pas matière à reparler de la convention d'assurance chômage", a lancé Véronique Descacq, numéro 2 de la CFDT.
Date butoir : les 27/28 juin
"La porte de sortie n'est même pas entrouverte", a estimé le secrétaire général de la CGT-Spectacle Denis Gravouil, après avoir rencontré le médiateur. "Sans solution, nous envisageons de reconduire les appels à la grève après le 1er juillet pour tout l'été", a indiqué la CGT dans un communiqué peu après, menaçant directement les grands festivals d'été comme Aix ou Avignon.
Denis Gravouil a par ailleurs jugé "absurde" l'idée d'un fonds abondé par l'Etat en faveur des intermittents. Le médiateur avait indiqué le matin qu'un "fonds d'aide aux plus précaires" faisait partie des pistes.
Jean-Patrick Gille doit remettre son rapport au gouvernement en fin de semaine, et au plus tard lundi ou mardi, avant la date butoir des 27/28 juin prévue pour la signature de la convention par le ministre du Travail François Rebsamen.
Le Premier ministre Manuel Valls a promis lundi "un certain nombre de décisions d'ici la fin de la semaine".