Intermittents : Rio Loco gratuit jeudi à Toulouse, médiation et soutiens

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/06/2014 à 13H11, publié le 12/06/2014 à 15H28
Les intermittents du spectacles bloquent l'ouverture du festival Rio Loco à Toulouse, le 11 juin

Les intermittents du spectacles bloquent l'ouverture du festival Rio Loco à Toulouse, le 11 juin

© REMY GABALDA / AFP

Les intermittents du spectacle, qui avaient bloqué mercredi la soirée d'ouverture du festival de musiques du monde Rio Loco à Toulouse, ont voté le maintien "partiel" de la programmation de la soirée de jeudi (12 juin) et la gratuité de l'accès au site, a indiqué leur coordination.

"A la suite des votes de l'équipe technique (du festival), des commerçants (qui gèrent les restaurants et buvettes) et de la coordination des intermittents et précaires, il a été décidé que ce (jeudi) soir, le site était ouvert, gratuit et que la programmation était maintenue partiellement", a  annoncé une membre de la Coordination des intermittents et  précaires de Midi-Pyrénées.

Un autre représentant de la coordination, a confirmé cette  décision prise pour faire pression sur le gouvernement afin d'empêcher la  ratification de la nouvelle convention d'assurance chômage qui réduit leurs  droits.

Des discussions étaient en cours en début d'après-midi entre la direction du festival et les intermittents pour définir au plus près le déroulement exact de la soirée, qui devrait mêler concerts et prises de parole des intermittents.

Quatre concerts sont programmés jeudi soir sur les deux scènes de ce festival situé sur les bords de la Garonne, où 20.000 spectateurs sont attendus  jeudi. Le festival, qui doit se clore le 15 juin, avait attiré en 2013 un record de 125.000 spectateurs.

Une nouvelle assemblée générale est prévue vendredi pour décider des  modalités de la poursuite de ce mouvement reconductible toutes les 24 heure.
Manifestation d'intermittents du spectacle à Marseille en 2003... déjà

Manifestation d'intermittents du spectacle à Marseille en 2003... déjà

© GERARD JULIEN / AFP
60% des Français pour une réforme du régime
Une majorité de Français (60%) est  favorable à un rapprochement du régime spécial d'indemnisation chômage des intermittents avec les règles s'appliquant à l'ensemble des chômeurs, selon un  sondage Tilder-LCI-OpinionWay publié jeudi. Ce pourcentage est cependant en baisse de 6 points par rapport à la précédente enquête réalisée en février.

A l'inverse, 36% des sondés (+3 points) se disent d'accord avec l'idée selon laquelle "il faut conserver (le régime spécifique) car ce ne sont pas des métiers comme les autres". Quelque 4% des personnes interrogées ne se  prononcent pas.

Leur régime spécifique compense la précarité attachée aux métiers de la culture, en échange de cotisations deux fois plus élevées que dans le régime général. Plus favorable que celui s'appliquant au reste des salariés, il est  jugé trop coûteux par ses détracteurs.

Il concerne 3,5% des bénéficiaires des allocations chômage et 3,4% des dépenses de l'Unedic et son surcoût par rapport au régime général est estimé à  320 millions d'euros.

Sondage réalisé en ligne les 11 et 12 juin auprès d'un échantillon de 988 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.
Le gouvernement a confié au député PS Jean-Patrick Gille une mission de dialogue avec les intermittents du spectacle (juin 2014)

Le gouvernement a confié au député PS Jean-Patrick Gille une mission de dialogue avec les intermittents du spectacle (juin 2014)

© IP3 PRESS/MAXPPP
Le médiateur consulte et des soutiens viennent à la rescousse
Le médiateur nommé pour tenter de déminer le conflit des intermittents, député PS Jean-Patrick Gille, "cherche la quadrature du cercle", selon la CGT qui l'a rencontré jeudi, alors que Jack Lang et la Comédie-Française ont  apporté leur soutien au mouvement.

"Il n'a pas pour l'instant de solution parfaite, mais il reconnaît que nos propositions (élaborées par le comité de suivi de l'intermittence, ndlr) sont  justes et devraient être étudiées. Maintenant, il cherche un moyen de faire en sorte qu'elles le soient, on va voir jusqu'où on peut être entendus", a déclaré  à l'AFP le secrétaire général de la CGT-Spectacle Denis Gravouil, à l'issue d'une première entrevue.

"Il cherche la quadrature du cercle face à, d'un côté, des gens qui disent que ces économies sont nécessaires et, de l'autre, des gens qui comme nous, estiment que non seulement ces économies sont injustes mais qu'elles aggravent  (la précédente réforme) de 2003", a estimé M. Gravouil.

Interrogé sur le sujet jeudi par France Inter, l'ancien ministre de la  Culture Jack Lang s'est prononcé pour un réexamen de l'accord et l'utilisation des propositions du comité de suivi. Le Premier ministre Manuel Valls et le ministre du Travail, François  Rebsamen, "ne peuvent pas apporter, selon moi, leur caution à un accord qui tourne le dos à nos convictions de toujours, à nos engagements permanents sur la culture, sur l'art, sur le vivre ensemble", a-t-il déclaré.

La troupe de la Comédie-Française, qui n'est pas composée d'intermittents, et la direction du festival Rock en Seine, ont également apporté leur soutien au mouvement.