Intermittents : nouvelle journée de contestation prévue lundi

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/06/2014 à 18H41, publié le 15/06/2014 à 18H39
Manifestations d'intermittents le 2 juin 2014 à Paris.

Manifestations d'intermittents le 2 juin 2014 à Paris.

© Citizenside/ Yann Korbi

Les intermittents du spectacle se préparent à une nouvelle journée de colère lundi, avec grèves et manifestation, pour obtenir du gouvernement qu'il ne donne pas son feu vert aux nouvelles règles durcissant le régime d'assurance-chômage. Ils marcheront notamment sur le ministère de la Culture.

Appel à manifestation et grèves
Artistes, ouvriers et techniciens du spectacle ont rendez-vous sous les fenêtres du ministère de la Culture à Paris (rue de Valois près du Palais Royal, Paris 1er) pour un grand rassemblement prévu à 14h30.
 
La CGT, fer de lance du combat des intermittents côté syndical, appelle à amplifier les arrêts de travail tout au long de la journée. Les marionnettistes des "Guignols de l'Info" seront notamment en grève et ne participeront pas à l'émission du soir sur Canal+.
 
Menace sur les festivals
Depuis le début du mois de juin, la contestation a déjà perturbé de nombreux spectacles et une menace plane sur l'ensemble de la saison des festivals, qui battra son plein en juillet.
 
A Montpellier, le Printemps des Comédiens, premier festival touché depuis son ouverture le 3 juin, la grève a été reconduite pour participer lundi à la journée d'action.
 
A Toulouse, le festival de musiques du monde Rio Loco s'est achevé dimanche après une édition fortement perturbée, où les intermittents ont bloqué des spectacles et imposé la gratuité sur d'autres. Toujours dans la Ville Rose, un opéra a dû être annulé au théâtre du Capitole dimanche après-midi, l'entrée étant entravée par les intermittents.
 
Samedi, 300 salariés du festival d'art lyrique d'Aix-En-Provence, dont son directeur, ont manifesté dans les rues de la ville pour sensibiliser le public. Le personnel du premier festival d'opéra de France et celui du "in d'Avignon" menacent de faire grève dès l'ouverture de ces deux manifestations (respectivement les 2 et 4 juillet) si le gouvernement donne son agrément à la nouvelle convention d'assurance-chômage.  
 
Aurélie Filippetti veut "remettre tout le monde autour de la table"
Le texte, issu d'un accord signé le 22 mars par le patronat et trois syndicats (CFDT, CFTC et FO), prévoit notamment un durcissement des conditions d'indemnisation des intermittents du spectacle.
 
"Le gouvernement donnera évidemment son agrément à l'ensemble de la réforme pour apporter davantage de sécurité à l'ensemble des chômeurs", mais des "avancées sont possibles", a estimé dimanche le ministre du Budget, Michel Sapin.
 
Sa conseur de la Culture, Aurélie Filippetti a, elle, appelé les partenaires sociaux à prendre leurs "responsabilités" et souhaité "remettre tout le monde autour de la table".

Que prévoit l'accord contesté par les intermittents ?
La nouvelle convention d'assurance-chômage, que les intermittents demandent au gouvernement de ne pas agréer, comporte trois changements concernant les intermittents  du spectacle.
   
Le premier, qui constitue le principal point de mécontentement des intermittents , concerne le différé d'indemnisation, qui repousse le point de départ du versement de l'allocation-chômage.

La deuxième modification instaure une plafonnement du cumul entre allocations et salaires. Enfin, la convention prévoit une hausse des cotisations de tous les salariés et employeurs du secteur, qui rapportera 60 millions d'euros de recettes supplémentaires.
Selon l'Unedic, les intermittents représentent actuellement 4% des allocataires de l'assurance-chômage, soit 93.000 personnes.