Intermittents : les partenaires sociaux s'en remettent à l'Etat, la CGT menace

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/06/2016 à 13H52, publié le 30/05/2016 à 19H07
Une banderole de la CGT Spectacle le 28 avril à Paris.

Une banderole de la CGT Spectacle le 28 avril à Paris.

© Eric Feferberg / AFP

Les partenaires sociaux interprofessionnels signataires de la lettre de cadrage pour l'assurance chômage des intermittents n'ont pas avalisé lundi "en l'état" l'accord conclu par la profession, préférant s'en remettre à l'Etat. La CGT dénonce une "manoeuvre dilatoire" et menace de nouvelles actions.

L'accord de branche ne respecterait pas la lettre de cadrage

L'accord de branche, signé fin avril par toute la profession, doit être validé par les partenaires sociaux interprofessionnels pour pouvoir être intégré dans la prochaine convention assurance chômage.

Mais selon le patronat, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, cet accord ne "respecte pas" la lettre de cadrage, a affirmé Véronique Descacq (CFDT), lors de la septième séance de négociations sur l'assurance chômage. Cette lettre demande 185 millions d'euros d'économies à la profession, dont 80 millions compensés par l'Etat.

Le comité d'experts a évalué la semaine dernière les économies générées par l'accord de branche entre 84 et 93 millions d'économies - à rapporter aux 105 millions d'euros demandés au seul secteur. Mais l'Unédic, qui faisait partie du comité, a donné une évaluation "sensiblement inférieure" de ces économies.

"Cet accord ne peut être intégré en l'état à l'accord interprofessionnel", ont déclaré la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC lors de la séance de négociation. Avec le Medef, ces syndicats demandent à l'Etat de "garantir le respect de la trajectoire financière figurant dans le document de cadrage", s'il "souhaite l'entrée en vigueur de ce texte".

L'Etat ne s'est pour sa part toujours pas prononcé sur les 80 millions d'euros. "La balle est dans le camp de l'Etat", a dit Véronique Descacq. Patronat et syndicats vont adresser une lettre au gouvernement.

La CGT dénonce une manœuvre pour torpiller l'accord

La CGT a dénoncé une "manœuvre dilatoire pour torpiller l'accord et sa mise en oeuvre au 1er juillet", date à laquelle est censée entrer en vigueur la nouvelle convention assurance chômage et ses annexes 8 et 10 sur le régime spécifique des artistes et techniciens du spectacle.

"Ce soir il y a une assemblée générale d'intermittents à la Bourse du travail à Paris, je vais clairement dire que l'accord est menacé", a prévenu Denis Gravouil, de la CGT-Spectacle, majoritaire dans le secteur. "Nous avons des éléments très précis pour faire grève y compris sur le montage des festivals qui commencent maintenant", a-t-il ajouté.

La CFDT a dénoncé un "chantage de la CGT" qui a "besoin de maintenir les intermittents sous pression pour s'opposer à la loi travail".