Intermittents : la CGT appelle à "une grève massive" pour l'ouverture d'Avignon

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/06/2014 à 10H18, publié le 20/06/2014 à 14H16
La CGT-Spectacle : grève reconduite et appel à la grève pour le 4 juillet

La CGT-Spectacle : grève reconduite et appel à la grève pour le 4 juillet

© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La CGT-Spectacle a reconduit vendredi son préavis de grève pour tout juillet malgré les annonces de Manuel Valls sur le dossier des intermittents et appelé à une "grève massive" le 4 juillet, jour de l'ouverture du festival d'Avignon.

"Si le gouvernement ne nous entend pas pour sortir un plan d'apaisement équilibré et durable qui prenne en compte nos propositions, l'été ne se passera pas normalement!", a mis en garde le syndicat dans un communiqué, faisant peser une menace sur l'ensemble de la saison des festivals.

Le préavis de grève, qui court actuellement jusqu'au 30 juin et qui a déjà occasionné de nombreuses perturbations dans les festivals, est "reconduit à partir du 1er juillet pour tout le mois". La CGT-Spectacle appelle en outre à "une journée de grève massive dans tous les secteurs du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel, le 4 juillet, jour de l'ouverture du festival d'Avignon".

D'ici là, les intermittents sont appelés à organiser un autre "temps fort de la mobilisation" le 26 juin, jour probable de l'agrément par le gouvernement de la nouvelle convention d'assurance-chômage qu'ils contestent. Une manifestation interprofessionnelle aura lieu à Paris à l'appel de la CGT.

Une manifestation interprofessionnelle aura lieu à Paris à l'appel de la CGT

Une assemblée générale est prévue lundi à 18H30 à Paris. Pour la CGT-Spectacle, l'annonce par le Premier ministre d'une prise en charge financière par l'Etat du coût du différé d'indemnisation -- la mesure d'économies les concernant la plus contestée -- préfigure une sortie des intermittents du régime de l'assurance-chômage, ce que "souhaitent le Medef et la CFDT depuis des années".

"Pas plus qu'une subvention à l'industrie ou au commerce, l'assurance chômage n'est pas une subvention culturelle, c'est un droit de tous les salariés. Les investissements publics doivent aller, eux, aux services publics, à la création et à l'emploi", estime la confédération.

Le syndicat note toutefois des points positifs dans les mesures annoncées par le gouvernement, comme le maintien des crédits d'investissements du ministère de la Culture dans le spectacle vivant. La concertation entre tous les acteurs concernés pour remettre à plat le système "peut être acceptable, à condition que nos propositions soient examinées", poursuit-il.

Un trio pour piloter la concertation

Hier, Manuel Valls a confirmé la mise en place d'une concertation tripartite associant le patronat, les syndicats et l'Etat pour s'atteler à la "refondation" des annexes VIII et X. Tout sera examiné y compris le mode de calcul des heures travaillées qui prévalait avant la réforme de 2003.

Le journal Le Monde cite les noms du trio chargé de piloter la concertation : Hortense Archambault, ancienne codirectrice du Festival d'Avignon ( avec Vincent Baudriller), "très respectée dans le monde du spectacle vivant", précise le quotidien, Jean-Denis Combrexelle, ancien directeur général du travail et Jean-Patrick Gille, le député nommé médiateur dans ce conflit.

Aurélie Filippetti : il faut laisser le temps
La ministre de la Culture Aurélie Filippetti, interrogée vendredi soir sur la menace pesant sur les festivals, a jugé qu'il "fallait laisser le temps à chacun de ceux (...) qui sont inquiets d'examiner en détail les mesures".

"Il n'est pas question d'annuler le festival, ce serait une erreur  stratégique", a réagi Paul Rondin, l'adjoint d'Olivier Py à la tête du festival. Après un débrayage dans l'après-midi, quelque 150 intermittents ont  organisé un rassemblement silencieux devant la mairie d'Avignon.

Quant au personnel d'Aix-en-Provence, premier festival d'opéra de France qui avait dû être annulé lors du précédent conflit des intermittents en 2003, il "n'a  pas souhaité s'exprimer" après une assemblée générale. Il y a dix jours, il menaçait de faire grève dès l'ouverture du festival le 2 juillet.

Le Bal moderne annulé mais le Hell Fest s'est ouvert
Vendredi soir, le "Bal moderne" qui attendait près de 2.000 personnes au Centre national de la danse à Pantin a été annulé, son personnel s'étant mis en grève, et d'autres actions sont annoncées pour dimanche à l'occasion de l'ouverture du festival Montpellier Danse.

En revanche, à Clisson (Loire-Atlantique), le Hell Fest, troisième festival de musiques  actuelles en terme de fréquentation, s'est ouvert sans encombre.