Intermittents du spectacle : mobilisation les 25 et 28 avril

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/04/2016 à 11H16, publié le 19/04/2016 à 11H00
Manifestation d'intermittents du spectacle lors de la conférence de presse du Festival de Cannes, à Paris, le 14 avril 2016

Manifestation d'intermittents du spectacle lors de la conférence de presse du Festival de Cannes, à Paris, le 14 avril 2016

© Patrick Kovarik / AFP

Réunis lundi soir en Assemblée générale au Théâtre de la Ville, à Paris, les intermittents du spectacle ont appelé à une forte mobilisation les 25 et 28 avril prochain, alors que s'achève la négociation interne à la profession sur leurs futures conditions d'indemnisation chômage, a rapporté l'AFP.

La forte affluence à Paris (plus d'un millier de participants) et lors de 19 assemblées générales en région montre que la mobilisation n'a pas faibli depuis les premières assemblées générales il y a 15 jours.

La profession du spectacle doit tenir le 25 avril une ultime séance de négociation pour parvenir à un accord, qui doit être soumis à la négociation générale de la Convention chômage lors de la séance du 28 avril. La CGT Spectacle et la coordination des intermittents et précaire appellent à une mobilisation le 25 avril à 17H00 devant le ministère du travail où se tient la négociation interne à la profession, puis le 28 avril à 13H00 devant le Medef qui héberge les discussions de la convention chômage.

La 2e manif se joindra aux opposants de la Loi Travail

Cette deuxième manifestation se joindra ensuite à la mobilisation contre la Loi Travail, qui démarre à 14H00 de Denfert-Rochereau. Depuis la dernière crise en 2014, la loi laisse aux employeurs et salariés du secteur culturel le soin de négocier leur régime particulier, mais dans le cadre d'un budget assigné par la négociation paritaire de l'assurance chômage. Ce "cadrage financier" proposé par le Medef et signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC (syndicats minoritaires dans le spectacle) impose un effort global de 185 millions d'euros d'économies en année pleine d'ici à 2018 aux intermittents , mais suggère que l'État en compense une partie, à hauteur de 80 millions.

Ce cadrage a été jugé "inacceptable" par la CGT et la Coordination. "Il ne s'agit pas seulement de passer l'été en mettant la main à la poche", a indiqué Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle, ajoutant que "l'assurance chômage doit rester dans le cadre de la solidarité interprofessionnelle".

"Une bombe à retardement"

Pour Samuel Churin, porte-parole de la coordination, "la compensation par l'État est une bombe à retardement, cela signifie quitter la solidarité interprofessionnelle pour aller vers une caisse autonome (du spectacle) et ça, c'est la mort".

La ministre de la Culture, Audrey Azoulay, a qualifié de "provocation" la lettre de cadrage tout en soulignant que "L'État ne laissera pas tomber les intermittents ", tandis que le cabinet du Premier ministre Manuel Valls a laissé entendre que l'État était prêt, "le cas échéant" et de façon "provisoire", à financer une partie des économies.

Les intermittents ont pris la parole lors de la conférence de presse du Festival de Cannes le 14 avril, annonçant que "Le Medef a la responsabilité de la bonne tenue des festivals, ce serait dommage qu'ils n'aient pas lieu".