Autophoto à la Fondation Cartier : la fascination automobile, à découvrir cet été

Langdon Clay : Ziska Cleaners car, Buick Electra. Série Cars, New York City, 1976. Diaporama. Langdon Clay

La Fondation Cartier pour l'art contemporain, propose jusqu'au 24 septembre 2017, l'exposition "Autophoto, de 1900 à nos jours". Plus de 450 oeuvres pour découvrir les rapports entre l'automobile et la photographie. Près de 100 photographes historiques et contemporain, amoureux des formes galbées des voitures et des avancées technologiques qu'elles offrent. Visite.    

Je ne suis pas le seul à penser que beaucoup d’automobiles, sont des sculptures sur roues. Aujourd’hui, même si on les chasse des villes, elles font toujours rêver un nombre incalculable de personnes, à travers le monde. Depuis le moteur à combustion interne des frères Niepce, l’auto est source de rêves et fantasmes. Les progrès technologiques de l’automobile et de la photographie sont parallèles, les uns servant les autres et vice versa. La photographie offre une vitrine exceptionnelle aux constructeurs automobiles et la voiture devient le prolongement de l’appareil photo, pour de nombreux artistes de l’image. Avec ses courbes sensuelles et ses lignes droites, parfois austères, le véhicule automobile devient un terrain de jeux sans pareil pour les photographes. La voiture va changer les paysages, le chemin de terre cède la place à l’asphalte, les autoroutes découpent les champs, les stations-services bouleversent l’architecture, les parkings aussi. La voiture accélère la création d’un monde moderne. Désormais, avoir une belle auto est un gage de réussite sociale. Les publicitaires vont même jusqu’à charger la voiture en testostérone. Au volant, tu seras un homme mon fils... Et ça marche. Les photographes assistent et participent à tout cela. Vingt ans après son exposition sur Ferrari, la Fondation Cartier rend hommage à l’automobile et étudie son impact sur le paysage et la société, de 1900 à nos jours, à travers les yeux des plus grands photographes mondiaux. J’arrive en métro, pour voir cette exposition sur l’auto, la déesse des temps modernes qui a changé la vie de tous. La Fondation Cartier, cachée derrière son jardin, se niche sur le boulevard Raspail, ses vitres reflètent la circulation parisienne.

la Fondation Cartier vue depuis le boulevard Raspail, 2017. Photo Thierry Hay

la Fondation Cartier vue depuis le boulevard Raspail, 2017. Photo Thierry Hay

Humour et diagonales

Je suis un des premiers visiteurs pour le vernissage presse de « Autophoto ». Je fais un tour, ah la voilà... Voici, à mon avis, une des plus belles photos jamais réalisée sur le thème de l’automobile. Tout y est : la puissance du véhicule, le design de la machine, l’action de l’homme pour dompter le moteur, la sensation de vitesse, l’originalité de la composition et son jeu de diagonales et l’humour avec les personnages du fond à gauche qui sont penchés dans le sens opposé. Une photo c’est cela : un instant fugace et unique. Ici, c’est plus que réussi.

Jacques Henri Lartigue : Une Delage au Grand Prix de l'automobile Club de France, circuit de Dieppe, 26 juin 1912. Tirage gélétino-argentique, 30 cm 40. Ministère de la Culture-France / AAJHL. Exposition Autophoto du 20 avril au 24 septembre 2017. Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris

Jacques Henri Lartigue : Une Delage au Grand Prix de l'automobile Club de France, circuit de Dieppe, 26 juin 1912. Tirage gélétino-argentique, 30 cm 40. Ministère de la Culture-France / AAJHL. Exposition Autophoto du 20 avril au 24 septembre 2017. Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris

Manteau neigeux

C’est plutôt bien parti, je continue ma visite. La scénographie veut s’inspirer de la route : une partie linéaire pour évoquer les routes droites et les villes américaines, et une partie faite de courbes pour suggérer les circuits automobiles et les petites routes en lacets. Mais je dois dire que cela ne saute pas aux yeux... L’ensemble paraît très sobre : mur blanc, béton gris, et tirages accrochés sagement, comme dans une galerie du Marais. La seconde œuvre que j’observe est une belle série de photos, en noir et blanc, de Yasuhiro Ishimoto : des voitures, dans des rues désertes, recouvertes d’une fine pellicule de neige, qui souligne les courbes et donne un aspect mystérieux à ces formes métalliques à quatre roues.

Rêve en couleur

William Eggleston est un grand nom de la photographie américaine. Eduqué dans une famille aisée, il découvre l’art photographique à l’âge de 19 ans. Mais curieusement, à la fin des années 60, alors que le noir et blanc est très à la mode, il décide de travailler la couleur. Il est un des pionniers. Il adore œuvrer lorsque la lumière est la plus douce possible, au lever du jour ou au crépuscule. Sur ce tirage, je retrouve sa marque de fabrique, à savoir une composition très stricte et des couleurs qui rappellent celles des publicités. Ici, il joue avec le vert de la voiture et le vert du mur. Cette photo illustre aussi un rêve américain, encore très présent dans les années 70, l’envie de posséder une belle américaine, avec de jolis chromes.

William Eggleston : série Los Alamos, c, 1974. Tirage jet d'encre, 56 cm x 73,5. Eggleston Artistic Trust, Memphis

William Eggleston : série Los Alamos, c, 1974. Tirage jet d'encre, 56 cm x 73,5. Eggleston Artistic Trust, Memphis

Les oubliés

Un coup de cœur pour les nombreuses photographies de Bernard Fuchs, artiste autrichien né en 1971. A chaque fois, il procède de la même façon : dans un paysage banal mais beau, une voiture, un peu désuète, semble abandonnée. C’est une image dans l’image et l’automobile prend soudainement la force d’une œuvre d’art, malgré sa grande platitude, car Bernard Fuchs ne choisit pas les plus réussies en matière de design. Avec Fuchs, la voiture de monsieur tout le monde confirme son rôle dans l’histoire de l’automobile, mais en plus, elle entre dans l’histoire de l’art, et peut-être même dans celle du polar, car je sens une réelle tension dans ces clichés de véhicules bizarrement oubliés.

Fierté

Priorité à droite, je laisse passer un photographe venu voir les travaux de ses collègues. Je vois quelques portraits réalisés par les artistes africains Seydou Keita, Sory Solé et Malick Sidibé, surnomé "l'oeil de Bamako", et grand illustrateur des jeunes danseurs maliens très élégants. En Afrique, comme en Europe mais un peu plus encore, l’automobile est le symbole d’un rêve réalisé, d’une réussite sociale affichée. Qu’il est fier ce propriétaire de ce "Diane-taxi". Sa main droite est posé sur le capot, comme s’il était rassuré par la carrosserie.

Malick Sidibé : taximan avec voiture, 1970. Tirage gélétino-argentique, 40 cm x 30. Courtesy galerie Magnin-A, Paris. Malick Sidibé

Malick Sidibé : taximan avec voiture, 1970. Tirage gélétino-argentique, 40 cm x 30. Courtesy galerie Magnin-A, Paris. Malick Sidibé

Sensualité

Entre l’homme et la machine, c’est une véritable histoire d’amour. Dans cette photo de Justine Kurland, photographe peu connu, le rapport devient charnel. La réparation se transforme en un véritable acte d’amour.

Justine Kurland : 280 coup, 2012. Impression jet d'encre, 47 cm x 61. Justine Kurland

Justine Kurland : 280 coup, 2012. Impression jet d'encre, 47 cm x 61. Justine Kurland

Découverte d’une star

Le suisse Luciano Rigolini propose une boîte lumineuse représentant une longue américaine aux formes étourdissantes et aux roues blanches. Au deuxième plan, j’aperçois un mur kaki très graphique, qui répond aux reliefs des ailes du cabriolet, et un ciel bleu très lumineux. Une femme blonde est assise à la place conductrice. Bizarrement, elle ne touche pas le volant, mais pose une main sur le pare-brise et l’autre sur la portière. Par ce geste inattendu, elle acquiert le statut de star. Ce cliché, grand format, de Rigolini est absolument magnifique. Le passage d’une couleur à une autre est une réussite totale. Ce cliché lumineux en fera rêver plus d’un...

Luciano Rigolini : Tribute to Giorgio de Chirico, 2017. Duratrans dans une boîte lumineuse, 124 cm x 154. Luciano Rigolini (appropriation-photographe inconnu, 1958

Luciano Rigolini : Tribute to Giorgio de Chirico, 2017. Duratrans dans une boîte lumineuse, 124 cm x 154. Luciano Rigolini

F1

Bernard Asset, né en 1955, vit à Bandol. Il présente une photo ahurissante de F1. Pour la faire, l’artiste s’est installé dans la voiture d’Alain Prost. L’observateur est donc situé à la place du pilote, juste avant un virage. Dans cette photo, toutes les lignes indiquent la profondeur de champs et la vitesse. La formule 1, objet roulant extraordinaire, montre ses muscles et la route présente, avec fierté, son danger potentiel. L'important pour Asset, c'est de trouver le bon angle, celui qui déclenchera l'émotion.

Regard

De nombreux photographes déclinent les différentes possibilités esthétiques qu’offre une automobile : jeux de cadrages à travers le rétroviseur ou les vitres. Andrew Bush, photographie des femmes américaines lourdement maquillées ou botoxées, attendant au feu rouge, dans leur voiture. On ne voit que la portière et le visage de la femme choisie. Mais tout est dit et la critique est forte : goût du paraître, culte de l’argent, mélancolie, solitude : un beau résumé de la société américaine contemporaine...

Andrew Bush : Woman Waiting to Proceed South at Sunset and Highland Boulevards, Los Angeles, at approximately 11:59 a.m. One day in fébruary, 1997. Série Vector Portraits. Courtesy M+B Gallery, Los Angeles. Andrew Bush

Andrew Bush : Woman Waiting to Proceed South at Sunset and Highland Boulevards, Los Angeles, at approximately 11:59 a.m. One day in fébruary, 1997. Série Vector Portraits. Courtesy M+B Gallery, Los Angeles. Andrew Bush

Embouteillages

J’observe trois photos rares de Germaine Krull, née en 1897. L'artiste a vécu dans de nombreux pays, du Brésil à l'Asie, et son existance ressemble parfois à un roman. A Paris, elle traite du problème des embouteillages .Les voitures ressemblent à des insectes et commencent bel et bien à envahir les villes...

Le chien et la roue

Il y a quelques mois, la Fondation Cartier exposait le travail aussi simple que remarquable, de Daido Moriyama. J’ai d’ailleurs fait un long article sur ce blog à propos de ce photographe japonais. Il capte sans arrêt l’ambiance des petites rues du Tokyo populaire. Je le retrouve ici, où il présente une série de tirages. Je regarde une voiture à travers un grillage et un chien devant une roue. Je retrouve le style de Moriyama : une composition surprenante, une simplicité technique désarmante, un noir et blanc très profond et le sentiment d’un moment qui s’enfuit, comme lorsque l’on regarde un paysage dans un train.

Originalité et élégance

Un autre coup de cœur pour une série de photos, très contrastées, en noir et blanc, de Lee Friedlander. Pendant quinze ans, cet artiste réalise différents « roads trips » à travers les Etats-Unis, en photographiant de l’intérieur des voitures (série América by Car). Je regarde de près ces photographies, dont celle-ci. La silhouette du cactus est surprenante et le rétroviseur prolonge le paysage tout en permettant de décrire la voiture. Le véhicule devient le complice de l'appareil photo, pour capter une région des Etats-Unis.

Lee Friedlander : California 2008. Série America by Car. Tirage gélatino-argentique, 37,5 cm x 37,5. Lee Friedlander, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco

Lee Friedlander : California 2008. Série America by Car. Tirage gélatino-argentique, 37,5 cm x 37,5. Lee Friedlander, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco

Le format carré de l’appareil Hasselblad, équipé d’un objectif grand angle, permet d’intégrer l’intérieur de l’automobile. Le créateur peut ainsi jongler avec un effet de contre-plongée. Il joue également avec les rétroviseurs. Lee Fiedlander ose et surprend. Avec ces compositions inattendues, il bouleverse le paysage américain classique. J’adore.

Lee Friedlander : Montana, 2008. Série America by Car. Tirage gélatino-argentique, 37,5 cm x 37,5. Lee Friedlander, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco

Lee Friedlander : Montana, 2008. Série America by Car. Tirage gélatino-argentique, 37,5 cm x 37,5. Lee Friedlander, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco

Le baiser

Dans le même esprit, je regarde cette photo, bien connue, d’Elliot Erwitt, français né en 1928. Je vois l’image d’un couple qui s’embrasse dans l’espace d’un rétroviseur circulaire. Derrière, quelques vagues clapotent. C’est aussi précis que romantique.

Cinéma

Allez, j’empreinte l’escalier qui descend au sous-sol pour la suite de l’exposition. Plusieurs télévisions étrangères sont sur place. Matthiew Parker est un fan de cinéma et notamment des scènes de poursuites automobiles. Cette photo me rappelle le film Bullit avec Steve Mac Queens. L’acteur pilote, à toute vitesse, une américaine dans les rues aux pentes raides de San Francisco. Cette scène est devenue culte. Matthew Parker travaille dans cet esprit, sa voiture semble littéralement s’envoler, le cliché est impressionnant.

Chaînes de montage

Je retrouve le travail de Stéphane Couturier, dont j’ai vu les photos il y a quelques temps à la galerie Particulière (article sur ce blog). J’observe deux de ses oeuvres. Il s’intéresse aux voitures sur les chaînes de montage de l'usine Toyota de Valenciennes, et joue avec les lignes et couleurs. L’ensemble ressemble à une toile abstraite avec un enchevêtrement de traits et de couleurs. Le photographe opère également une certaine mise à distance, comme s’il procédait à l’autopsie d’une usine. Il en montre la beauté, mais en dénonce également la froideur.

Stéphane Couturier : MELT, Toyota numéro 8, 2005. Série Melting Point, Usine Toyota, Valenciennes. Tirage chromogène, 92cm x 137. Stéphane Couturier

Stéphane Couturier : MELT, Toyota numéro 8, 2005. Série Melting Point, Usine Toyota, Valenciennes. Tirage chromogène, 92cm x 137. Stéphane Couturier

L’aventure Turtle 1

Un mur entier est occupé par une vidéo et plusieurs photos expliquant l'aventure exceptionnelle de la Turtle 1. Deux hollandais, aidés par des artisans Ghanéens habiles, construisent en 2014 la première voiture africaine, réalisée à 100% avec des produits recyclés. Elle sera présentée dans des salons automobiles, où ses formes carrées se feront remarquées. Avec son charme désuet et sa rusticité, elle a été conçue avant tout pour le marché africain. Une vidéo démontre, une fois de plus, l’incroyable ingéniosité des mécanos africains.

Lieu privé

La brésilienne Rosangela Renno présente une série touchante de jeunes couples dans des automobiles, le jour de leur mariage. La photographe montre comment la voiture devient un espace intime dans lequel on vit, on dort, on s’aime et... on se marie. C’est la deuxième maison. De plus, à travers cette série, elle met l'accent sur des anonymes, des vies dont personne ne parlera...

Rosângela Renno : série Cerimônia do Adeus, 1997-2003. Tirage Chromogène monté sous plexyglas, 50 cm x 68. Rosângela Renno

Rosângela Renno : série Cerimônia do Adeus, 1997-2003. Tirage Chromogène monté sous plexyglas, 50 cm x 68. Rosângela Renno

Un grand vide

L’automobile a bouleversé le visage des villes. Ed Rushka, peintre américain né en 1937, utilise également le médium photographique. Il s’intéresse aux parkings vides, vus de haut. Ce sont d’étranges signes, des arrêtes de poissons, des espaces déserts qui rythment les quartiers. Et quand ils sont vides, ils paraissent encore plus étranges.

L’objet magique

Au commencement, l’automobile est un objet de déplacement, puis elle est devenue un lieu privée. Aujourd’hui elle tend à devenir un endroit de partage. Mais elle reste toujours un vecteur social et beaucoup d’artistes, photographes ou plasticiens, travaillent toujours sur ce thème. Dans son livre « Mythologies », Roland Barthes écrit : « Je crois que l’automobile est aujourd’hui l’équivalent assez exacte des grandes cathédrales gothiques : je veux dire une grande création d’époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage par un peuple entier qui s’approprie en elle un objet parfaitement magique ». La voiture est l'amie qui permet de voir autre chose, de découvrir des paysages, de se sentir libre et en mouvement. Sur ce beau tirage de Bernard Plossu, c'est évident. Je remarque que les bras des occupants forment une espèce de coeur. Cela est parfaitement en accord avec Plossu, grand photographe qui aime aller vers les gens et les paysages, à la recherche d'une rencontre inédite.

Bernard Plossu : Sur la route d'Acapulco, Mexique, 1966. Série Le Voyage mexicain. Tirage gélatino-argentique, 18 cm x 27. Bernard Plossu

Bernard Plossu : Sur la route d'Acapulco, Mexique, 1966. Série Le Voyage mexicain. Tirage gélatino-argentique, 18 cm x 27. Bernard Plossu

Objet de toutes les critiques aujourd’hui, la voiture pourrait demain se débarrasser du conducteur et se satisfaire d’une foule de capteurs. Mais on n’a pas fini de parler d’elle. « Rouler est une forme spectaculaire d’amnésie. Tout à découvrir, tout à effacer.... La photographie, outil de l’immobilité a bénéficié de l’automobile, outil de la mobilité », écrit Jean Baudrillard. Cette exposition à la Fondation Cartier illustre tout cela à merveille. A titre personnel, j’aurais aimé une scénographie plus audacieuse : une belle américaine éclairée comme une statue pharaonique, l’œuvre d’un artiste à partir de tôles et de moteurs, en encore une automobile entourée d’appareils photos, pour que chaque visiteur puisse réaliser sa composition, sa photo, laquelle viendrait s’inscrire sur un mur d’images. Rien de tout cela : une mise en scène un peu plate, conçue avant tout pour des pros de la photo. Pourtant, c’est bien connu, la voiture rend fou, voir même fou furieux parfois... Quoiqu’il en soit, cette exposition est remarquable. Que les photographes et amateurs de photographie s’y précipitent, ils y trouveront leur compte. Je pense que le grand public aussi, car la voiture ne laisse personne indifférent. Chaque pare-brise est une sorte d’écran de cinéma et le regard des artistes sur l’automobile est lourd d’enseignements et de beauté. Ne ratez pas ces « photomobiles », le seul problème, sera de vous garer...

Fondation Cartier pour l'art contemporain : 261 boulevard Raspail, 75014 Paris

Tous les jours sauf le lundi de 11h à 20h. Nocturne le mardi jusqu'à 22h.

Entrée : 12 euros