Désirs et volupté au musée Jacquemart - André

Sir Lawrence Alma-Tadena : Les roses d' Héliogabale (detail),1888. Huile sur toile. 214,4 cm x 132,7. Studio Sébert Photographes.

 L'exposition " Désirs et volupté à l'époque victorienne" au musée Jacquemart - André  jusqu'au 20 janvier 2014 permet de découvrir les peintres anglais de la seconde moitié du XIXe qui vouaient un véritable culte à la beauté féminine et à l' antiquité. Visite.

Qui connait en France les peintres anglais de la seconde partie du XIX? Personne ou presque. Pourtant, à l’époque où l’impressionnisme germe en France, les peintres de « l’Aesthetic Movement » ont eu leur heure de gloire. Aujourd’hui outre Manche, on redécouvre ces artistes et en France le musée Jacquemart-André a la bonne idée d’exposer une cinquantaine de tableaux issus de la collection de Juan Antonio Pérez Simon. Mais si ces peintres ont connus de 1860 à la veille de la première Guerre mondiale un vrai succès, il y a bien sûr une raison et même plusieurs raisons.

Victoria ou la victoire de l’économie

 Ce jour là, je pénètre dans le charmant musée Jacquemart- André pour le vernissage presse, mais il n’y pas que des journalistes loin de là; si bien que les petites salles du musée se transforment vite en étouffoir et les journalistes présent ont un peu de mal à faire tranquillement leur travail. Il faut dire que ces tableaux de l’époque victorienne sont rarement montrés, alors les curieux sont nombreux. Sous le règne de la reine Victoria (1837 – 1901), La Grande Bretagne est la première puissance mondiale. James Watt met au point la machine à vapeur en 1769. La confiance mise dans la mécanique devient totale.

Bâtiment industrielle pour l' expostion universelle de Paris. DR.

Bâtiment industrielle pour l'expostion universelle de Paris de 1889. DR.

L'économie en est bouleversée et donne naissance en Angleterre à une bourgeoisie d’affaire aisée qui a besoin d’oublier parfois la froideur, la" laideur" de l’industrialisation et le puritanisme ambiant. Cela tombe bien car les peintres esthètes de l’époque aiment les fleurs, les femmes très sensuelles et l’antiquité avec à la clef l’idée d’un palais antique fantasmé qui figurerait le paradis. Cela a plu, le bourgeois a collectionné. De plus, l’antiquité étant rêvée, tout devenait possible, ou presque. L’antiquité sert-elle de prétexte à l’illustration de polissonnerie, c’est possible.

De l’influence de l’archéologie

C’est aussi l’époque des grandes découvertes archéologiques en Grèce, Italie et Orient, que les bourgeois anglais viennent admirer le week- end au British Muséum et cela participe aussi à la croyance d’un âge d’or antique. J’entre dans la première salle pour admirer les œuvres de Sir Alma- Tadena, star de la Royal Academy of arts et coqueluche des collectionneurs. Il est d’origine néerlandaise, formé en Belgique. Il a le goût de la précision et ça se voit .En 1863, lors d’un voyage en Italie, il découvre Pompéi. Pour lui, ce sera une révélation. J’observe un magnifique tableau : Les roses d’Héliogabale. C’est un déluge de roses et de beiges qui illustre en fait un épisode tragique de l’histoire romaine. L’empereur Héliogabale  étouffa ses courtisans lors d’un banquet sous un amas de violettes. Voilà un empereur soucieux du raffinement jusque dans le crime. Alma-Tadena a préféré remplacer les violettes par des roses. Le tableau est divisé en deux parties en hauteur, c’est le tourbillon de roses qui fait le lien entre les deux. J’observe de près le rendu de la colonne de marbre : étonnant de précision. Je reste longtemps à observer cette belle œuvre. Et dire que c’est grâce à la Tuberculose si Alma-Tadena a abandonné ses études de droits pour se consacrer à la peinture...

Sir Lawrence Alma - Tadena : les roses d' Héliogabales, 1888. Huile sur toile, 214,4 cm x 132,7. Studio Sébert Photographes.

Sir Lawrence Alma - Tadena : Les roses d' Héliogabale, 1888. Huile sur toile, 214,4 cm x 132,7. Studio Sébert Photographes.

Recherche du classicisme et du décoratif

Fréderic Leighton  se forme en Allemagne et à Rome. Influencé par Ingres, son travail pourrait se résumer à la recherche de la beauté formelle. Il se lie avec les peintres Rossetti, Burnes-Jones et l’écrivain John Ruskin. En 1868, il devient académicien, puis président de cette institution. Mais ce qui marque son œuvre, c’est surtout un voyage effectué en Afrique du Nord et Orient de 1857 à 1882. Il découvre la richesse décorative orientale et ne l’oubliera pas. J’observe un grand tableau «Jeunes filles grecques ramassant les galets sur la plage ». Il y a un charme incontestable dans ses demoiselles savamment penchées et arborant des drapés incroyables. Les deux femmes au premier plan se courbent chacune d’un côté, accentuant ainsi la profondeur de champ du tableau. En fait c’est une œuvre purement décorative et qui le revendique sans le moindre problème. On peut aussi y voir une petite influence de Botticelli.

Frederic, Lord Leighton : Jeunes filles ramassant des galets au bord de la mer, 1871. Studio Sébert photographes.

Frederic, Lord Leighton : Jeunes filles ramassant des galets au bord de la mer, 1871. Studio Sébert photographes.

  A côté, un petit tableau ayant servi d’étude me fait penser à Picasso et à Dali.

Moyen âge et femme fatales

Les femmes fatales sont mises à la mode par le peintre Burne- Jones et les préraphaélites. Elles sont présentes dans la littérature chez Shakespeare  et bien d’autres. Au milieu des années 1880, le peintre Waterhouse reprend ce thème des préraphaélites mais le personnalise. Ses femmes présentent des visages anguleux. Le Moyen âge est aussi très à la mode dans la, littérature et la poésie. J’observe deux tableaux de Waterhouse, un magnifique "Chant du printemps" présentant Proserpine dans un paysage écossais. C’est un grand tableau où fleurs, femme aux seins nus et enfants se mélangent. C’est un poème en couleur.

John W Waterhause : Le chant du printemps, 1913. Huile sur toile, 92,4 cm x 71,5. Studio Sébert photographes.

John W Waterhause : Le chant du printemps, 1913. Huile sur toile, 92,4 cm x 71,5. Studio Sébert photographes.

Dans cet autre tableau, l’austérité du moyen âge est visible. La lourde robe de velours que porte la femme masque son anatomie. Seule l’ouverture au fond vers le jardin indique un peu de légèreté.

John W waterhouse : la boule de cristal, 1902. Huile sur toile, 121,6 cm x 79,7. Studio Sébert photographes.

John W waterhouse : la boule de cristal, 1902. Huile sur toile, 121,6 cm x 79,7. Studio Sébert photographes.

Encore plus médiéval, ce tableau de John Everett Millais, un des fondateurs du Préraphaélisme. Après la séparation du groupe des préraphaélites, il conserve la thématique  auquel il rajoute un petit côté romantique. Le tableau « La couronne de l’amour » s’inspire d’un poème médiéval qui ne manque pas d’humour. Pour accorder la main de sa fille, le roi exige que le prétendant porte la promise dans ses bras jusqu’au sommet d’une haute montagne...Le peintre présente l’amant de dos et souligne son beau déterminisme. Je trouve la dame un peu raide, un peu comme une mariée de Chagall, à moins qu'elle ne soit  pas très rassurée.

Sir John E; Millais : La couronne de l'amour, 1875. Huile sur toile, 129,5 cm x 87,8. Studio Sébert photographes.

Sir John E; Millais : La couronne de l'amour, 1875. Huile sur toile, 129,5 cm x 87,8. Studio Sébert photographes.

Le nu, la beauté et le décor intérieur

Des la seconde moitié du XIXe siècle, le nu attire les grands artistes. Les représentations de femmes dévêtues se multiplient sur des tableaux de petit format. Les bourgeois apprécient. Je regarde un buste du préraphaélite Rossetti et mon regard est attiré par un tableau de très mutin de Frédéric Leighton. Une femme, uniquement couverte d’un drapé transparent prend sa douche sous une cascade. Tout est sensualité, les yeux baissés, la petite chevelure rousse bouclée, le téton rose qui pointe, le ventre légèrement arrondi, le bas ventre presque perceptible, l’arrondie de la jambe. C’est coquin sans en avoir l’air et c’est très beau.

Frederic Lord Leighton : Crenaia, la nymphe de la rivière Dargle, 1880.Huile sur toile, 76,8 cm x 27,2. Studio Sébert photographes.

Frederic Lord Leighton : Crenaia, la nymphe de la rivière Dargle, 1880.Huile sur toile, 76,8 cm x 27,2. Studio Sébert photographes.

Le dessin des yeux et de la bouche est remarquable, la preuve :

Frederic, lord Leighton : Crenaia, la nymphe de la rivière Dargle (détail),1880. Huile sur toile, 76,8 cm x 27,2. Studio Sébert photographes.

Frederic, lord Leighton : Crenaia, la nymphe de la rivière Dargle (détail),1880. Huile sur toile, 76,8 cm x 27,2. Studio Sébert photographes.

Admirable également, cette petite toile de Poynter où les courbes des vagues répondent à celles du drapé. L’influence du Titien et d’Ingres est très visible, d’ailleurs Poynter est venu en France dans l’atelier d’Ingres.

Sir Edward J. Poynter : Andromède, 1869. Huile sur toile, 51,3 cm x 35,7. studio Sébert photographes.

Sir Edward J. Poynter : Andromède, 1869. Huile sur toile, 51,3 cm x 35,7. studio Sébert photographes.

Dans la bonne société victorienne, pendant que le mari travaille dans l’industrie ou dans l’économie, la femme décide du décor intérieur de la maison et de sa bonne marche. Les peintres n’oublieront pas de figurer les décors intérieurs tout en gardant souvent des vêtements romains à leurs personnages. J’apprends que les artistes de cette époque accordaient une grande importance à leurs cadres. 70% de ceux exposés à cette exposition sont d’origine. Certains trouveront peut-être ces toiles anglaises trop maniérées, mais je n’ai pas eu  ce sentiment. Je les ai trouvé techniquement irréprochables et d’une sensualité effrénée.

Albert J. Moore : Le Quatuor, hommage du peintre à l'art de la musique, 1868. huile sur toile, 88,7 cm x 61,8. Studio Sébert photographes.

Albert J. Moore : Le Quatuor, hommage du peintre à l'art de la musique, 1868. huile sur toile, 88,7 cm x 61,8. Studio Sébert photographes.

Ne boudez pas cette exposition, en mélangeant classicisme et sensualité, ces artistes britanniques  ont construits une nouvelle voie. La reine Victoria, elle, prend un chemin inattendu : veuve inconsolable ; elle doit faire face juste avant sa mort à la montée de la classe ouvrière et à la première crise mondiale de l’économie avec en plus la concurrence de l’Amérique, de l’Australie, de la nouvelle Zélande et de l’Ukraine russe. C’est beaucoup, est-ce pour cela qu ’elle regagne le paradis en 1901? Cet Elysée ressemble-t-il à celui des artistes de l’exposition « Désirs et Volupté », je le souhaite à sa « gracieuse » majesté. Etait-elle totalement dupe de cette érotisme coloré que tout le monde faisait semblant de ne pas voir, ça j’en sais rien. Mais la rigueur de la morale et la pudibonderie de l’époque victorienne ont poussé les peintres à fantasmer sur leurs toiles pour notre plus grand plaisir. Ces tableaux exposés au musée Jacquemart - André ne sont pas « pompiers », ils sont pyromanes, ce n’est pas la même chose.

 

Musée Jacquemart - André : 158 boulevard Haussmann. 75008 Paris.

Ouvert tous les jours de 10h à 18h; Nocturne les lundis et samedis jusqu'à 20h30.

Entrée : 11 euros.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Qui connait en France les peintres anglais de la seconde partie du XIX ? Personne ou presque. Pourtant, à l’époque où l’impressionnisme germe en France, les peintres de « l’Aesthetic Movement »  ont eu leur heure de gloire. Aujourd’hui outre Manche on redécouvre ces artistes et en France le musée Jacquemart-André a la bonne idée d’exposer une cinquantaine de tableaux issus de la collection de Juan Antonio Pérez Simon. Mais si ces peintres ont connus de 1860 à la vaille de première Guerre mondiale un vrai succès, il y a bien sûr une raison et même plusieurs raisons.

 

 

 

Victoria ou la victoire de l’économie

 

Ce jour là, quand j’arrive dans le charmant musée Jacquemart André, c’est le vernissage presse mais il n’y pas que des journalistes loin de là ; si bien que les petites salles du musée se transforment vite en étouffoir et que les journalistes présent  ont un peu de mal à faire tranquillement leur travail. C’est que ces tableaux de l’époque victorienne sont rarement montrés alors les curieux sont nombreux. Sous le règne de la reine Victoria (1837 – 1901), La Grande Bretagne est la première puissance mondiale. James Watt met au point la machine à vapeur  en 1769. La confiance mise en la mécanique devient totale, l’économie en est bouleversée et donne naissance à une bourgeoisie d’affaire aisée qui a besoin d’oublier parfois la froideur, la laideur de l’industrialisation et le puritanisme ambiant. Cela tombe bien car les peintres esthètes de l’époque aiment les fleurs, les femmes très sensuelles et l’antiquité avec à la clef l’idée d’un palais antique fantasmé qui figurerait le paradis. Cela a plu, le bourgeois a collectionné. De plus, l’antiquité étant rêvée, tout devenait possible, ou presque. L’antiquité sert-elle de prétexte à l’illustration de polissonnerie, c’est possible.

 

 

De l’influence de l’archéologie

 

 

C’est aussi l’époque des grandes découvertes archéologiques en Grèce, Italie et Orient, que les bourgeois anglais viennent admirer le week- end au British Muséum  et cela participe aussi à la croyance d’un âge d’or antique. J’entre dans la première salle pour admirer les œuvres de Sir Alma- Tadena, star de la Royal Academy of arts et coqueluche des collectionneurs. Il est d’origine néerlandaise, formé en Belgique. Il a le goût de la précision et ça se voit .En 1863, lors d’un voyage en Italie, il découvre Pompéi. Pour lui, ce sera une révélation. J’observe un magnifique tableau : Les roses d’Héliogabale. C’est un déluge de roses et de beiges qui illustre en fait un épisode tragique de l’histoire romaine. L’empereur Héliogabale  étouffa ses courtisans lors d’un banquet sous un amas de violettes. Voilà un empereur soucieux du raffinement jusque dans le crime. Alma-Tadena a préféré remplacer les violettes par des roses. Le tableau est divisé en deux parties en hauteur, c’est le tourbillon de roses qi fait le lien entre les deux. J’observe de près le rendu de la colonne de marbre : étonnant de précision. Je reste longtemps à observer cette très belle œuvre. Et dire que c’est grâce à la Tuberculose si Alma-Tadena a abandonné ses études de droits pour se consacrer à la peinture... (Photo)

 

 

Recherche du classicisme et du décoratif

 

 

Fréderic Leighton  se forme en Allemagne et à Rome. Influencé par Ingres, son travail pourrait se résumer à la recherche de la beauté formelle. Il se lie avec les peintres Rossetti, Burnes-Jones et l’écrivain John Ruskin. En 1868, _il devient académicien, puis président de cette institution. Mais ce qui marque son œuvre, c’est surtout un voyage effectué en Afrique du Nord et Orient de 1857 à 1882. Il découvre la richesse décorative orientale et ne l’oubliera pas. J’observe un grand tableau «Jeunes filles grecques ramassant les galets sur la plage ». Il y a un charme incontestable dans ses demoiselles savamment penchées et arborant des drapés incroyables. Les deux femmes au premier plan se courbent chacune d’ un côté, accentuant ainsi la profondeur de champ du tableau, mais en fait c’est une œuvre purement décorative et qui le revendique sans le moindre problème. On peut aussi y voir une petite influence de Botticelli... (Photo). A côté, un petit tableau ayant servi d’étude me fait penser à Picasso et à Dali.

 

 

Moyen âge et femme fatales

 

Les femmes fatales sont misent à la mode par le peintre Burne- Jones et les préraphaélites. Elles sont présentes dans la littérature chez Shakespeare  et bien d’autres. Au milieu des années 1880 Waterhouse reprend ce thème des préraphaélites mais le personnalise. Ses femmes présentent des visages anguleux.   Le Moyen âge est aussi très à la mode dans la, littérature et la poésie. J’observe deux tableaux de Waterhouse, un magnifique  Chant du printemps présentant Proserpine dans un paysage écossais. C’est un grand tableau où fleurs, femme aux seins nus et enfants se mélangent. C’est un poème en couleur....dans cet autre tableau, l’austérité du moyen âge est visible. La lourde robe de velours que porte la femme masque son anatomie. Seule l’ouverture au fond vers le jardin indique un peu de légèreté.... (Photo). Encore plus moyen aveux ce tableau de John Everett Millais, un des fondateurs du préraphaélisme. Après la séparation du groupe des préraphaélites, il conserve la thématique  auquel il rajoute un petit côté romantique. Le tableau « La couronne de l’amour » s’inspire d’un poème médiéval qui ne manque pas d’humour ; pour accorder la main de sa fille, le roi exige que le prétendant porte la promise dans ses bras jusqu’ au sommet d’une haute montagne...le peintre présente l’amant de dos et souligne son beau  déterminisme. Je trouve la dame un peu raide, un peu comme une mariée de Chagall.... (Photo)

 

 

 

Le nu, la beauté et le décor intérieur

 

Des la seconde moitié du XIXe siècle, le nu attire les grand artiste. Les représentations de femmes dévêtues se multiplient sur des tableaux de petit format .Les artistes pratique le culte de la beauté et de l’antiquité.  Les bourgeois apprécient...Je regarde un buste du préraphaélite Rossetti et mon regard est attiré par un tableau de très mutin de Frédéric Leighton. Une femme, juste couverte d’un drapé transparent prend sa douche sous une cascade. Tout est sensualité, les yeux baissés, la piète chevelure rousse bouclée, le téton rose qui pointe, le ventre légèrement arrondi, le bas ventre presque perceptible, l’arrondie de la jambe. C’est coquin ans en avoir l’air et  c’est très beau.... admirable également cette petite toile de Poynter où les courbes des vagues répondent à celles du drapé. L’influence du Titien et d’Ingres est très visible, d’ ailleurs Poynter est venu en France dans l’atelier d’Ingres. ... dans la bonne  société victorienne, pendant que le mari travaille dans l’industrie ou dans l’économie, la femme décide du décor intérieur de la maison et de la bonne marche de la maison. Les peintres n’oublieront pas de figurer les décors intérieurs et même de plus n plus, tout en gardant souvent des vêtements romains à leurs modèles. J’apprends que les peintres de cette époque accordaient une grande importance à leurs cadres. 70% de ceux exposés à cette exposition sont d’origine. Certains trouveront peut-être ces toiles anglaises un peu pompier, mais je n’ai pas eu vraiment ce sentiment. Je les ai trouvé techniquement irréprochables et d’une sensualité effrénée. Ne boudez pas cette exposition, en mélangeant classicisme et sensualité, ces artistes britanniques  ont construits une nouvelle voie. La reine Victoria, elle, prend un  chemin inattendu : veuve inconsolable ; elle doit faire face juste avant sa mort à la montée de la classe ouvrière et à la première crise mondiale de l’économie avec en plus la concurrence de l’Amérique, de l’Australie, de la nouvelle Zélande et de l’Ukraine russe. C’est beaucoup, est-ce pour cela qu’elle regagne le paradis le en 1901? Cet Elysée ressemble-t-il à celui peint par les artistes de l’exposition « Désirs et Volupté », je le souhaite à sa «  gracieuse » majesté. Etait-elle totalement dupe de cette érotisme coloré que tout le monde faisait semblant de ne pas voir, ça j’en sais rien. Mais la rigueur de la morale et la pudibonderie de l’époque victorienne ont poussées les peintres à fantasmer sur leurs toiles pour notre plus grand plaisir. Ces tableaux exposés au musée jacquemart-André ne sont pas « pompiers », ils sont pyromanes, ce qui n’est pas la même chose.