Les biopics au cinéma, la solution de facilité?

Après American Sniper en 2015, le réalisateur Clint Eastwood, le roi du biopic, revient avec un nouveau film biographique Sully ce mercredi 30 novembre, avec Tom Hanks en tête d'affiche. Le biopic serait-il devenu la solution de facilité des studios de cinéma?

 

Sully sort en salle ce mercredi 30 novembre. Ce nouveau long-métrage signé Clint Eastwood raconte comment le commandant Sullenberger a sauvé la vie des 154 passagers de l’avion qu’il pilotait en amerrissant dans la baie de New York le 15 janvier 2009. Un énième biopic qui vient s’ajouter à la longue liste des films biographiques sortis au cinéma en 2016 ou en production: Snowden, sorti début novembre, L’Odyssée sur le commandant Cousteau en octobre, ou encore Jackie, avec Natalie Portman dans le rôle de Jackie Kennedy, prévu pour février 2017 et Dalida, pour janvier.

Ces longs-métrages, qui retracent tout ou partie de la vie d’une célébrité, envahissent les salles de cinéma. un invasion poussée à l'extrême en 2014, année durant laquelle les cinéphiles ont pu voir non pas un, mais deux biopics sur Yves-Saint Laurent. Une première version grand public avec Pierre Niney en tête d'affiche face à un Gaspard Ulliel dirigé par Bertrand Bonello.

Une des raisons de ces succès est que les films biographiques se vendent bien. Sully a généré plus de 70 millions de dollars de recettes après avoir passé deux semaines en tête du box office américain. Près de 800 000 entrées pour L’Odyssée, après deux semaines dans les salles françaises. Quant au Saint Laurent de Jalil Lespert, il se plaçait en tête des entrées en France après la première semaine de sa sortie. À croire que les producteurs sacrifient la création et la fiction sur l'autel de la rentabilité.

Un manque d’imagination?

Avant de monter sur scène, sous les applaudissements du public, il se souvient. C'est le procédé devenu automatique pour commencer un biopic dédié à une star de la musique. Vient alors le flashback sur son enfance difficile, ses débuts hésitants puis la célébrité que la star gère à grands renforts de psychotropes, alcool et autres drogues.

Ray ou Walk The Line suivent ces codes. Des films qui retracent l’histoire de personnages célèbres, aimés du public, avec une bande-originale efficace - celle de Walk The Line s’est d’ailleurs vendue à plus d’un million d’exemplaires au Etats-Unis - mais qui peinent parfois à se renouveler.

Dans la parodie de biopic musical Walk hard, Jake Kasdan avait raillé les codes et la construction peu originales du genre en racontant l’ascension vers la gloire et la chute de Dewey Cox, une légende - fictive - de la musique. Il se perd dans l’alcool, les drogues, multiplient les conquêtes, se marie trois fois et a 36 enfants.

Les frères Coen ont également pris le contre-pied de ces films biographiques avec Inside Llewyn Davis, en 2013. Ils ont su jouer avec les codes du biopic musical avec inventivité, pour en faire un long-métrage original: le biopic d'un musicien raté qui ne percera pas. Même si l'artiste reste un parfait inconnu tout au long de l'histoire, la bande originale est restée culte pour les fans du film. 

Marianne Cazaux et Florence Morel