Obama quitte la Maison-Blanche, la culture pop avec lui...

Barack et Michelle Obama, en plus de former un couple présidentiel uni, sont devenus des symboles de la culture populaire américaine. Quand Donald Trump prêtera serment sur la Bible en janvier 2017, la fin de la culture pop à la Maison-Blanche aura sonné.

Imaginez l’espace d’un instant François Hollande se prêtant à un faux entretien d’embauche animé par Stéphane Guillon. Nicolas Sarkozy slamant son discours. Valéry Giscard d’Estaing proposer une liste de chansons qu’il écoute pour se décontracter durant l’été. Des événements inconcevables en France. Pourtant, outre-Atlantique, il est un Président qui a bousculé les codes de la culture populaire: le 44e de la lignée, Barack Obama.

Street art, talk shows, hip hop… Jamais ces formes de "culture pop” n’auront été aussi présentes dans l’établissement politique le plus connu au monde, la Maison-Blanche. La preuve, avec cette sélection musicale confectionnée par le Président “himself” le 11 août 2016. Nas en duo avec Damian JR Marley pour “As We Enter”, ou encore “So Ambitious” de Jay-Z et Pharrell Williams pour le volet hip hop (petite fierté, le Français Manu Chao fait partie des heureux élus, avec “Me Gustas tu”).

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Déjà en avril 2008, lorsqu’il concourt à l’investiture démocrate face à Hillary Clinton, Barack Obama utilise les codes du rappeur américain Jay-Z, dans sa chanson “Dirt Off Your Shoulders” (comprenez “enlevez la poussière de votre épaule). Le futur président américain assène à son adversaire de l’époque: “Quand on se présente aux élections présidentielle, il faut s'y attendre (à des attaques virulentes)”. Puis, après s’être frotté les épaules, il lâche: “et vous savez, il faut laisser faire...”

Durant la campagne présidentielle de 2008, la représentation stylisée du candidat démocrate par l’artiste Shepard Fairey fait le tour du monde. Le Président lui-même a remercié l’artiste, le 22 février 2008 : “Je veux vous remercier d'avoir utilisé votre talent au service de ma campagne. Vos messages politiques ont encouragé les Américains à croire qu'ils pouvaient changer le statu quo. Vos images ont un effet profond sur les gens, qu'elles soient vues dans une galerie ou sur un panneau indicateur. C'est un privilège pour moi d'avoir été l'objet de votre travail d'artiste et une fierté d'avoir eu votre soutien.”

L'affiche "Hope", réalisée par l'artiste américain Obey pour la campagne de Barack Obama en 2008

L'affiche "Hope", réalisée par l'artiste américain Obey pour la campagne de Barack Obama en 2008

Outre l’art graphique, Barack Obama a inspiré des chanteurs. Will I Am notamment, a composé “Yes We Can”, en hommage à la formule du futur Président.

Tout au long de ses deux mandats, le 44e Président des Etats-Unis a fait rentrer la pop culture dans l’enceinte de la Maison-Blanche. On le voit ici, en février 2012, accompagné de l’actrice qui a incarné Nyota Uhura, dans la série télévisée Star Treck.

Barack Obama et Nichelle Nichols, une héroïne de la série Star Trek à la Maison-Blanche

Barack Obama et Nichelle Nichols, une héroïne de la série Star Trek à la Maison-Blanche

De son côté, la première dame s’affiche elle-aussi comme une icône populaire. Dans le Carpool Karaoké de James Corden, la “First Lady” mime la “Queen de la pop” Beyoncé, en tournant son avant-bras sur lui-même, au rythme de Single Lady. Le principe de l’émission est simple : inviter des célébrités pour chanter côté passager de la voiture du présentateur.

Malgré les critiques, l'arrivée à la Maison-Blanche de cette forme de culture montre l’ouverture et le charisme dont fait preuve le Président américain. Un sens de l’humour certain, qui lui permettra sans doute d’éviter l’épreuve de l’entretien d’embauche en janvier 2017. Pour sa dernière allocution devant des journalistes, Barack Obama lâche son micro, un geste emprunté aux rappeurs US. Dans trois mois, “Obama, c’est fini”, (Obama it’s out), selon ses propres termes.

 

Florence Morel

  • Elaouin Sdrétu

    Bon débarras.