Ken Loach : une « Part des anges » au 7e ciel à Cannes

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 15/05/2012 à 13H52
Film projeté en Compétition officielle.

Film projeté en Compétition officielle.

© Entertainment One/Steve Wilkie

De Ken Loach (Grande-Bretagne/France), avec : John Henshaw, William Ruane, Gary Maitland, Roger Allam - 1h37 - Sortie : 27 juin

Synopsis : A Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Il croise la route de Rhino, Albert et la jeune Mo lorsque, comme eux, il échappe de justesse à la prison mais écope d’une peine de travaux d’intérêts généraux. Henri, l’éducateur qu’on leur a assigné, devient alors leur nouveau mentor en les initiant secrètement… à l’art du whisky !

De distilleries en séances de dégustation huppées, Robbie se découvre un réel talent de dégustateur, bientôt capable d’identifier les cuvées les plus exceptionnelles, les plus chères. Avec ses trois compères, Robbie va-t-il se contenter de transformer ce don en arnaque - une étape de plus dans sa vie de petits délits et de violence ? Ou en avenir nouveau, plein de promesses ? Seuls les anges le savent…

La Part des anges : la bande annonce (V. O.)

Une alchimie unique
Ken Loach réussit à allier cinéma, social, humour et poésie dans une alchimie unique. « Kes » et « Family Life » avait bouleversé tout Cannes à l’aube des années 7O. Lauréat de la Palme d’or pour « Le Vent se lève » en 2006, il ne voulait pas venir exposer son dernier film « La Part des anges » à Cannes. Grand bien soit-il que Thierry Frémaux, directeur adjoint du Festival l’ait convaincu : son film est un éclat de rire sur un sujet grave qui illumine cette 65e sélection.

Sur un scénario original, avec des acteurs amateurs, pour la plupart, Loach nous prend dès la première scène, où une espèce d’abruti est repéré sur un quai de métro, avec un gag à la clé hilarant. Le ton est de mise : comédie, comédie, comédie ; sur un sujet grave. Ken Loach a toujours réussi a faire passer l’un par l’autre, ce n’est pas le moindre de ses talents. Mais alors là, il se sublime.

Toujours très en phase avec le milieu qu’il décrit, il se renouvelle avec un art qui enchante, tant il se montre au service d’un scénario inattendu, et original, signé Paul Laverty, sur un jeune délinquant qui ne cherche qu’à se réinsérer dans la société et que ses facultés sensorielles vont sauver. Formidable message d’espoir pour toute une génération à la dérive qui ne parvient pas à trouver des potentiels qui peuvent être salvateur, pour eux, mais aussi pour toute la société dans laquelle ils évoluent.

"La Part des anges" de Ken Loach

"La Part des anges" de Ken Loach

© Le Pacte

Réalisme hilarant
Si Loach avait montré qu’il savait parler de l’enfance dans « Kes » - chef d’œuvre absolu sur le sujet -, il a toujours gardé ce sujet dans sa besace, en le réactualisant avec génie dans nombre de ses films. Avec « La Part des anges » il est au top de cette thématique, car, c’est bien connu l’enfance, ou l’adolescence, durent plus longtemps aujourd’hui. Son intrigue est imparable, son scénario au cordeau, sa teneur dramatique, sans parler de son suspense, implacables. Mais surtout son humour, qui fuse, dans la situation, les répliques, l’image, les acteurs sont hilarants.

Coup de jeune dans ce Festival, « La part des anges », traitant de la jeune génération prise dans un contexte plus que difficile, lance un message d’espoir. Croyez en votre potentiel ! On peut compter sur Loach pour ne pas être démagogique sur ce point. Réaliste jusqu’à la dernière prise, il distille une magie incomparable, qui lui est propre, dont tout le sens passe dans une scène qui donne son sens au titre, où l’on apprend ce qu’est « La Part des Anges » : sublime.