Hollande promet de reprendre "la grande aventure culturelle"

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 19/03/2012 à 09H54
François Hollande au Cirque d'Hiver le 18 mars 2012

François Hollande au Cirque d'Hiver le 18 mars 2012

© Christiphe Ena / Pool / AFP

François Hollande a critiqué dimanche la politique culturelle de Nicolas Sarkozy. Le bilan du président n’est « pas à son avantage » par rapport à ses « prédécesseurs de droite », a estimé le candidat PS, assurant qu’il reprendrait la « grande aventure culturelle de la France »

François Hollande s’exprimait devant 1500 personnes rassemblées pour le soutien à la création » au Cirque d’hiver à Paris. « Génération Création » réunissait notamment les chanteurs Michel Delpech, Juliette Gréco, le mécène Pierre Bergé, les acteurs Michel Piccoli, Dominique Blanc, l’ancien diplomate et auteur d’ »Indignez-vous » Stéphane Hessel et le réalisateur Jean-Jacque Beinex.

Sur la scène se sont succédé de nombreux artistes dont le chanteur Ridan, le groupe kabyle Djurdjura, la chorégraphe Blanca Li, et  Mazarine Pingeot, la fille de François Mitterrand, qui a lu une lettre de Louise Michel à Victor Hugo.

François Hollande ironise sur la Princesse de Clèves
La politique culturelle de Nicolas Sarkozy est marquée par « la désinvolture, l'indifférence, l'arrogance et l'accumulation de mauvais symboles", a estimé François Hollande, qui a cité notamment  l'abandon de la culture générale aux épreuves des grandes écoles. "Et puis cette moquerie à l'égard de chefs-d'oeuvre de la littérature au prétexte d'une scolarité difficile", a-t-il poursuivi.

Evoquant "La princesse de Clèves" dont le chef de l'Etat avait critiqué l'étude pour certains concours, il a lancé: "Jamais princesse dans l'histoire de la République n'aura reçu autant de soutien populaire !"

On ne retiendra pas grand-chose du « candidat sortant » au plan culturel, a estimé François Hollande : il aura « rompu une tradition : chaque chef de l’Etat depuis 1958 avait eu à cœur de mener à bien un grand engagement, une grande ambition culturelle », a-t-il dit.

"Ce fut de Gaulle et Malraux et ses maisons de la Culture, ce fut Georges  Pompidou et la création contemporaine et le Centre qui porte son nom, ce fut Valéry Giscard d'Estaing avec le musée d'Orsay, ce fut François Mitterrand avec le Grand Louvre, la Très Grande Bibliothèque", a rappelé M. Hollande. "Ce fut aussi Jacques Chirac avec le musée du Quai Branly."

"Mais du candidat sortant, que retiendra-t-on ?", a-t-il demandé... "Un  musée d'histoire controversé qui n'a pas vu le jour. Eh bien ce sera finalement au musée que sera défendue l'oeuvre du candidat sortant", a-t-il lâché.

Hollande promet de rétablir "l'autorité" du ministère de la Culture
"Je reprendrai, si les Français m'en donnent mandat, la grande aventure culturelle de la France », a promis le candidat du PS, qui entend « rétablir l’autorité du ministère de la Culture » dans ses deux vocations : « promouvoir la création » et « faire en sorte qu’il y ait une démocratisation culturelle, l’accès de tous aux biens, aux œuvres, aux manifestations de l’esprit, à l’émotion ».

François Hollande promet que le budget du ministère de la Culture sera donc « sanctuarisé, protégé ». Il souhaite diffuser la culture dans les quartiers « les plus reculés de la République » et promet que « l’éducation artistique sera une des priorités de l’Education nationale ».

« Je veux défendre notre langue, la langue française », a-t-il affirmé, tout en estimant qu’elle n’a « rien à craindre des langues régionales ».

François Hollande a par ailleurs promis une TVA à taux réduit « pour tous les biens culturels, quels que soient leurs supports ». La TVA sur les livres, notamment, « reviendra à 5,5% », a-t-il assuré.