Haute couture : Schiaparelli, solaire, rend hommage aux artistes

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/07/2016 à 08H21
Schiaparelli hc ah 2016-17, à Paris © Patrick Kovarik/AFP

Fil rouge de l'histoire de Schiaparelli, les arts inspirent la haute couture de l'automne-hiver 2016-17 qui rend hommage à la collection Cirque de l’été 1938. La maison se dote d'une e-galerie dédiée au rôle pionnier joué par Elsa Schiaparelli dans l’association mode et art. Cette derniè présente 21 artistes - d’Andy Warhol à Salvador Dali et Alberto Giacometti - ayant collaboré avec la créatrice.

La créatrice italienne cosmopolite, élégante, superstitieuse et indépendante apportait à ses tenues une touche de désinvolture et de fantaisie. Aujourd'hui, encore, la maison suit cette voie en proposant une femme de caractère à l’allure parisienne teintée d’une fantaisie cosmopolite. De la collection Cirque de l’été 1938, la haute couture automne-hiver 2016-17 garde l’idée de brillance, de lumière et de couleur. Un monde relevant du merveilleux prend vie.
Schiaparelli hc ah 2016-17, à Paris. © PIXELFORMULA/SIPA
La veste Schiaparelli devient architecturale : les lignes d’épaules sont marquées voire déboitées empruntant à l’esthétique constructiviste, les smokings et combinaisons-pantalons sont déclinés en noir, marine ou rose shocking. Légèreté, transparence et fluidité sont cependant de mises. Les brocarts-enluminures, les soies lamées et la panne de velours irisée invoquent une attitude altière. A noter : de l’ultra-court, du fendu ou échancré. En filigrane, des bretelles-bijoux évoquent le Cirque de Calder. L’incandescence des soleils de la place Vendôme irradie vestes et robes longues. À la composition graphique de l’arlequin se substitue la déconstruction d’un lavis de broderie multicolore. La piste aux étoiles inspire une voie lactée où les codes de la maison, tel le cœur transpercé et le cadenas, dessinent de nouvelles constellations mythologiques.
Schiaparelli hc ah 2016-17, à Paris.. © PIXELFORMULA/SIPA

Une première collection de prêt-à-couture

Très récemment, la maison a lancé son prêt-à-couture pour l'automne-hiver 2016-17. La capsule Constellation, partie intégrante de sa collection de 1946, pose déjà les jalons du prêt-à-porter moderne : 6 robes, 1 manteau réversible et 3 chapeaux pliables pour moins de 6 kg, à emporter partout. Aujourd’hui, le prêt-à-couture nait de ce mélange de pièces parfaites pour l’asphalte des villes pimentées de fantaisie et de détails synonymes du style Schiaparelli.
Schiaparelli prêt-à-porter couture ah 2016-17.

Schiaparelli prêt-à-porter couture ah 2016-17.

© Schiaparelli
"La couleur, elle, me sautait aux yeux. Brillante, impossible, impudente, seyante, pleine de vie, comme la lumière, les oiseaux et les poissons du monde assemblés, une couleur de Chine et de Pérou mais pas occidentale, une couleur shocking pure, intense…" expliquait Elsa Schiaparelli en 1954. Dans le prêt-à-couture, les soleils de la place Vendôme font écho aux couleurs du Pérou. Une touche de surréalisme et un soupçon d’ésotérisme donnent vie aux codes de la maison entre herbier stupéfiant et bestiaire fantaisiste. Cadenas, cœur transpercé, soleil et œil deviennent des personnages fantasmagoriques ponctuant cette garde-robe centrée sur la veste, le sweater et le t-shirt couture.
Schiaparelli prêt-à-porter couture ah 2016-17

Schiaparelli prêt-à-porter couture ah 2016-17

© Schiaparelli
Une féminité affranchie témoigne de l’esprit Schiaparelli avec des coupes masculines mâtinées de matières sensuelles et de détails raffinés : relever une veste structurée d’une ombre de broderie au fil ou d’une poche brodée d’un cadenas ailé, iIlluminer un t-shirt en néoprène et soie de soleils éclatants ou de tableaux brodés….
ELSA SCHIAPARELLI FAMOUS FIRSTS

Une e-galerie mode et art

"Travailler avec des artistes comme Bébé Bérard, Jean Cocteau, Salvador Dalí, Vertès, Van Dongen ; et avec des photographes comme Hoeningen-Huene, Horst, Cecil Beaton, et Man Ray a suscité un sentiment de bonheur intense” disait Elsa Schiaparelli, qui vivait entourée d'artistes, dont Cocteau et Dali. 

La marque vient d'ouvrir sa e-galerie d’art et mode, dédiée au rôle joué par Ela Schiaparelli dans l’association mode et art. Elle présente 21 artistes - d’Andy Warhol à Salvador Dali et Alberto Giacometti - ayant tous collaboré avec la créatrice. Peinture, photographie, sculpture et illustration se muent en haute couture, broderies, imprimés, visuels de publicité ou bijoux.... Elle révèle comment la créativité et l’esprit précurseur de Schiaparelli ont fusionné les mondes de l’art et de la mode à une époque où ce n’était pas encore la norme.

Schiaparelli et les artistes

Pour ce lancement, le réalisateur néerlandais Christian Borstlap a créé un film d’animation mettant en scène certains de ces artistes.

Le renouveau de la couture dans les années 30

Considérée comme la rivale de Coco Chanel, Elsa Schiaparelli était connue pour ses chapeaux excentriques, ses robes homard ou squelette. Entourée d'artistes, dont Cocteau et Dali, influencée par les surréalistes, la créatrice italienne a fait partie du renouveau de la couture au début des années 1930 en apportant à ses tenues une touche de désinvolture et de fantaisie.
Elsa Schiaparelli en 1937

Elsa Schiaparelli en 1937

© ACME / AFP
La maison Schiaparelli a été créée dans les années 30 par Elsa Schiaparelli. La griffe qui dormait depuis la disparition de sa fondatrice en 1973, a été rachetée en 2007 par l'homme d'affaires italien Diego Della Valle. Christian Lacroix a signé une collection, unique, en juillet 2013. En septembre 2013, le styliste italien Marco Zanini avait été nommé directeur de la création. Il a quitté la maison fin 2014.
Bertrand Guyon, le directeur du style de la maison Schiaparelli 

Bertrand Guyon, le directeur du style de la maison Schiaparelli 

© DR
Depuis Bertrand Guyon est le nouveau Directeur du Style pour les collections haute couture et prêt-à-couture. Il apporte son énergie créative à l’équipe composée du studio de création et de l’atelier, installés dans l’hôtel particulier historique du 21, place Vendôme, là même où Elsa Schiaparelli travaillait.