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Grèce : important vol sur le site d'Olympie

Publié le 17/02/2012 à 14H46, mis à jour le 10/12/2012 à 15H16
L'ancien site olympique de Nemea, en Grèce.

L'ancien site olympique de Nemea, en Grèce.

© Patrick Frilet / Hemis.fr
Une soixantaine de pièces antiques d'une "valeur inestimable" ont été volées vendredi dans un musée d'Olympie, berceau des jeux Olympiques, attestant des failles dans la protection du patrimoine grec, encore aggravées par la crise économique. Le ministre de la Culture grec a offert sa démission.
Par CultureBox (avec AFP)

Soixante-huit pièces anciennes en céramique et bronze ainsi qu'une bague en or, ont été dérobées dans les vitrines de l'ancien musée d'Olympie, berceau des Jeux Olympiques.

Le vol, bien préparé, a été commis par deux individus cagoulés et armés d'un pistolet, qui ont mis à profit l'heure de battement entre les gardes de nuit et de jour, de 6h à 7h, quand le bâtiment n'est protégé que par une alarme. A l'arrivée de la gardienne de jour, ils avaient déjà neutralisé le système de sécurité. Ils n'ont eu alors qu'à immobiliser la femme pour s'emparer de ces objets, "des pièces inestimables" selon le maire d'Olympie, ThymiosKotzias.

"La sécurité était clairement insuffisante... pour un tel trésor", s'est ému le maire, en soulignant que ce bâtiment néoclassique baptisé "Musée des Jeux Olympiques" n'avait jamais subi de vol auparavant.

Dans la foulée, le ministre de la Culture Pavlos Geroulanos s'est rendu sur place et a offert sa démission, sur laquelle le Premier ministre ne s'était pas encore prononcé à la mi-journée.

La crise a aggravé les failles dans la sécurité du patrimoine grec
L'affaire intervient quelques semaines après le vol en janvier de trois oeuvres, dont un Picasso et un Mondrian, à la pinacothèque nationale d'Athènes. Les voleurs s'y étaient introduits en exploitant l'insuffisante surveillance du bâtiment, situé en plein centre de la capitale.

En raison de la crise de la dette qui frappe la Grèce depuis deux ans et de la rigueur draconienne imposé au pays par ses créanciers (UE et FMI),  le budget de la culture, à l'instar des autres dépenses publiques, a été considérablement réduit.

"Tous les musées ont subi des coupes de personnel, qu'il s'agisse de gardiens ou d'archéologues, les employés ne sont plus assez pour couvrir les besoins", a dénoncé Ioanna Frangou, secrétaire générale du syndicat des contractuels du ministère. Elle a affirmé que quelque 1.500 postes manquaient désormais au niveau national.

"Au vu du relâchement actuel, les trafiquants ont compris que le terrain leur était à nouveau favorable", a déploré de son côté le journaliste et expert grec Nikolas Zirganos.