Fashion week : Courrèges présente des vêtements disponibles immédiatement

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/03/2016 à 08H25, publié le 03/03/2016 à 08H23
Courrèges pap féminin ah 2016-17, à Paris.

Courrèges pap féminin ah 2016-17, à Paris.

© MARTIN BUREAU / AFP

Epousant une tendance qui s'affirme dans le monde de la mode - à New York plus particulièrement - Courrèges a présenté une collection au style frais et dynamique dont une partie des modèles devaient être disponibles le soir même à la vente. Pourtant Paris, capitale de la création, a annoncé ne pas vouloir modifier le calendrier des défilés.

Fidèle au caractère futuriste du fondateur André Courrèges, mort en janvier 2016, le duo de jeunes créateurs Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant a fait défiler des modèles au style frais et dynamique, revisitant les classiques comme les petites robes trapèze, les bottines blanches et les blousons courts. Les mannequins évoluaient devant un écran géant sur lequel étaient projetés les images des vêtements qu'elles portaient, sous différents angles. Trois manteaux sont disponibles en version chauffante, par une simple pression sur un bouton. Une démarche encore "symbolique" mais qui illustre l'intérêt de la marque pour la technologie, explique Frédéric Torloting, coprésident de Courrèges avant de rajouter "Souvent on se dit c'est techno, donc ce n'est pas glamour. En fait, si, cela peut le devenir!" 
Courrèges pap féminin ah 2016-17, à Paris.

Courrèges pap féminin ah 2016-17, à Paris.

© MARTIN BUREAU / AFP
Autre nouveauté: la marque s'est engagée à ce qu'un tiers de sa collection, environ une vingtaine de pièces, soit disponible immédiatement dans les boutiques Courrèges et sur internet. Cela fait longtemps qu'on en parle avec Jacques (Bungert, autre coprésident de Courrèges), depuis qu'on est arrivés dans cette maison (en 2011). Le sujet est à la mode en ce moment, nous on le fait, en vrai", affirme Frédéric Torloting. Ces vêtements ont donc été fabriqués en amont du défilé. "Cela demande une  organisation. Cela demande aussi de prendre un certain risque, parce qu'on produit avant de savoir si on va vendre", reconnaît ce dirigeant, issu de l'univers de la publicité, qui trouvait "frustrant" le délai de plusieurs mois d'attente entre le show et la disponibilité des vêtements à la vente. "Nous, on a une chance, c'est qu'on est petit, donc on peut s'organiser. Quand on est très gros, ça demande des armées de consultants pour faire ça", explique-t-il.
Courrèges pap féminin ah 2016-17, à Paris

Courrèges pap féminin ah 2016-17, à Paris

© MARTIN BUREAU / AFP
La maison, en plein renouveau, ne compte pas s'arrêter là: "La saison prochaine il y aura encore une partie bien plus importante qui sera en boutique dès le lendemain du show", assure Frédéric Torloting.
Courrèges pap féminin ah 2016-17, à Paris.

Courrèges pap féminin ah 2016-17, à Paris.

© MARTIN BUREAU / AFP

Paris ne veut pas céder au "see now-buy now"

Le comité exécutif de la Fédération française de la couture a annoncé le 24 février 2016 qu'il entendait conserver l'organisation actuelle des présentations des collections. "Inverser le cycle, commencer par une présentation commerciale tuerait la créativité", avait indiqué, le président de la fédération professionnelle Ralph Toledano. Sa position était partagée par François-Henri Pinault, PDG de Kering, qui avait déclaré à la presse que le défilé faisait partie intégrante du processus créatif et que l'attente était constitutive de la "création du désir dans l'univers du luxe". 

Pourtant outre Courrèges, Paco Rabanne, qui défile le 3 mars, proposera quatre "looks" à la vente le jour du show. 

New York déjà convertie au "see now, buy now"

Plusieurs maisons sont converties à cette idée du "see now, buy now" ("vous voyez, vous achetez"): Tom Ford et Burberry ont annoncé leur intention de mettre leurs vêtements en vente en magasin immédiatement après les défilés à partir de septembre. En février, lors de la Fashion Week de New York, la créatrice américaine  Rebecca Minkoff a présenté une collection disponible à la vente aussitôt à 70%,  et quelques silhouettes du défilé de Diane von Furstenberg l'étaient également