l'Etat s'offre le tableau-reliquaire du XIVe siècle retrouvé dans un tiroir en Normandie pour 450 000 €

Par @Culturebox
Mis à jour le 07/02/2016 à 10H31, publié le 06/02/2016 à 17H19
Oublié au fond d'un tiroir dans une maison normande, ce tableau-reliquaire du XIVe siècle a été vendu 450 000 euros aux enchères aujourd'hui

Oublié au fond d'un tiroir dans une maison normande, ce tableau-reliquaire du XIVe siècle a été vendu 450 000 euros aux enchères aujourd'hui

© Culturebox / Capture d'écran

Il dormait dans un tiroir depuis 30 ans. Un tableau-reliquaire que son propriétaire espérait vendre aux enchères quelques centaines d’euros, sans imaginer un seul un instant qu'il détenait un trésor. Il s'agissait en réalité d'une pièce rarissime datant de la première moitié du XIVe siècle qui a été adjugée 450 000 euros. Une pièce très rare immédiatement préemptée par l'Etat

Patrice Biget est l’un des rares commissaires-priseurs en France spécialisés dans les ventes d’objets d’art sacré du culte catholiques. Et celle qu’il organisait ce samedi à Alençon restera sans doute pour Patrice Biget l’un des plus beaux souvenirs de sa carrière.
 
Il ya quelques semaines, un homme qui a l’habitude d’amener des petits objets au commissaire-priseur afin qu’il les vende, lui présente ce tableau-reliquaire dont il espère tirer 500 euros.  
 
Pour Patrice Biget, l’objet est sans doute une copie réalisée au XIXe siècle. Mais le spécialiste a un doute et décide de le faire expertiser. Le verdict est sans appel, il s’agit bien d’une pièce très rare façonnée aux alentours de 1330 et attribuée à Jean Pucelle, célèbre orfèvre à la cour de Charles IV.
Tableau-reliquaire Enchères 2 © Culturebox / Capture d'écran

Parti à cinq fois l'estimation 

Une pièce unique, ornée de pierres précieuses représentant le Christ en croix entouré d’instruments de la Passion, et composé d’émaux translucides sur argent de basse-taille, une technique réservée à l’époque aux pièces d’orfèvrerie très précieuses.

Enfin, ses dimensions inhabituelles (17,5 par 12,8 cm), en font l’un des plus grands connus, ce qui fait dire à Patrice Biget qu’il pourrait s’agir d’une commande princière, voire royale.
 
Conscients de la valeur historique du tableau-reliquaire,  le Louvre et le musée national de Cluny ont bien tenté de l’acquérir avant la vente. Mais son propriétaire et le commissaire-priseur ont préféré faire "jouer la concurrence". Et ils ne doivent pas regretter leur choix. Samedia près-midi, les enchères se sont envolées. Estimé entre 80 000 et 100 000 euros,  le tableau-reliquaire est finalement parti à 450 000 euros, soit à 540 000 euros avec les taxes. Mais la joie de l'acquéreur aura été de courte durée car immédiatement après l'adjudication l'Etat a fait valoir son droit de préemption. Le tableau-reliquaire rejoindra donc dans quelques jours les collections du musée de Cluny. 

Une équipe de France 3 Normandie avait rencontré Patrice Biget quelques jours avant la vente et il revenait sur les caractéristiques de cette pièce :