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Pompidou-Metz : l'esthétique des paparazzi entre au musée

Publié le 24/02/2014 à 17H32, mis à jour le 09/03/2014 à 13H12
Bruno Mouron, Kate Moss lors de la Fashin Week, Paris, 1992, Courtesy Bruno Mouron/Agence Sphinx

Bruno Mouron, Kate Moss lors de la Fashin Week, Paris, 1992, Courtesy Bruno Mouron/Agence Sphinx

© Bruno Mouron/Agence Sphinx

Une grande expositions sur l’esthétique des paparazzi s’ouvre mercredi 26 février au Centre Pompidou-Metz avec des centaines de photos volées de stars. Une exposition d’actualité et controversée alors que les braises de l’affaire Hollande-Gayet sont encore chaudes (jusqu’au 9 juin 2014).

Reportage: Grégory Boileau, Guillaume Robin, Jean-Marie Nidercom



Le terme de "paparazzi" a été inventé par Federico Fellini en 1960, dans "La Dolce Vita" : c’est une contraction des mots "pappataci" (petits moustiques) et "ragazzi" (garçons). Il désigne ces photographes qui traquent les stars pour leur dérober une image, devenus des figures mythiques de la presse populaire.

Sébastien Valiela, Paris Hilton sur une tondeuze à gazon, 21 mars 2006, Collection Eyewitness
Sébastien Valiela, Paris Hilton sur une tondeuze à gazon, 21 mars 2006, Collection Eyewitness © Sébastien Valiela/Eyewitness

 
L’auteur des photos de Hollande à scooter exposé pour la première fois
Sébastien Valiela, l'auteur des photos du président de la République à scooter devant le domicile de l'actrice Julie Gayet, publiées début janvier dans Closer, est représenté à l'exposition avec une série de clichés, dont une photo du président François Mitterrand, en compagnie de sa fille cachée Mazarine Pingeot, en 1994.
 
Sur le ton de la "blague", le photojournaliste avait également proposé pour l'exposition ses toutes dernières photos de François Hollande et Julie Gayet. "Mais on m'a répondu que ça n'allait pas être possible. Il y a peut-être eu des pressions ?", s'amuse-t-il.
 
C'est la première fois que Sébastien Valiela expose son travail, dans un centre d'art qui plus est. Un beau "pied de nez" aux détracteurs du genre, estime-t-il. Toutefois "cela ne m'était jamais venu à l'idée. Je ne me  considère pas comme un artiste, mais comme un journaliste. Je ne cherche pas à faire quelque chose de beau mais à ce qu'il y ait une info dans ma photo",  affirme-t-il.

Alison Jackson, Diana Finger-Up, 2000, Collection Alison Jackson
Alison Jackson, Diana Finger-Up, 2000, Collection Alison Jackson © Alison Jackson

 
Un demi-siècle de photos de stars
L'actualité n'est pas le thème de l'exposition, a sobrement fait valoir de son côté le Centre Pompidou-Metz. Et en effet, ce sont 600 œuvres qui retracent un demi-siècle de photographies de stars qui sont présentées dans le musée. L’exposition se penche sur le métier de chasseur d’images en abordant les rapports ambigus entre le photographe et la célébrité à  travers plusieurs icônes du genre : Liz Tailor, Jackie Kennedy-Onassis, Brigitte Bardot, les soeurs Caroline et Stéphanie de Monaco, la princesse Diana, Paris Hilton et Britney Spears.
 
Contrairement à la plupart des journalistes et des célébrités, "les artistes ne nous ont jamais dédaignés", affirme Sébastien Valiela. Elles se défendent parfois mais peuvent aussi se montrer complices.

Richard Hamilton, Release, 1972, Sérigraphie, pochoir et collage, The Alan Cristea Gallery, Londres
Richard Hamilton, Release, 1972, Sérigraphie, pochoir et collage, The Alan Cristea Gallery, Londres © R. Hamilton. All Rights Reserved, Adagp, Paris 2013/Courtesy The Alan Cristea Gallery

 
Des artistes fascinés par l’esthétique des chasseurs d’images
Depuis les années 1960 et  1970, les attitudes des chasseurs d’images ont fasciné nombre d’artistes qui ses sont inspirés de leur esthétique (prise de vue au téléobjectif et grain induit par l’agrandissement, coup de flash). Le genre a aussi ses lieux de prédilection : la voiture, dans laquelle la  star est piégée comme dans un aquarium, les abords d'une piscine privée, les  sorties des tribunaux ou de discothèques... Et la gestuelle devient codifiée quand la "proie" découvre son "prédateur" et qu'elle réagit par un doigt d'honneur, un poing menaçant ou une main pour  cacher son visage.
 
La moitié des photos exposées émanent de  paparazzi et l'autre d'artistes qui se sont inspirés du genre, d'Andy Warhol à Gerhard Richter. Grand admirateur des paparazzis, le photographe de mode Helmut Newton jugeait les clichés de Jackie Kennedy-Onassis nue sur une plage grecque "parmi les plus troublants de ce siècle".
 
Certains paparazzis font aussi des incursions dans le monde de l'art, comme le vétéran américain Ron Galella.

Pascal Rostain et Bruno Mouron, Madonna 2, mars 1990, Courtesy Pascal Rostain et Bruno Mouron/Agence Sphinx
Pascal Rostain et Bruno Mouron, Madonna 2, mars 1990, Courtesy Pascal Rostain et Bruno Mouron/Agence Sphinx © Pascal Rostain et Bruno Mouron/ Agence Sphinx

 
Les poubelles des stars par Rostain et Mouron
Un autre paparazzi, Pascal Rostain, se dit "juste heureux et étonné" d'être honoré par une exposition. "Mais d'un autre côté l'art est scandale, l'art est provoc" et le paparazzisme "était peut-être le dernier domaine de la photographie qui n'avait pas encore eu l'honneur des cimaises d'institutions", estime-t-il. Avec son complice Bruno Mouron, il a entamé il y  a un quart de siècle la série "Trash", consistant à photographier le contenu des poubelles de célébrités, dont des artistes comme Jeff Koons ou Pierre Soulages. Les déchets sont parfaitement ordonnancés à la manière d'une nature  morte, et en disent parfois long sur leurs propriétaires.
 
Du côté des détracteurs, Mazarine Pingeot s'est indignée ce week-end d'une "forme de  complaisance" autour du travail de Sébastien Valiela, un homme qui est selon elle "fier de faire du mal".
 
"On est dans une inversion des valeurs aujourd'hui qui est très déstabilisante", a estimé Mazarine Pingeot samedi sur RTL en référence à l'exposition : "Comme si ça pouvait devenir un art ! Je trouve ça extrêmement inquiétant", a-t-elle ajouté.

Daniel Angeli, Johnny Hallyday, sortie de concert, 1972, Collection Cécile Angeli
Daniel Angeli, Johnny Hallyday, sortie de concert, 1972, Collection Cécile Angeli © Daniel Angeli

Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, Centre Pompidou-Metz, 1 parvis des Droits de l'Homme, 57000 Metz
tous les jours sauf mardi
en semaine 11h-18h, samedi 10h-20h, dimanche 10h-18h
du 26 février au 9 juin 2014