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"Le Monde" a détruit par mégarde des milliers de photos de Daniel Mordzinski

Publié le 20/03/2013 à 12H28, mis à jour le 20/03/2013 à 12H36
Daniel Mordzinski à une exposition de ses photos à Cartagena, en Colombie (27/01/2013)

Daniel Mordzinski à une exposition de ses photos à Cartagena, en Colombie (27/01/2013)

Le photographe argentin Daniel Mordzinski, réputé pour ses portraits d'écrivains, est inconsolable. "Le Monde" a détruit "des milliers" de diapositives et négatifs entreposés depuis des années dans un bureau du quotidien à Paris. Le journal évoque un "regrettable incident" mais dément avoir donné son aval au stockage de ces archives dans ses murs. Cette version diffère de celle du photographe.
Par Annie Yanbékian

Journaliste, responsable de la rubrique Jazz-Musiques du Monde de Culturebox

@annieyanbekian

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  • Le site web de Daniel Mordzinski

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"Pendant plus de 10 ans, j'ai utilisé dans le cadre de l'accord de collaboration entre 'El Pais' et 'Le Monde' un bureau au 7e étage de la rédaction du journal où je conservais des milliers de négatifs et diapositives originaux", raconte, en page d'accueil de son site, le photographe argentin âgé de 53 ans, spécialisé dans les portraits de personnalités culturelles, et connu pour ses clichés de Jorge Luis Borges, Julio Cortazar ou Daniel Pennac.

"Le 7 mars, un journaliste de 'El Pais' s'est rendu à ce bureau et a découvert qu'il avait été totalement vidé sans qu'on nous prévienne. Personne ne sait pourquoi on a décidé de faire disparaître le travail de toute une vie."

Le nombre de négatifs et diapositives perdus avoisinnerait les 50.000. Ils étaient entreposés dans le bureau de Miguel Mora, correspondant d'"El Pais", journal espagnol, à Paris. Jusqu'à ce qu'un indélicat ne passe par là et ne fasse le (grand) vide. Les archives "ont disparu, comme ça, rien de plus", se désespère Daniel Mordzinski sur son site. Vingt-sept années de travail. Le photographe se souvient que ses archives perdues contenaient des dossiers ayant pour légende "Cortazar", "Ecrivains sud-américains", "Carrefour de littératures", "Saint-Malo", Mercedes Sosa", "Astor Piazzolla"... "Ca ne leur dit rien et ils jettent tout à la poubelle sans rien dire", assène le photographe. D'après lui, seuls quelques centaines de clichés, numérisés pour des ouvrages ou des expositions, ont échappé à l'anéantissement.

"Le Monde" et "El Pais" incriminent le photographe
Mercredi, dans un communiqué commun transmis à l'AFP, "El Pais" et "Le Monde" assurent avoir "tout mis en oeuvre pour comprendre les causes de ce regrettable incident et étudier de quelles manières les archives manquantes pouvaient être reconstituées". Les directions des deux quotidiens s'excusent auprès du photographe pour "la destruction de ses documents, qui s'est produite sans le moindre aval de la direction".

Toutefois, les deux quotidiens déplorent que le photographe, "après avoir décidé d'entreposer ses archives au siège du journal sans en avertir quiconque au 'Monde', rejette sur le seul journal la responsabilité de cet incident". Et de souligner que contrairement à ce que dit le photographe, "aucun accord contractuel n'a jamais existé entre 'Le Monde' et 'El Pais' prévoyant que Daniel Mordzinski puisse stocker ses archives dans les locaux du 'Monde'".

La direction du Monde a proposé de recevoir à nouveau Daniel Mordzinski "dans les prochains jours". Le photographe envisage plutôt de mettre l'affaire entre les mains d'un avocat.

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