Le postimpressionnisme exalte la couleur au Musée Paul Dini

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/01/2016 à 18H06, publié le 13/01/2016 à 17H36
"La colonie de vacances", Maurice Denis (1913) Huile sur carton

"La colonie de vacances", Maurice Denis (1913) Huile sur carton

© RMN-Grand Palais, René-Gabriel Ojéda

Jusqu'au 7 février, le musée Paul Dini de Villefranche-sur-Saône propose une exposition consacrée au postimpressionnisme, cet ensemble de courants artistiques qui s'étend de 1886 à 1914. On y découvre 150 oeuvres de 61 artistes des scènes parisiennes et lyonnaises, comme Pierre Bonnard, Paul Signac, Emilie Charmy et Henri Manguin. De nombreuses toiles ont été prêtées par le musée d'Orsay.

Reportage : Sylvie Adam et Valérie Benais

En 1886, le mouvement impressionniste domine la scène depuis une dizaine d'années et une dernière exposition lui est consacrée. Parmi ses grands noms : Manet, Monet, Renoir, Degas et Pissarro. De jeunes artistes, mais aussi des peintres confirmés décident alors d'expérimenter un style plus personnel ou de nouvelles techniques picturales. Réunis sous le terme de "postimpressionnistes", ils appartiennent en fait à divers courants, comme le néo-impressionnisme, le symbolisme, le synthétisme, les nabis ou le pointillisme. 

"Le château des Papes", Paul Signac. 1909. huile sur toile 

"Le château des Papes", Paul Signac. 1909. huile sur toile 

© RMN-Grand Palais, Hervé Lewandowski

Un nouveau courant pictural

Cézanne, Van Gogh, Gauguin, Toulouse-Lautrec, Seurat et Bonnard sont parmi les plus grands représentants de ce nouveau courant.

Si l'exposition du musée Paul Dini présente quelques toiles signées Paul Signac, Pierre Bonnard, Edouard Vuillard et Suzanne Valadon, elle s'intéresse aussi à des artistes moins connus, notamment issus de la région lyonnaise, comme Pierre Combet-Descombes et Emilie Charmy. D'ailleurs, la plupart des peintres postimpressionnistes, parisiens et lyonnais, se connaissaient et se fréquentaient. La plupart d'entre eux furent réunis lors de l'Exposition Internationale des Beaux-Arts de Lyon, en 1914. 

L'explosion de la couleur 

Leur point commun : tous tentent d'exalter la couleur, par le biais de différentes techniques. Ainsi, sous l'impulsion de Georges Seurat, une nouvelle théorie picturale voit le jour : le divisionnisme, qui sera rebaptisé "pointillisme". Il s'agit de peindre en juxtaposant de très petites touches de couleur. Le résultat ressort seulement à distance. Par ailleurs, seules les couleurs primaires sont utilisées (jaune, rouge, bleu) et le mélange de deux d'entre elles. 

"La baigneuse", Henri Manguin, 1906. Huile sur toile.

"La baigneuse", Henri Manguin, 1906. Huile sur toile.

© ADAGP, Paris 2013, Jean-Luc Lacroix

Avec sa "Baigneuse", Henri Manguin déconcerte les spécialistes de l'époque, en 1906. Ses couleurs puissantes interrogent le critique d'art Louis Vauxcelles qui écrit : "Certaines roches groseille me déconcertent, m'inquiètent. Je ne comprends plus du tout. Pourquoi des reflets verts dans l'eau, sous ce granit qui est vineux ? Et quel rouge M. Manguin prendra-t-il sur sa palette pour peindre des roses rouges, s'il peint les rocs de cette couleur ?" 

Affiche de l'exposition 

Affiche de l'exposition 

© Musée Paul Dini


Le postimpressionnisme et Rhône-Alpes (1886-1914)
Jusqu'au 7 février 2016 au Musée Paul Dini 
2 place Faubert, 69400 Villefranche-sur-Saône