La villa Poiret, signée Mallet-Stevens, rachetée par un promoteur

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/01/2016 à 17H14, publié le 06/01/2016 à 12H44
La Villa Poiret vendue aux enchères © Juliette Montesse/AFP

La villa Poiret, somptueuse bâtisse moderne conçue en 1923 par l'architecte Robert Mallet-Stevens à Mézy-sur-Seine (Yvelines) pour le couturier Paul Poiret, a été rachetée pour 2 millions d'euros par une société immobilière aux enchères judiciaires, mercredi à Versailles.

La propriété était divisée en trois lots, tous adjugés à la société G2AM: deux terrains pour 25.000 et 14.000 euros, puis un ensemble comprenant la villa, inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1984, son parc arboré et sa piscine, pour 2.000.000 euros. La demeure était vendue à un prix de départ de 1.200.000 euros, les terrains à 10.000 euros chacun.

G2AM, qui construit notamment "des centres commerciaux", n'a "pas encore d'idée arrêtée" quant au devenir du site, a indiqué à l'issue de l'audience l'un de ses dirigeants, Gilbert Wahnich, à l'AFP.

L'une des trois oeuvres emblématiques de Mallet-Stevens

La villa, considérée comme l'une des trois oeuvres privées les plus significatives de Mallet-Stevens avec les villas Noailles et Cavrois, est l'une des premières représentations du Mouvement moderne en France. Elle ne fut jamais habitée par Paul Poiret, qui fit faillite avant même l'achèvement des travaux.

Une histoire mouvementée

Il fallut attendre son rachat par la comédienne Elvire Popesco, dans le courant des années 1930, pour que la demeure soit achevée par un autre architecte qui l'adapta au style paquebot. La comédienne y vécut jusqu'en 1985.
Un chef d'oeuvre de Mallet-Stevens adjugé 2 millions d'euros

Un chef d'oeuvre de Mallet-Stevens adjugé 2 millions d'euros

© Juliette Montesse/AFP

La suite fut plus mouvementée pour la villa, rachetée par un industriel, plusieurs fois mise aux enchères, puis acquise en 2006 par ses actuels propriétaires, qui l'ont restaurée.

Ce couple de promoteurs et marchands d'art, aujourd'hui endettés et partis à Dubaï, avait consenti à sa banque, Neuflize OBC, une hypothèque sur la demeure. Proposée à quatre millions d'euros par une agence immobilière, la demeure n'avait pas trouvé preneur : la banque a donc engagé "une procédure de saisie immobilière classique", a expliqué à l'AFP l'un des avocats de la banque, Me Jean-Pierre Tofani.

Une villa à l'abandon

La banque a récupéré une partie de son dû avec ces enchères. "Nous attendons le délai de surenchère de 10 jours ouvrables", pendant lequel d'autres acheteurs potentiels peuvent encore se manifester, a commenté le
conseil.

Plantée sur une colline, la demeure blanche de 670 mètres carrés, plus un sous-sol "en cours d'aménagement" de 600 mètres carrés, est ceinte d'une vaste terrasse en planches avec vue sur la vallée de la Seine et, au loin, sur les tours de la Défense et Paris. Elle est aujourd'hui à l'abandon.