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Ce soir, à 21h30

Bretagne : une villa dédiée à la mer, ouverte pour les Journées du patrimoine

Publié le 14/09/2013 à 14H01, mis à jour le 14/09/2013 à 16H49
La villa le Caruhel, à Étables-sur-Mer (13 septembre 2013)

La villa le Caruhel, à Étables-sur-Mer (13 septembre 2013)

© Damien Meyer / AFP

Avec ses splendides ornementations d'inspiration maritime dessinées par Mathurin Méheut, la villa le Caruhel, propriété privée, est exceptionnellement ouverte ce week-end près de Saint-Brieuc pour les Journées du patrimoine 2013.

Toute une décoration conçue autour du thème de la mer. Les mosaïques, reproduisant la faune et la flore sous-marine, le salon en forme de paquebot, les ferronneries ornant portes ou fenêtres, ont séduit l'AFP qui consacre un reportage à ce site. Le domaine a été réalisé dans les années 1920 sur des dessins du peintre breton Mathurin Méheut (1882-1958), auquel le musée de la Marine à Paris vient de consacrer une grande exposition.

Une maison d'avant-garde, confiée à plusieurs artistes
Initialement, la maison en elle-même, construite en 1910 à Etables-sur-Mer, était déjà d'avant-garde, cube de béton juché sur la falaise, sur les plans d'un élève de l'architecte autrichien Otto Wagner (1841-1918). Mais à la mort de son premier propriétaire, elle est rachetée par un fabricant de papier à cigarettes, Louis Fricotelle. Ce dernier en confie l'agrandissement à l'architecte parisien Jean de la Morinerie, qui va en faire une vaste villa à la silhouette italianisante avec son toit terrasse et sa corniche saillante.

Mobilisé pendant la Grande Guerre, Fricotelle s'y lie d'amitié avec Mathurin Méheut et le mosaïste Isidore Odorico (1893-1945). La guerre finie, il fait appel à eux pour décorer sa villa sur le thème de la mer, explique à l'AFP Claire d'Hennezel, dont les parents ont acquis le Caruhel après la Seconde Guerre mondiale. Mathurin Méheut a tout dessiné et Odorico, d'une famille d'artisans italiens installée en Bretagne, a réalisé toutes les mosaïques. Les ferronneries sont confiées à Edgard Brandt et Raymond Subes.

Mosaïques en contrebas de la villa le Caruhel (13 septembre 2013)
Mosaïques en contrebas de la villa le Caruhel (13 septembre 2013) © Damien Meyer / AFP


Mathurin Méheut y est allé de bon coeur
Nommé peintre de la Marine en 1921, Méheut, connu pour la précision de ses relevés animaliers ou végétaux comme pour ses croquis de la vie quotidienne des travailleurs de la mer ou de la terre, s'amuse : dans le spacieux vestibule Art déco, le sol en mosaïque apparaît comme un fond sablonneux parsemé d'hippocampes, d'anémones de mer ou de méduses. Les portes vitrées qui y donnent sont ornées d'algues en ferronnerie. "C'est comme si le sol était le fond de la mer avec les algues qui remontent vers la surface", commente de son côté Marie de Kerdrel, également en charge des lieux, et qui a grandi dans cette maison familiale.

Pour décorer le salon, le propriétaire fait appel à un peintre animalier renommé, Roger Reboussin (1881-1965). Louis Fricotelle  lui prête son bateau pendant un mois. Au retour, il lui demande de peindre une fresque dans le grand salon. Inévitablement inspirée par ce séjour marin, la fresque, placée juste sous la corniche du plafond et faisant le tour de la pièce, ajoute encore à l'atmosphère maritime du lieu avec, en particulier, une volée de fous de Bassan, ailes déployées au-dessus de la crête des vagues.

La grande terrasse du Caruhel et l'une de ses "habitantes"... (septembre 2013)
La grande terrasse du Caruhel et l'une de ses "habitantes"... (septembre 2013) © Damien Meyer / AFP


À l'extérieur, plusieurs fenêtres du rez de chaussée sont aussi décorées de motifs en ferronnerie dessinés par Méheut : algues à nouveau, mais aussi homard, saint-pierre ou tourteau. Quant à l'immense terrasse au sol de mosaïque, dont le pourtour est agrémenté d'une frise symbolisant à la fois la mer ou les volutes du costume breton, des raies de belle taille et une pieuvre, plus vraies que nature, semblent y flotter sur l'eau.

L'"âme japonaise" du jardin
En contrebas, le jardin japonais, inscrit, comme de nombreux éléments de la villa, à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques, renaît peu à peu. "J'ai cherché à redonner une âme japonaise à ce jardin", confie Marie de Kerdrel, qui voue une passion à ce "lieu de paix et de méditation". Dessiné par Méheut dans une ancienne carrière, ce jardin encaissé est traversé par un fin canal en mosaïque, emprunté par une cascade, qui serpente jusqu'au bassin, évoquant le travail de Gaudi. "Les tesselles (fragments de mosaïque) y sont plus grosses, les coloris plus forts que dans la maison.

Le jardin japonais de la villa le Caruhel (13 septembre 2013)
Le jardin japonais de la villa le Caruhel (13 septembre 2013) © Damien Meyer / AFP


Odorico a alors déjà évolué dans son travail, influencé par les arts nouveaux", observe la bonne fée du lieu. Désignant les tesselles à feuille d'or qui parsèment la mosaïque, elle commente: "quand c'est mouillé, ça scintille, c'est ravissant". Dernière fantaisie d'époque: au sommet de la cascade se niche une vasque au fond parsemé de feuilles de cannabis. En mosaïque, évidemment.