Des mots: Anna Karina, Baptiste Trotignon, Erna Omarsdottir, Nan Aurousseau. Musique: Baptiste Trotignon, Anna Karina

Des Mots de Minuit
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 23/05/2017 à 18H24, publié le 21/05/2017 à 12H00

L'aventure c'est l'aventure! Celle de la comédienne qui va croiser Godard et finir par trouver ce qu'elle veut faire; celle du musicien aux longs doigts que l'amour des musiques latino-américaines va conduire au jazz; celle d'une petite islandaise qui ira en Belgique trouver sa raison de faire de la danse contemporaine; celle du voyou devenu romancier marqué par la culture des gens du voyage...

Des mots de minuit : émission N° 337 du 4 mars 2009.
Réalisation : Guy Saguez
Rédaction en chef : Rémy Roche
Production : Thérèse Lombard et Philippe Lefait
©desmotsdeminuit.fr/France2

CONVERSATION:

Réaliser!? J'avais déjà fait pas mal de films déjà. À un moment, on a envie de faire quelque chose à soi, et, à cette époque-là, ça ne faisait pas trop parce qu'une femme! Une comédienne! Ce n'était pas forcément bien vu de passer derrière la caméra. Bien sûr, il y avait Agnès Varda mais, elle n'était pas comédienne! À l'époque, on me disait: "Elle veut réaliser un film. De quoi se mêle-t'elle?"

Anna Karina. DMDM, 2009.
La célèbre réplique "Qu'est-ce que je peux faire? ..." est tiré du Film de Godard "Pierrot le fou" (1965). Elle y joue aux côtés de Jean-Paul Belmondo et le film fut interdit au moins de 18 ans pour "anarchisme intellectuel et moral"
Illustration Anna Karina

La carrière de l'actrice (qui fut l'épouse de Godard entre 1961 et 1967) fait l'objet d'une rétrospective "Week end avec Anna". Elle revient sur son parcours professionnel, sa rencontre avec Coco Chanel, sa place au sein de la Nouvelle vague avec notamment, ses rôles dans les films de Jean-Luc Godard et de Jacques Rivette, sa carrière de réalisatrice (son premier film date de 1972 -"Vivre ensemble"- et son goût pour la chanson ( CD "Une histoire d'amour") ou l'écriture. 
Portrait du grand-père d'Anna Karina

Portrait du grand-père d'Anna Karina

"L'objet qui la prolonge..." Une photo de son grand-père qui lui faisait gentiment peur en l'emmenant faire des tours sur sa moto rafistolée dont il lâchait le guidon  en levant les bras et en hurlant: "Le monde nous appartient!"

Bach, Les Who, Herbie Hancock: j'aime beaucoup ces trois références. Bach fait partie des bases de la civilisation. C'est Cioran qui dit, je crois: "Dieu lui doit beaucoup!"... Les deux premiers disques que j'ai écoutés quand j'étais adolescent -ils faisaient partie des disques de mes parents- c'était, sans référence intellectuelle ou culturelle à cet âge, c'est "l'offrande musicale" de Bach et "Abbey road". Le jazz est venu un peu après. Aujourd'hui mes longs doigts font toujours du classique, pas forcément de façon publique, mais le jazz s'est immiscé à l'écoute des musiques afro-américaines avec ce qu'elles ont de chaleureux, de vibrant et dont je suis tombé amoureux.

Baptiste Trotignon. DMDM, 2009.
illu baptiste trotignon
Le pianiste et compositeur sort l'album "Share". Il revient notamment sur l'universalité du langage musical partagé par les musiciens de jazz, son parcours professionnel et ses influences, ses différentes collaborations musicales. 
Objet Baptiste Trotignon, coupe-ongle

Objet Baptiste Trotignon, coupe-ongle

"L'objet..." Un coupe-ongles, instrument "vital" pour un pianiste.

Ce projet de spectacle pour le Festival des antipodes -parler des relations entre femmes- est né d'un désir... J'avais réalisé une chorégraphie pour un choeur de femmes mais ce n'était pas mon spectacle. C'était donc intéressant mais frustrant parce que je ne pouvais pas faire tout ce que je voulais. J'avais cette idée de travailler sur la transe à partir des relations de proximité entre femmes dans les fratries ou dans la polygamie. Je voulais aussi parler de leur présence dans les sectes, dans la religion ou la sorcellerie... des bouleversements hormonaux de l'adolescence ou de la ménopause.

Erna Omarsdottir. DMDM, 2009.
illu Erna Omarsdottir

La danseuse et chorégraphe Islandaise -elle est aussi vidéaste et chanteuse- est l’une des figures de la scène chrorégraphique internationale. Elle danse depuis toute petite mais ce sont les propositions de Maguy Marin qui l'ont emmenée à la danse contemporaine. Après quelques années dans les compagnies de Jan Fabre, Ann Teresa de Keersmaker et Sidi Larbi Cherkaoui (Companie C de la B), elle se concentre sur ses propres chorégraphies. Elle évoque son parcours professionnel, ses études de danse à Amsterdam et à Bruxelles, l'utilisation du cri dans ses spectacles et sa manière de travailler. 

Elle est la créature gluante enfantée par Björk dans le clip Where is the line.

Objets, Erna Omarsdottir vêtement 

Objets, Erna Omarsdottir vêtement 

"L'objet..." Un blouson "élégant" offert par un ami. Ce vêtement est emporté dans chacun de ses déplacements. Elle dit qu'il la protège ("Un effet de gant!"). 

La rencontre avec les voyageurs, avec les Manouches de la Porte de Montreuil à Paris, a été fondatrice. Je suis parti avec eux -les gens du voyage le sont aussi psychologiquement- dans une sorte de rêve, de récit étrange pour ma vie. Bien sûr, on était des voyous mais c'est parti de là, alors que j'étais un français de père beauceron et ouvrier, de mère parisienne.... À 18 ans, j'ai braqué des PMU et j'ai écopé de 7 ans de prison. À la fin de ma peine, en semi-liberté, j'ai appris le métier de chauffagiste avant de commencer à écrire... Mais je n'ai pas voulu que mes années de prison soit mon seul fond de commerce littéraire!

Nan Aurousseau. DMDM, 2009.
Illus Nan Aurousseau
L'écrivain publie "Le ciel sur la tête" (Stock). Il revient sur les différentes étapes de son parcours qui l'ont conduit à devenir écrivain, sa rencontre avec la communauté tzigane, son expérience de la prison et sa rencontre avec l'auteur de romans noirs Jean-Patrick Manchette. 
Objet Nan Aurousseau, Hiboux d'or 

Objet Nan Aurousseau, Hiboux d'or 

"L'objet..." Une chouette porte-bonheur qu'il a toujours sur lui et que lui a offert un enfant. 

MUSIQUE:

Baptiste Trotignon interprète "Blue", avec, à la trompette Stéphane Belmondo.


Le groupe Pony et Erna Omarsdottir interprètent "Chloroforme"

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