Chistine Spengler et Edward Said: 2 regards affûtés par les guerres et l'exil. "Des mots, l'été..." Emission 131. 2003.

Philippe Lefait
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 24/12/2014 à 15H41, publié le 31/07/2014 à 20H00
émission 5 été

"des mots, l'été..." Ces quelques semaines sont, pour nous, une occasion de penser et de concevoir une "bibliothèque idéale". De vous proposer quelques-unes des émissions qui ont jalonné vingt d'un magazine culturel exigeant qui s'est d'abord appelé "Le cercle de minuit". Cet appel à la mémoire... parce que nous pensons que le numérique n'est pas seulement cette immédiateté...

Grand reporter de guerre, toujours à regarder  ce qu'elle estimait être des "causes justes", Christine Spengler a pendant vingt-cinq ans parcouru le monde des conflits. Je l'avais rencontrée dans le Nicaragua des années 80 avant que la "Révolution des Muchachos" vire à l'aigre. Elle s'était déjà largement illustrée par ses reportages en Irlande du Nord dans un métier déterminé par le suicide d'Eric, son frère, qui "rêvait" à la photographie. Christine Spengler a longtemps cherché le contrepoint de la souffrance dans la beauté ou le calme de pays ayant retrouvé la vie après la destruction et les conflits. Elle fut du Vietnam, de l'Iran ou du Liban. Toujours droite sous la mitraille.
Depuis, elle a retrouvé ses racines espagnoles, à Madrid ou à Ibiza et imaginé des photo-montages qui disent le rêve et la couleur.
 
C'est peu avant sa mort il y a onze ans et à l'occasion de la publication de ses mémoires qu'Edward Wadie Said était venu sur le plateau Des mots de minuit. Grande figure intellectuelle de l'université américaine et de la cause palestinienne, Il était aussi pianiste chevronné et critique littéraire. Son livre, L'Orientalisme publié en 1978, remettait en cause la vision européocentrée des regards portés sur l'Orient par Renan ou Massignon et réintroduisait la nécéssité de la prise en compte dans les approches historique et sociologique du point de vue des colonisés et des victimes de l'impérialisme.
Son combat pour la cause palestinienne fut aussi engagé que critique pour son propre camp. Edward Said incarnait parfaitement un humanisme lucide.
Il s'est s'intéressé à des figures aussi diverses que Baudelaire, Conrad, Pasolini, Stravinsky ou Richard Strauss.
Il fut, avec Yasser Arafat et Mahmoud Darwich, l’un des trois Palestiniens les plus connus du siècle dernier.  Sa mère l’avait appelé Edward parce que le Prince de Galles l'avait marquée par son élégance. Said est né dans le monde arabe dans une famille de protestants d’origine palestinienne. Il a été élevé à l’occidentale dans les collèges privés britanniques de l'Égypte cosmopolite où vivait l'adolescent. Plus tard, il dira: "l'éxil affûte le regard"...       


Musique dans desmotsdeminuit avec Nicolas Leroux (OVERHEAD) et le groupe de jazz L'ORPHEON...

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