La comédie contre l'ultralibéralisme... "Discount" de Louis-Julien Petit. La gratuité, une gifle au grand capital!

Philippe Lefait
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 20/01/2015 à 23H02, publié le 15/11/2014 à 12H43
Disc.

Le "mot à mot" du réalisateur. Par la comédie, les employés d'un supermarché (qui "Discount" les invendus) dynamitent les conséquences de l'ultralibéralisme sur les mentalités et les comportements des salariés. La solidarité ou la gratuité peuvent être une réponse aux formes modernes de l'esclavage. D'ailleurs, chez France Télécom l'ultra libéralisme avait fait des employés une variable jetable.

"D'ailleurs, chez France Télécom l'ultra libéralisme avait fait de l'employé une variable jetable". Lisez cet article de notre confrère Le Monde..

Discount. Ce film se voudrait "une comédie à la Ken Loach" comme le suggère Télérama... La barre-ciné est un peu haut mais l'intention est louable et prometteuse.
Après quelques années d'assistanat, Louis-Julien Petit signe un premier long métrage. Ce qui a été remarquable dans l'échange qui a suivi une première projection publique au Festival du film de Sarlat en novembre 2014, c'est que la conversation n'a jamais porté sur les ressorts qui font le rire ou le sourire. Immédiatemment se sont imposées des thématiques politiques: redistribution, vol, solidarité, consommation, obsolescence... Comme une urgence, chez un jeune réalisateur...

Scénario: pour lutter contre la mise en place de caisses automatiques qui menace leurs emplois, les employés d’un hard discounter créent clandestinement un «discount alternatif», en récupérant des produits déclarés périmés…
En écho à cette comédie, la publication du dernier essai de Dany-Robert Dufour: "Le délire occidental et ses effets actuels dans la vie quotidienne: travail, loisir, amour" publié par "Les Liens qui Libèrent". Les textes de ce philosophe ont toujours eu la sonorité du tocsin et la vertu de l'aiguillon quand il évoque "la mise en coupe réglée du monde par l'hyperclasse autrement dit par l'hyperbourgeoisie financière, transfrontière et postmoderne, hédoniste et déculturée, axée sur la prédation rapide et systématique" ou cette "Terre, exploitée à outrance par les activités humaines de plus en plus puissantes et aveugles, réagit comme un corps global atteint en ses équilibres fondamentaux…"
Le monde contemporain et désenchanté a besoin de dynamiteurs. Obstiné, Dany-Robert Dufour est de ceux-là.

tous les Ciné, cinoche

desmotsdeminuit, nomades à Sarlat 2013, 2014...

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