BD. "Un maillot pour l’Algérie": du foot pour l’Histoire

Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 04/05/2016 à 16H26, publié le 12/04/2016 à 12H00
Un maillot pour l'Algérie - illustration

Que ceux qui ont la hantise du foot ne s’arrêtent surtout pas au titre de cette bande dessinée. Car "Un maillot pour l’Algérie" c’est plus qu’une simple épopée sportive: c’est aussi une extraordinaire histoire d’aventure, de résistants, de copains, l’Histoire avec un grand H, celle qu’on connaît moins peut-être, mais l’Histoire tout de même.

8 mai 1945. Sur les Champs-Élysées, on célèbre la fin de la guerre. Alors qu’à des milliers de kilomètres de là, des gamins de Sétif jouent au football dans une cour. De l’autre côté du mur, où la balle s’échappe d’un coup de pied un peu trop brusque, des manifestants demandent l’Indépendance et la libération du leader anti-colonialiste Messali Hadj. Cet après-midi-là se termine dans un bain de sang et marque définitivement le jeune Rachid Mekhloufi. Tout a peu ou prou commencé là.
Treize ans plus tard, le ballon a continué de rebondir entre les pieds du prometteur footballeur. Il est devenu un brillant joueur de Saint-Étienne quand on lui propose de faire partie de la première équipe nationale d’Algérie. Il accepte. Avec lui, et au risque de ruiner leur carrière, ils quittent les plus grands clubs français pour se lancer dans l’aventure: Mokhtar Arribi, Amar Rouaï, Abdelhamid Kermali… Le futur Onze de l’Indépendance est né. Ce sont des amis d’enfance, des meilleurs ennemis sur le terrain, mais pour leur pays, ils n’hésitent pas.
Un maillot pour l'Algérie 01

Après une fuite rocambolesque pour rejoindre le siège du FLN à Tunis, s’ensuit une tournée en Asie, en Europe de l’Est et au Moyen-Orient. Sur les quelques 80 matches qu’ils disputent, les fellaghas du ballon rond en remportent plus de 60. Bien sûr tout n’a pas toujours été simple: il a fallu en passer par les pressions de la Fifa, les insultes racistes ou les "vive de Gaulle!" irakiens après un magistral 10-1, certains ont perdu des amis, leur famille... Malgré tout, ils sont devenus symboles, le symbole de l’Algérie libre.
Un maillot pour l'Algérie 02
Au fil des pages, le ballon file toujours, entre les cases, il se glisse entre les mots, entre les pieds des joueurs et les discours politiques. Javi Rey, jeune dessinateur espagnol plein de talent, rend à merveille les scènes enfantines de Sétif, autant que les actions décisives de matchs légendaires, les tristesses des uns et les joies collectives de tous. Son dessin laisse transparaître toute une palette d’émotions, dans lesquelles on se laisse volontiers porter. Quant à Bertrand Galic et Kris, amoureux de l’histoire et du ballon rond, ils nous racontent avec finesse ces héros méconnus qui ont contribué à forger la nation algérienne.
Les coulisses de l’Histoire sont riches d’enseignement. Car les Algériens ont aussi conquis leur liberté grâce aux valeurs qui animaient ces sportifs: le respect et la fraternité.
Un maillot pour l'Algérie - couv.
 
Un maillot pour l’Algérie – Javi Rey, Bertrand Galic, Kris – Aire Libre, Dupuis
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