Le laboratoire de lumière. Semaine 36

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/12/2014 à 14H32, publié le 24/12/2014 à 00H00
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Motels électriques…

C'est dans des brumes électriques que j'ai passé la nuit. Rêves étranges, où se mêlent scènes de nuit, éclairage au néon, une ville connue et inconnue car géographiquement  rêvée. Une course poursuite, un piano acoustique. Des motels électriques et des filles éclectiques.
Ce genre de rêve ne me laisse pas indemne au réveil.
Je reprends la route demain. Faute d'avoir pris le temps de les défaire et surtout sachant le départ imminent, mes sacs ne sont plus à faire. Ils sont déjà prêts.
Ce matin, j'ai fait plusieurs aller-retour à l'Hôtel des Voyageurs, le bar juste côté de la maison, histoire d'entendre des voix, de boire quelques cafés, pour me sortir de ma nuit électrique. J'avais pourtant fais quelques balades en pleine campagne, pour en goûter le silence après mon dernier séjour à la capitale, avec l'espoir de faire un peu le tri dans mes idées après trois semaines passées en ville. Inlassablement, c'est l'expo, que j'ai en tête, en permanence durant la journée. La nuit c'est différent visiblement. C'est encore plus de tourments, plus d'images à décoder le matin. Plus les jours passent, plus le projet semble s'éloigner. C'est peut-être parce que l'hiver, ici, semble figer le paysage. Que je suis là, à bouillir intérieurement sans pouvoir agir. Je n'échappe pas aux questions de mon entourage concernant l'exposition, cela me décourage parfois. Que répondre? que dire? Je parle de date, je ne donne pas d'information, je fuis les questions. Je suis en fuite, même dans mes rêves.
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Ça ne me laisse pas de place pour le temps présent, j'en ai presque perdu l'appétit depuis quelques jours. Même la jolie vendeuse de hamburgers, croisée l'autre nuit, dans sa caravane américaine des années 50, n'a pas réussi à dénouer mon estomac. À la proposition d'un dessert, j'ai refusé en souriant. Elle m'a offert un sourire, ça, je l'ai accepté avant de partir. Tous ces déplacements me donnent parfois envie de renoncer, de prendre une chambre d'hôtel au milieu de tout ça, de dire stop aux questions, d'être au milieu de nulle part ou ailleurs, de faire des images la nuit. De tromper ma solitude avec des oiseaux de nuit.

La nuit, je rêve de modèles électriques…

LLL. Semaine 36

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