Le laboratoire de Lumière. Semaine 33

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/12/2014 à 00H00, publié le 03/12/2014 à 00H01
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J'ai pris un autre chemin, une route déjà parcourue, une impression de déjà vu .

J'ai changé de route, pris un autre chemin. Pour me rendre à la capitale, je suis passé par d'autres paysages que ceux que je parcoure habituellement. Surtout afin d'éviter ce sas de béton que l'on appelle autoroute et qui coûte. J'ai toujours la sensation d'être coincé entre deux rails et d'être obligé de m'arrêter aux endroits balisés; de me faire racketter. Tout à fait le genre d'endroit où Il m'arrive parfois d'entamer un monologue silencieux avec un robot déguisé en machine à café:
"- "Bordel de merde !" C'est tout ce que tu me donnes, j'ai pourtant demandé: café long sans sucre…!

- Et ma monnaie, c'est pour aujourd'hui ou pour demain?"

cling cling…cling.
"- Merci, adieu!"
J'ai abandonné le ruban de l'autoroute pour prendre plus au nord. Une route qui n'a pas de prix. Je suis passé par la Normandie pour une petite flânerie avant d'arriver en ville. Certes, j'ai fait quelques détours. J'ai parfois tendance à prendre une direction si le nom indiqué sur un panneau me plaît. Ainsi, je peux me perdre et découvrir de nouveaux panoramas.
Concernant la restauration sur ce type de route, tout me semble plus convivial. Aux environs de Dol de Bretagne, je profite d'un arrêt dans une station service. À ma grande surprise, je reconnais cet endroit pour m'y être arrêté quelques années plus tôt lors d'un long périple en moto. Ce jour-là était à l'orage, j'y avais trouvé refuge pour y prendre quelques cafés tout droit sortis d'un percolateur hors d'âge et y faire un brin de causette avec le pompiste avant de reprendre ma route pour Granville.
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L'homme est le même, le percolateur aussi me semble-t-il. Je commande un café avec une impression de déjà bu. Le paysage moins monotone que sur l'autoroute me permet de rêvasser. Je traverse des  villages, je  prends des virages et lors de petites pauses qui soulagent je découvre des paysages marqués par cette impression de déjà vu.
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Plus loin sur la route un petit café semble me tendre les bras, je m'y arrête pour me restaurer. Le café est une vieille bâtisse au bord de la N12. Le sol au niveau du bar est recouvert d'une mosaïque de carrelage, beige et bleu. De la tomette couvre la partie qui tient lieu de salle à manger, les arrière-salles sont recouvertes de parquet. Tables et chaises disparates composent le mobilier. Une petite odeur de blanquette de veau me prend aux narines dès que j'ouvre la porte: c'est là que je vais déjeuner. Le patron est accueillant et me signale avant que je ne pose la question qu'il n'en reste plus. En revanche, il pourra me faire un merveilleux sandwich au rillettes dont je pourrais lui donner des nouvelles comme le veut l'expression. En le dégustant, je parcours un journal local tout en papotant avec le propriétaire des lieux. J'échappe ainsi à mes monologues silencieux avec des robots radins et aux sandwichs sous blister que proposent les bazars déguisés en stations-services, commercialement disposés le long de l'autoroute.

Y a pas de hasard dans ce bazar…

 LLL. Semaine 33
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