Le Laboratoire de Lumière.. Semaine 11

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/07/2014 à 16H43, publié le 02/07/2014 à 00H00
"Devil may care"  Bob Dorought à Montreuil 1989

"Devil may care"  Bob Dorought à Montreuil 1989

© HB

Photographe attelé à la construction d’un «Laboratoire de Lumière»… Une manière de nommer l’atelier que je me fabrique… Je suis encore dans la musique… Ou dans la mienne finalement…!

C’est Bob Dorought que je photographie lors d’un concert à Montreuil (92) en 1989. Pour ces photos  je me dois d’utiliser des  films haute sensibilité afin de respecter le travail des techniciens qui fabriquent la lumière sur les plateaux et les salles de concerts et éviter les coups de flash (discrétion et respect obligent).
Je précise, en parlant de Montreuil, qu’il existe d’autres villes nommées de cette façon là…(j’en parlerai une autre fois). Bob me montrera  son sens du  partage et le plaisir de donner à l’autre et cela en différentes occasions. Dans le milieu du jazz, il a cette réputation. Elle “fait foi“ (sic!) et hic...!
Il existe aussi un autre “montre œil“ sans paraître. C’est une ville qui pour moi ne représente pas seulement un plaisir auditif (quoique?) mais un partage de bon goût, d’élégance et de "brillance" visible dans les yeux et dans les rires des convives de cet autre lieu. C’est une histoire avec d’autres mots, d’autres sons. D’autres images.
Je pense à la musique; je pense aux musiciens. Pour moi, certains sont  capables de lire une partition, de la réinventer pour eux et pour les autres: Ils créent une histoire, donnent des émotions et les font partager. Pour cela il faut de l’âme et du cœur; mais faut un truc: L’instrument. Ce médium composé de cordes, de hanches, de clapets, de métal, de bois, de touches, de feutres pour mieux toucher en douceur… Quoique… D’émotions, de matières… d’un souffle capable de me le couper où de me faire respirer, de me faire sentir l’instant, de me faire aussi vivre avec les notes un autre ailleurs; de me faire rêver, de concrétiser visuellement mes émotions alors que je suis incapable de les exprimer autrement qu'avec mon oeil. Appuyer, parce que quelque chose arrive au cerveau!  Avec eux j’ai vibré, je me suis hérissé de plaisir.
Il y a aussi ces regards complices entre ces producteurs ou ces “Pro-Douceur“ d’émotions pour atteindre “the blue note“ que l’on nomme aussi the "Death note“. A l’extase ou la plénitude de l’oreille du musicien fait écho l'apaisement de mon regard quand je pense à une image complète et bien composée (un rapport avec le ressenti chez l’individu après l’acte sexuel?)

L’apaisement… Celui que j’ai ressenti en regardant La sainte famille, le tableau de Rembrandt, fantastiquement complet à mes yeux par sa composition. Celui qui a certainement fait que Le Laboratoire de Lumière existe de plus en plus.

Je parle de mes nuits musicales dans les agences de communication avec qui je travaille à l’époque et Bruno Moreira, n’est pas sourd: Il me confie la réalisation d’une pochette de disque pour la promotion de l'agence Directeam dont il est le directeur artistique: il s’agit de photographier un saxophone.

LLL semaine 11 sax © HB
Facile au premier abord. Il s’avère que ce n’est pas aussi simple que cela: Certes c’est un instrument magnifique mais  sa matière et sa forme sont complexes à photographier. Je dois me procurer l’objet. En le posant sur le plateau de prise de vue, je ne vois dans les arrondis du bel instrument que le studio; comme dans un miroir. Il me faut tendre des tissus noirs, installer des plaques de polystyrène pour maîtriser tous ces reflets perturbants (pour tout dire un b… sans nom). La photo est réalisée à la chambre 4X5; la procédure est longue. Hélas...  Il n’y a plus de place pour la poésie de la musique: La technique prend place. Pour tout dire j’adore ça!
La photo sert à illustrer une pochette de CD pour la promotion de l’agence (cadeau clients). Pour info; je n'ai eu que la pochette, mais pas le disque... Je ne suis pas client; je suis qu'un fournisseur...
saxo 2 © HB
Par la suite une autre agence me demande de créer une composition avec pour seule indication un texte: “Des partitions de Beethoven aux écrits de Hugo, des tableaux de Goya à ceux de Picasso…“ Cette société a pour vocation de protéger les œuvres rares ainsi que les biens qui vous sont chers…etc“
LLL Semaine 11 © HB
Pour cette image que je dois réaliser, je n'ai aucune réelle direction artistique. Il m’est impossible de faire cette photo en studio: j’ai besoin d’une “ambiance". Je me procure les éléments pour l’image (violon, partitions anciennes et autres accessoires). Il me manque le décor. Je le trouve finalement près de Versailles dans une maison bourgeoise dans laquelle je peux m’installer pour plusieurs heures.

Il est parfois plus simple de déplacer un violon qu’une armoire normande…
J'organise dans l'un des salons de la maison un b... (une composition d’éléments). L’ambiance est sereine. Je peux y écouter de la musique pour travailler. Je me suis muni de plusieurs flashs et de gélatines de couleur pour modifier la lumière froide de mes flashs. Je choisis une lumière rouge/orangée pour dénaturer la texture de l’armoire en merisier et avec de longs temps de pose je “récupère“ un peu du jour en jouant avec les rideaux des fenêtres. C’est une photo qui doit refléter le calme et le luxe. Pour faire cette image je me conditionne avec de la musique. J’écoute en boucle l’opéra Akhnaten de Philip Glass que me fait découvrir René Barrière un "pro" de l’imprimerie, passionné de musique répétitive, avec qui je travaillerai pendant plusieurs années.
LALALA…LALALA...LALALA...LALALA...

LLL. Semaine 11

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