Indispensable balade, il fallait que j'y retourne avant de partir… Le Laboratoire de Lumière. Semaine 40

Par @Culturebox
Publié le 21/01/2015 à 02H09
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Il fallait que j'y retourne avant de partir. La veille, j'avais consulté la météo, il ne fallait pas que je rate mon coup. Mon départ est pour bientôt. Il serait donc 8H50 à mon arrivée, le soleil ne se lèverait que quatre minutes plus tard. Et je vais avoir à faire vite pour capturer cette lumière qui ne dure qu'un instant, qui frôle la cime des arbres en effleurant le sol avant de l'inonder.

Je devais y retourner, voir encore une fois de quoi ça avait l'air en hiver. C'est au bord de se cadre idyllique que je vais avoir à faire ma prochaine exposition en juin 2015, au bord de cette rivière, que l'on confond parfois avec la mer par temps de brume. Il me fallait y retourner avant de quitter la Bretagne pour plusieurs mois. Je le sais maintenant.
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Je ne compte plus vraiment le nombre de bornes passé à sillonner la Bretagne depuis cinq ans. Depuis mon retour de Paris, je suis allé deux fois dans le Morbihan la semaine dernière et j'ai roulé huit cent kilomètres depuis mon camp de base de la côte de granit rose.
La première fois, c'était juste pour la lumière et une promenade en solitaire pour faire des images. Instants magiques que l'on ne peux pas partager.
La seconde excursion dans le Morbihan était destinée à rencontrer Lionel Lemaguer, propriétaire des Jardins de Mémoires, pour discuter de quelques points techniques et financiers concernant le travail que je vais réaliser dans son lieu d'exposition. Ma précédente visite, il y a deux mois, m'avait laissé sur ma faim. J'avais fait des tests pour accrocher des images. Le résultat ne me satisfaisait pas. Je n'avais pas croisé Lionel et il pleuvait… Je n'en avais ramené qu'une grande déception que l'on peut mettre au fond d'une poche mais qu'un mouchoir ne suffit pas à dissimuler.

Il fallait donc que j'y retourne, pour une indispensable balade. J'en rapporte aujourd'hui des mots, des images et des envies. J'ai enfin pu voir l'endroit exact où va se dérouler l'exposition et je connais un peu mieux mon terrain de jeu. Cette promenade d'un kilomètre que Lionel avait évoquée lors de notre dernier déjeuner dans le Morbihan, je l'ai visitée aujourd'hui en sa compagnie, je l'ai vue enfin. J'ai écouté ses mots me décrire ce chemin d'un kilomètre. Nous nous sommes arrêtés devant une clairière qui sera réaménagée, devant de vieux arbres qu'il faudra mettre en valeur. Un mur de pierres datant de plus d'un siècle me laisse imaginer d'autres formes d'accrochages dans cette forêt. Des mousses accrochées aux arbres donnent au lieu de la couleur en hiver. Le sol va être réaménagé et Lionel laissera la nature le "patiner" pendant quelques mois avant l'ouverture du site. Laisser du temps au temps et au plaisir de la conversation. Beauté du sous bois. Ne pas voir le temps passer.
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Il me reste plusieurs mois avant de me retrouver dans cette forêt... pour aménager ce lieu d'exposition et proposer cette promenade. Quand j'ai quitté Paris il y a cinq ans, c'était par besoin de me mettre au vert. J'ai trouvé un travail de bûcheron près de St-Brieuc. Paradoxal pour un type qui avait passé des années dans des studios et des chambres noires avec des lumières rouges!
J'ai passé dix mois en forêt à tronçonner, élaguer, ranger du bois, refaire des chemins et apprendre la taille de pierre. A Faire travailler le corps dans la nature plutôt que dans une salle de sport. Un sas entre la ville et la vie. Et j'ai finalement quitté le nord de la Bretagne pour éviter de passer un autre hiver à me geler les pieds en pleine forêt. Mais je garde encore au fond de moi l'envie de vivre au rythme de la nature, même si c'est plutôt la bagnole qui m'a occupé ces derniers temps.
Dans le Trégor c'est encore l'hiver et j'ai du temps pour fabriquer des images et des voyages. C'est avec un billet d'avion en poche pour le Canada et la possibilité de retrouver un ami à New-York, que je vais passer les prochains mois. Cet ami new-yorkais d'origine anglaise, je l'avais rencontré dans le Talgo en revenant de Madrid (Le Laboratoire de Lumière. Semaine 7). Je pars demain pour Paris, histoire de me mettre dans l'ambiance urbaine. Dans un mois ce sont les rues de Montréal et de New-York que je vais parcourir, boîtier en mains. Avec Lionel nous avons parlé du temps... de la notion de temps. Quand je lui dis qu'il faut que j'aille vite, il me répond: "On a le temps!". Je fonctionne sur un système de type rétro-planning: boulot, délais, dates, temps de fabrication, livraison des images, qui, quoi, comment... Lionel fonctionne différemment. Il vit dans la nature: naître vivre et mourir..

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Je ne suis pas Houdini, mais comme lui, je n'aime pas être enfermé.
Je ne suis pas magicien, mais je vais transformer des bornes en miles…

LLL. Semaine 40  

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