RECIT. Paula & Marco. Carnets d'ailleurs: j'avais décidé que jamais au grand jamais, je ne mettrai les pieds aux States!

Par @Culturebox
Publié le 03/06/2015 à 18H45
Pour un remake de film d'Alfred Hitchcock...

Pour un remake de film d'Alfred Hitchcock...

© Paula

Parfois, nous nous posons sans autre souci que de nous balader, ce que nous avons fait récemment, Marco et moi, en parenthèse de deux missions. Un petit voyage exotique : nous avons pris quelques jours sur la côte du Maryland et de la Virginie.

Avant de rencontrer Marco, j'avais décidé que jamais au grand jamais, je ne mettrai les pieds aux States. Non seulement, j'y ai posé mes deux pieds, mais nous nous y sommes mariés et nous avons investi dans un « home sweet home » de la banlieue de Washington. Parjure suprême, je m'engage actuellement sur le long chemin de la « Green Card ». La tâche est rude mais j'y parviendrai par la force de ma volonté et la grâce de mon avocat. L'interview n'aura pas lieu avant trois bonnes années, voire plus, me laissant à peine le temps d'apprendre à situer correctement le Minnesota, nommer les présidents dans l'ordre et leurs désordres ou évoquer sans sourciller le 8ème amendement.
Hollywood, sur la côte est...

Hollywood, sur la côte est...

© Paula
En attendant, je révise ma géographie de la côte Est. A force d'écouter Back in the USA, que chantaient Chuck Berry puis Linda Ronstadt je voyais Hollywood du côté de Los Angeles. J'étais prête pour Le road movie. Las, le Hollywood que j'ai découvert est à quelques encâblures de Washington. Ce jour-là, nous allions chez un vendeur de meubles. C'est nettement moins glamour.
Crabe, fer à cheval...

Crabe, fer à cheval...

© Paula
Ils chantaient aussi la baie de Delaware. Nous l'avons effleurée quelques jours, préférant la côte ouest de la Virginie, un peu plus au Sud, là où s'arrête l'énorme presqu'île de la Baie de Chesapeake, près de la réserve de Chincoteague. Que de jolis noms aux consonances indiennes ! A défaut de « Native people », nous avons vu des poneys sauvages, découvert un étrange crabe - le crabe fer à cheval - et marché sur des kilomètres de plage. Propre, la plage ! J'ai hésité à me mettre pieds nus jusqu'au moment où j'ai réalisé que je n'étais pas sur une plage pourrie du Golfe de Guinée.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur vos droits...

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur vos droits...

© Paula
Délaissant l'océan, nous avons folâtré à bicyclette dans une campagne entre mer et marais. Le site est idéal pour le kayak, bien moins pour les balades en vélo car la plupart des routes secondaires finissent en cul-de-sac. Des bois alternent avec de grands champs, la région semble avoir une histoire agricole : des panneaux, présentant les droits sociaux en anglais et espagnol, jouxtent les terrains; de nombreux baraquements évoquent une main d'œuvre saisonnière. Mais beaucoup trop de champs sont en jachère, et surtout, un grand nombre de maisons sont délabrées et même abandonnées, pourrissant sur pied. C'est sinistre, même sous l'éclatant soleil d'avril. Et je suis surprise, plus habituée à voir des personnes, en mal de logis, s'entasser dans des taudis, que des maisons, grandes et petites, « ownerless ». Questionnée sur ces habitations en mal d'occupants, notre logeuse nous répondit laconiquement, « l'économie est difficile, ici ».
Adopt a road © Paula
Autre bizarrerie, les Américains adoptent des routes. J'ai beau comprendre le concept, je reste dubitative sur le pourquoi du comment.
nomad's 23 © Paula
Je dois trop afficher mes doutes lorsque je passe la Police des frontières. J'ai, pour la seconde fois, été testée à l'explosif lors de mon trajet Paris Washington. La première fois – il y a 6 ans, ma carte d'embarquement comportait un SSS, imprimé de façon aléatoire, une sorte de ticket gagnant pour une fouille complète des sacs: une dame très souriante vous passe un détecteur de poudre sur les mains, les chaussures (non, pas dans le nez !). Cette fois-ci, ma carte était exempte des trois lettres fatidiques – je vérifie toujours – mais j'ai tout de même eu le droit à la scène digne des « Experts ».
Heureusement, ce jour-là, je ne m'étais pas entraînée avec ma kalachnikov, donc pas de poudre.
 
Tout Nomad's land.


La page facebook de Des Mots de Minuit. Abonnez-vous pour être alerté de toutes les nouvelles publications.

@desmotsdeminuit