Marco & Paula : Carnets d'ailleurs #29 : Paula dans les canyons de New York, la chanson aux lèvres

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/07/2015 à 13H52, publié le 27/07/2015 à 12H03
Manhattan, vu du ferry...

Manhattan, vu du ferry...

© Paula

Paula part rejoindre Marco toujours en rade sur la côte Est des USA. Les aléas d'un vol moins cher l'amènent à New-York, aussi décide-t-elle d'y rester deux jours, avant de rejoindre leur retraite en Virginie.

« Dès l'aérogare, j'ai senti le choc
Un souffle barbare. Un remous hard rock.
Dès l'aérogare. J'ai changé d'époque. »*
(Nougaro)
 
Ah oui ? vraiment ? Débarquée en pleine nuit, azimutée par le jet-lag, je me suis retrouvée au milieu d'un retour de pèlerinage, entourée de messieurs juifs orthodoxes tout en noir, coiffés de leur chapeau et ornés de leurs papillotes. Ce n'était pas vraiment hard rock ou j'ai manqué un épisode.
Brooklyn, métro aérien...

Brooklyn, métro aérien...

© Paula
Au réveil, dans Brooklyn, je me suis dis : " là, je suis à New-York!" Un quartier résidentiel, le métro aérien, des maisons bourgeoises côtoyant des immeubles bas quelque peu délabrés, d'énormes graffitis plus ou moins abscons sur les murs ou parfois les voitures et un café branché où chaque habitué, plutôt jeune, en mode cool, connecté via son écran, accepte de boire un café franchement quelconque en écoutant une musique prétendûment relaxante. Nous lisions nos journaux; c'est si bon de se sentir différents.
 
La traversée de l'Hudson River en ferry est une jolie façon d'aborder Manhattan, saluer la grande Dame Liberté, s'emmêler les yeux dans les grues du port. C'est gratuit, plein de touristes mais aussi de travailleurs en transit entre les deux berges. Nous avons folâtré dans Wall Street pour que je fasse le plein de clichés et de grogneries contre ces vilains capitalistes. You see what I mean?** (Higelin)
 
Comme la ville est bien plus grande que les cartes me le laissent accroire – j'ai un constant problème d'échelle lorsque je suis aux USA – nous replongeons dans le métro pour rejoindre  Grand Central Station, « cathédrale ferroviaire de Manhattan ». Chapeau bas ! Le bâtiment est impressionnant dans ses proportions et sa décoration avec son vaste plafond étoilé, ses escaliers en volutes, ses marbres, ses luminaire Beaux-arts, son ambiance sonore feutrée malgré toute l'activité. Devant les guichets, je m'évade dans un pot pourri cinéphile. Mais aujourd'hui, qui voyage en train aux USA ? Ici, ce sont principalement les banlieusards. Je veux la même, Gare du Nord.
Du côté de la 5ème avenue...

Du côté de la 5ème avenue...

© Paula
De la gare à la 27ème rue, via la 5ème avenue et Central Park : tout de suite, jongler avec les numéro de rues vous pose comme une vieille habituée. Je ne me leurre pas. En déambulant le nez en l'air plutôt que scotchée par les devantures des très sélectes enseignes de la 5ème, façon Audrey Hepburn au petit matin,  je fais touriste. Et j'ai vite mal à la nuque :
« Je n'avais rien vu d'au
Je n'avais rien vu d'aussi haut
Oh! C'est haut, c'est haut New York
New York U. S. A. »***
(Gainsbourg)
 
L'heure tourne, nous choisissons de poursuivre notre route en city-bike.  Trop sur l'œil dans la crainte des voitures – obstinée sur ma conviction que les New-yorkais n'ont jamais vu de vélos, je loupe complètement Time Square que nous traversons. Je ne sais toujours pas à quoi ressemble ce quartier : des écrans lumineux ?
Dans les galeries de Chelsea... 

Dans les galeries de Chelsea... 

© Paula

Nous rejoignons deux amis pour une visite de quelques-unes des nombreuses galeries de Chelsea: un bon endroit pour boire du mauvais vin blanc en regardant les œuvres des artistes montants dont certains partent de très, très bas mais d'autres sont certainement aussi, voire plus, intéressants que ceux vus le lendemain au MOMA PS1 (l'annexe du MOMA, dans Brooklyn, consacré aux jeunes talents et à l'art expérimental). Un coup d'œil estimatif de la moyenne d'âge du public me procure un bon indicateur du talent – ou de la côte – de l' artiste ou du collectif exposé. C'est gai, un peu étourdissant car ces galeries sont souvent dans des immeubles similaires, entièrement dévolus aux artistes ; on rentre par une rue, ressort dans une autre. Emprunter la Hight Line – une coulée verte aérienne, est rafraichissant. Le lendemain, nous irons, le temps d'un pique-nique, jouer aux écureuils de Central Park*.

 
*          Nougayork, Claude Nougaro
**         Paris New-York/New York-Paris, Jacques Higelin
***       J'ai vu New-York, New-York USA, Serge Gainsbourg

Tout Nomad's land.


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