Les Carnets d'ailleurs de Marco & Paula #99: "iPod" sur le retour

Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 15/02/2017 à 09H10, publié le 08/02/2017 à 15H18

Cette semaine, Marco se sentait encore moins que d’habitude d’écrire sa rubrique. Donc, il s’évade sur des prétextes futiles, comme mettre à jour sa machine à musique.

Nous sommes lundi soir et, comme toutes les autres semaines, je traîne autant que je peux pour ne pas m’asseoir, l’ordi sur les genoux, et écrire ma rubrique bimensuelle (j’ai failli écrire bi-hebdomadaire, mais j’ai vérifié). Les autres semaines, c’est Paula qui s’y colle – ah, ça y est, j’ai laissé le chat s’échapper du sac, comme on dit aux Amériques – et éventé (ou éventré?) notre petit secret. Certains se demandaient de combien de personnes "Marco et Paula" étaient le nom de plume et qui écrivait quoi. Clairement, je  ne suis pas encore assez "schizophrène" pour être Marco et Paula tout à la fois. Paula, c’est…elle, et Marco, c’est… moi.
 
Pour me distraire, je bricole avec l’"iPod" qui refuse de se laisser lire par le "home cinéma" dont Paula et moi avons "hérité" par la générosité d’un ami parti y voir ailleurs. Depuis le matin je fais de brèves incursions à dos de Google pour trouver une explication à cette incompatibilité, de petites razzia entre deux rapports ou deux emails. Pour l’instant, zéro. Et ce soir, au lieu de frapper ma rubrique à petites touches, je repars me glisser dans les moteurs de recherche avec la furtivité d’un voleur de temps. Comme à cette époque quand, pour me détendre entre deux ou trois crises de frustration avec des bureaucraties inertes, j’allais mettre les doigts dans une vraie machine, une "Yamaha Ténéré 600" qui n’avait plus henni depuis longtemps. Huile, cambouis, petites plaies diverses, les fesses qui se gèlent, ça me calmait bien.
 
Mais revenons à l’"iPod". La situation est critique. Ce bête morceau de métal contient la plus grande partie de mon univers musical: au dernier compte, il y avait neuf jours de musique ininterrompue logée dans la bête. Quant on vogue d’un ciel à l’autre, on ne peut pas traîner derrière soi une cantine de CD ou de DVD. Donc, l’iPod, c’est le petit machin magique qui un jour m’a permis d’emporter sur les routes quelques décennies de nostalgies musicales. Et à cause de ce petit machin, un jour je suis tombé aux pieds de Paula, et ce fut vite une toute autre musique. Cela s’est passé en Côte d’Ivoire et malheureusement, j’ai déjà raconté tout ça dans la rubrique numéro huit que la rédaction vous recommande, ce que Paula vient sadiquement de me rappeler.
 
Cela fait des années que je n’ai plus écouté "ma" musique qu’avec des bouche-oreilles, et la perspective de retrouver les grands espaces sonores m’enchantait. Las, ce dimanche, le "home cinéma" n’a pas voulu laisser mon "iPod" jouer, et c’est pourquoi depuis ce matin je pêche sur l’internet. Je pensais que peut-être, en mettant l’"iOS" à jour (ça, c’est de l’anglais du pommier), ces deux-là s’accommoderaient. Nenni. Ça, me direz-vous, c’est la techno vue par un sexagénaire, ce qui doit faire sourire ma mère, nonagénaire qui passe ses journées à surfer sur l’internet. Quant à ma fille ou mon neveu, je suis certain qu’ils ricanent…
 
L’"iPod" en question est celui-là même qui, "depuis depuis" comme on dit ici, me fit croquer la pomme et Paula. Évidemment, comme moi, il a vieilli et glisse vers l’obsolescence. C’est un modèle de troisième génération (les machines ont des générations chiffrées, et les humains des générations lettrées de X à Z – pourquoi?) et il m’a été fidèle. Alors, faut-il que je me résolve et aille caser ma cantine de CD dans une génération 6? Mais j’anticipe et appréhende le regard courroucé de Paula, qui a de fortes convictions luddites et tient à épuiser les machines jusqu’à leur dernier sursaut.
 
Alors, que faire?
Bon, finalement, j’en suis venu à bout, de cette rubrique.
Nomad's 99 2
Lu dans la presse locale. L’histoire d’un chef de village jugé par un tribunal de l’État pour une histoire de sorcellerie. Il y a quelques semaines, sa nièce tombe malade et meurt après trois jours. Rien que de très banal dans un village de la brousse. Mais, à son enterrement, quelques bougres entrent en transe et accusent le chef d’avoir tué sa nièce. Celui-ci nie, avec véhémence. Des autorités organisent une confrontation; un devin est consulté, qui confirme les accusations. Le chef est aujourd’hui devant le tribunal de l’État, accusé de meurtre, avec comme preuve les assertions du devin.
 
C’est divin, non ?
 
Tout Nomad's land.


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