Les Carnets d'ailleurs de Marco et Paula #57: en trottinant sur le monde globe!

Par @Culturebox
Mis à jour le 23/03/2016 à 16H36, publié le 23/03/2016 à 12H00
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Marco est reparti à la chasse aux contrats, celui qu'il avait en venant à Kin s'étant effiloché plus vite qu'anticipé. Mais quand on part à la chasse aux contrats, on rapporte parfois de drôles de trouvailles dans sa gibecière.

Le nomadisme, finalement, c'est un bogue dans la tête. C'est ce que j'ai réalisé récemment après avoir observé
-post-hoc comme on dit quand il s'agit de confondre cause et effet- mes circonvolutions sur la toile. L'autre jour, je me trouvais sur l'un des sites d'annonces d'emplois dans le développement international que je fréquente, un peu comme je fréquenterais le bistrot du coin, pour glaner les potins et les ragots tout en jouant à la loterie des contrats de consultance. J'y dénichai une annonce pour un poste de chercheur sur les questions de conflit en Afrique – et justement, c'est de cette misère-là, entre autres, que je vis. Donc, j'étais content. “
 
Avant de répondre à l'annonce, je farfouillai ici et là, pour en savoir un peu plus sur cette organisation  -mais pas trop, il y a d'autres annonces qui attendent – et ajuster vite fait à la demande le marketing de mes ineffables qualités. Dans une page annexe à celle qui me concernait, où donc je n'avais pas vraiment raison de traîner si je voulais être efficient et dynamique, mais où donc je me trouvais en raison de mes penchants au nomadisme et à la dérive "sérendipitive". (Monsieur le rédacteur en chef, pardonnez, je sais que c'est un mot qui n'existe pas, dérivé d'un autre mot, sérendipité, dont personne n'a entendu parler, mais c'est pour ça que je suis nomade – enfin, vous pouvez aller voir de quoi il retourne ou détourne ici:

Je tombai sur une perle.)

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Étudiant, c'était un art que je pratiquais avec délices; dans les universités américaines on a accès aux rayons de la bibliothèque, et je passais une bonne partie de mon temps à regarder les livres qui se trouvaient avant, après, au dessus ou en dessous du livre que je devais consulter. J'ai ainsi fait quelques belles petites découvertes, qui m'ont emmené sur des chemins sur lesquels personne ne songeait à m'envoyer. J'ai passé ainsi peut-être plus de temps que je n'aurais dû dans les allées de ces temples, et ça a dû entraîner mon système directionnel vers une déréliction grave.
 
Donc, reprenons le fil où je l'ai laissé traîner, du coté du rayon "épistémologie". Dans cette page annexe du site de l'organisation, il était question des opportunités de la "Blue Economy" pour l'Afrique. Je n'avais jamais entendu parler de cette économie bleue -c'est fou d'ailleurs la quantité d'idées et de concepts dont on n'a jamais entendu parler et sur lesquels on tombe -par sérendipité- sur le rayon au dessus du livre que... Je m'imaginais que ça devait avoir à voir avec l'économie du transport. Je grimpais donc sur mon chameau, et hop -je googlisais "Blue Economy" et tombais sur ce site (enfin, c'était plutôt une chute au ralenti, à la vitesse à laquelle l'internet ici ouvre les pages) dont j'envoyais aussitôt le lien à ma fille, dans le cadre des mes efforts paternels pour l'initier à la pratique magique de la sérendipité.
 
Le site est en anglais (dur d'être un nomade francophone, ces jours-ci), mais il y a une version française du livre lié au site: "L'économie bleue: 10 ans, 100 innovations, 100 millions d'emplois". Et ce que dit ce livre peut être ramassé succinctement en une formule lapidaire:

"L'Economie Bleue" ne recycle pas, elle régénère.

Et voilà, il suffisait de le dire. Pour les initiés, j'ajoute que c'est une notion qui circule dans la sphère du Club de Rome et de son rapport sur les limites de la croissance (vous savez, le complot environnementaliste!)
 
Mais l'affaire ne s'arrête pas là; nomade un peu, nomade toujours. Le site de l'économie bleue m'emmena sur le site de ZERI -acronyme de "Zero Emission Research Initiative", dont j'ignorais également tout, mais qui semblait présenter des perspectives de dérives enchantantes. Puis j'allais me coucher à la belle étoile, car les nomades aussi doivent dormir quand leurs rêves flottent dans le vent.
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Le lendemain, trouvant une page de mon explorateur ouverte sur ZERI, je partis à la découverte de cette caverne d'Ali Baba -sous prétexte, bien entendu, qu'il y avait peut-être cachée là une piste qui m'emmènerait vers d'autres annonces aguichantes. Ici, je tombai sur un projet insensé, en cours depuis plus de 30 ans dans une savane perdue de la Colombie: Las Gaviotas, huit mille hectares de savane inculte (tout comme moi) transformés en forêt tropicale. Quelque chose, disaient les braves gens, qui ne pouvait pas être fait. Et l'investissement initial a fait la culbute trente cinq fois -une affaire plus rentable que Microsoft sur la même période. Et un investissement durable.
Paolo Lugari Fondateur du projet Gaviotas.

Paolo Lugari Fondateur du projet Gaviotas.

Je flottais donc maintenant dans mon économie bleue. Je n'avais toujours pas trouvé d'annonce magique, mais j'avais trouvé ce que cherche tout nomade, un rêve à suivre. 
Me demandant tout de même si je me promenais dans la fiction ou la réalité, je partais sur la piste du gaillard Gunter Pauli, auteur de ce concept d'économie bleue et complice de Paolo Lugari dans l'affaire Las Gaviotas. Quelques présentations vidéo plus tard -je vous recommande en particulier celle-ci- j'étais devenu un adepte de Pauli et allais donc traîner sur son site. Et là, que découvris-je?  ZERI est installé à Cape Town, en Afrique du Sud. Tout comme l'organisation sur le site de laquelle j'avais découvert l'économie bleue. Tout s'expliquait, c'était une affaire de voisin, comme bien des choses dans notre monde globe. 
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