RECIT. Gérer l’espace oui, mais si nous n’avions plus rien à lire?

Par @Culturebox
Mis à jour le 23/10/2015 à 17H44, publié le 27/04/2015 à 18H02
Sakespeare#2 illustration © SNB

Dans la série "soyons prêts à tout" il n’y a pas que le corps qui compte, même s’il se doit d’être dans une forme olympique, l’esprit ne sera pas en reste. Et pour entretenir nos pauvres neurones, il faut des livres. Des tas de livres. Des tonnes de livres. Et pas uniquement le manuel des Glénans. Mais voilà. Il y a un mais. On en revient toujours au même problème: la place.

Captain Christine a été ferme, un livre par personne et les ouvrages techniques dans la bibliothèque du carré entre "Du bon usage du dessalinisateur", "Le radar, sa vie, son œuvre", "Panneau solaire, mon ami". Bon, le "Théorique ULM" (c’est que j’ai un diplôme à passer en rentrant si je veux être pilote de drone officiel), c’est fait, il rejoindra les techniques. Maintenant, nous avons chacun un espace donné, à nous de le gérer.
C’est là qu’on entre de plain-pied dans La liste de mes envies… Littéraires. L’air de rien, c’est un vrai casse tête, sachant que j’ai une angoisse, une vraie, paralysante: et si je n’avais plus rien à lire ? Depuis très exactement trente-six ans, je n’ai jamais éteint ma lampe de chevet sans lire au minimum une page. C’est une règle de vie.
Donc, que choisir, qu’acheter, que mettre de côté ? Méthode et organisation sont les maître-mots. 
Les livres se classent en trois catégories: les Incontournables, les Indispensables, les Nécessaires. Ensuite, cela devient très personnel. 
Le voyageur a un ami fidèle: la liseuse ou la tablette. On n’y trouve pas le même plaisir que dans le papier, on a besoin d’énergie pour recharger et le coup de la panne peut rendre agressif. Mais il permet d’emporter bien au chaud des centaines d’ouvrages. 
Pour les livres papier car ce sont eux qui pourraient poser problème, c’est décidé il y en aura deux: Marguerite Yourcenar dans la Pléiade, "Les œuvres romanesques", facile je n’en ai qu’un dans cette collection et Patrick O’Brian "Les aventures de Jack Aubrey" tome 1. Les deals ont commencé, Pascal prendra le tome 2. Des choix plus aux antipodes, difficile à imaginer.
Est-ce le type, le temps ou le lieu du voyage qui influe sur le choix ? Autrement dit, récits de marins ou classiques de philo? Polars ou littérature?
Sous-dossier: quid des grands classiques? J’entends déjà une flopée d’avis. "Victor Hugo bien sûr! Mais tu n’y penses pas, Zola assurément". Balzac, Nietzsche, Kant, Flaubert… Bon, on se calme. Sur le mois que nous passerons aux Chagos, nous allons vivre un luxe suprême, celui d’avoir le temps et l’humeur vagabonde. Désolée pour les puristes, Balzac, ce sera non. Par respect pour notre thésarde, j’ai téléchargé Marcel Proust. Il va donc falloir concilier envie et temps. Soyons honnête, ce n’est pas gagné. Mais promis, je vais essayer.
Les gratuits, donc entrés dans le domaine public, sont là pour rafraîchir la mémoire des lectures très très anciennes, mais également pour des raisons économiques. Calcul de tête rapide: 500 livres à une moyenne de 10 euros ? Vous l’avez? Nous partons sur nos propres deniers. CQFD.
Descartes, Homère, Wilde, Gogol, Rousseau, Loti, Kant et Kafka, seront donc du voyage, tout comme Jules Verne, Conan Doyle et Gaston Leroux. 
Côté achats, Antoine Bello, l’homme à la fabuleuse imagination qui nous a conquis avec "Les éclaireurs" et "Les falsificateurs" vient de sortir le tome 3 "Les producteurs" et a écrit entre temps "Roman américain". Délectation assurée. Du polar nordique aussi, sous les tropiques cela fait baisser la température ambiante, j’ai un faible pour Olivier Truc, son "Dernier Lapon" m’a donné envie de partir avec "Le détroit du loup", Indridason et Mankell complètent la panoplie. Une histoire de naufrage et ses conséquences avec François Garde et son "Ce qu’il advint du Sauvage blanc". Saint-Ex, Hemingway, Orwell (oui relire 1984 aujourd’hui sera du plus grand intérêt), Marc Dugain, Pierre Lemaitre, Laurent Seksik, Lœvenbruck
Choisir des livres n’a rien d’anodin. Le temps de lecture est un plaisir solitaire, pour nous qui vivrons l’exiguïté du bord. Il permet de s’isoler. De changer d’univers, même si nous avons tous choisi d’être là. Tiens! je mettrais bien quelques geeks à bord, juste pour leur montrer à quoi ressemble la vie quotidienne sans internet, mais avec des livres, un Scrabble, des échecs et… les chansons de marins bretons! 
Allez, encore un peu de patience.

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