Le vénézuélien Lorenzo Vigas: de père en fils, l'autodéfense de toucher.

Philippe Lefait
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 28/04/2016 à 21H02, publié le 03/10/2015 à 21H50

Des jeux de profondeurs de champ qui disent la dissociation de l'individu, une conflictualité issue de la lutte des classes autant que de l'impossibilité des corps ou du rapport aux géniteurs. Ce premier film essaye de cerner la rencontre de deux hommes de génération et de milieux différents, un quinquagénaire et un jeune adulte. De l'attirance à la fascination. Du sexe au bannissement.

En compétition au festival de Biarritz, Lorenzo Vigas a remporté le Lion d’Or du meilleur film à la Mostra de Venise en septembre.

Desde allà

Armando, prothésiste dentaire racole dans les quartiers pauvres de Caracas de jeunes hommes qu'il paye pour se denuder devant lui. Sans plus, terrifié qu'il semble être, dans sa rigidité, par le contact physique. Masturbation et répulsion apparemment originées dans la détestation d'un père. On n'en saura jamais plus.
Elder a tout de la petite frappe, brutal, avide de liquide mais imperméable au jeu de son aîné engoncé dans son appartement bourgeois.
La rencontre jouera finalement toutes les couleurs de son arc en ciel, de la violence à la quasi mise en ménage, jusqu'au point de non-retour. Le jeu des deux acteurs est excellent qui gomme les quelques pesanteurs de la réalisation (bande-son, effets de réel, stéréotypie sociale).
Au coeur de leur mécanique "hainamoureuse", l'un ne saura jamais se rassembler ou tuer le père. L'autre, dans sa métamorphose (homosexualité, besoin filial) ne sera jamais accueilli par l'adulte bloqué qui l'a débauché et qui refuse la fougue du petit caïd qui a commencé par le tabasser. La trahison achève de détruire leur joute pulsionnelle. Vigas dit pourtant ne pas questionner les méandres de l'inconscient...               

Alfredo castro (Armando) et Luis Silva (Elder)

Alfredo castro (Armando) et Luis Silva (Elder)

Luis Silva (Elder) remporte le Prix d'interprétation masculine au 24ème festival de Biarritz (2015). Le palmarès complet ici.
Lorenzo Vigas Biarritz 2 © Benjamin Hoffman
Lorenzo Vigas est le fils du peintre Osvaldo Vigas, décédé en 2014. Celui-ci a fait don de quelques-unes de ses oeuvres à un musée d'AngersLe Cercle de minuit  l'avait reçu en 1993.



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