L'argentin Alfredo Arias, président du "25ème festival biarritz amérique latine": avoir la mère sous le chapeau

Philippe Lefait
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 08/10/2016 à 15H35, publié le 30/09/2016 à 14H59

Il habite Paris, a l'assise sage et droite d'un monsieur que le chapeau et les lunettes protégeraient de trop de contemporain. Mais, rassurons-nous, la pitrerie et l'absurde, deux arts exigeants, vont toujours bien à celui qui lança un jour la revue "Mortadella" ou qui vient de créer une "comédie patissière". Une façon toute personnelle de toujours mitonner la nécessaire redistribution sociale

Alfredo Arias est né à Buenos Aires. Il habite Paris. 
Il est le président du jury longs métrages de la 25 ème édition du "festival biarritz amérique latine". Nous le retrouvons toujours avec plaisir. Il se décline dans ce mot à mot. Ainsi donc de communiste, d'homosexualité ou de mère...
Arias Biarritz 3 © Pascal Bouvier

"Sa toute première création théâtrale est Dracula, réduction vertigineuse du roman de Bran Stocker et joué à la manière d'une bande dessinée. Suivent Aventuraset Futura écrites et mises en scène par lui-même, où il aborde le conte d’initiation et l’essai futuriste.
En 1968, il quitte l'Argentine pour Caracas, New York et Paris.
Copi : Sa première création à Paris au Théâtre de l’Epée de Bois est Eva Perón de Copi ; Alfredo Arias conservera toujours un lien avec l’écriture poétique et unique de son ami et montera La Femme assise, Loretta Strong, Les Escaliers du Sacré Cœur, Le Frigo et Cachafaz.

Un Théâtre personnel: Alfredo Arias a composé un monde théâtral propre, avec une invention et un imaginaire baroque qui conserve toute la puissance de l’émerveillement de l’enfance, notamment L’Histoire du Théâtre, Comédie policière, Luxe, Vingt quatre heures, Notes, Vierge, L'Etoile du Nord.

Théâtre des Masques: Découvrant le travail du dessinateur du 19eme siècle Grandville, Alfredo Arias va ouvrir la porte d'un théâtre du merveilleux où règnent des animaux aux corps humains, et qui se prolonge dans un monde fantastique : Peines de cœur d'une chatte anglaise, Peines de cœur d'une chatte française, Le Jeu de l’amour et du hasard, L’Oiseau bleu.

Théâtre biographique: Avec Trio, pièce qui raconte la vie claustrée de ses tantes paternelles, Alfredo Arias commence un nouveau volet de son travail. C’est ainsi qu’il va explorer son enfance, et plus tard ses retrouvailles avec son pays natal. Ces spectacles sont Mortadela, Faust Argentin, Mambo Mistico et Famille d’artistes (musique originale d'Astor Piazzolla).

Auteurs et répertoire : Son passage comme directeur du Centre Dramatique National d’Aubervilliers va lui permettre de faire une halte dans son travail de création et ainsi pouvoir visiter des textes fondamentaux par leur puissance dramatique : La Bête dans la jungle d'Henry James dans l’adaptation de Marguerite Duras, Les Jumeaux Vénitiens, La Locandiera, L'Eventail de Carlo Goldoni, La Tempête de William Shakespeare (Festival d'Avignon), La Ronde d'Arthur Schnitzler (Comédie Francaise), La Dame de chez Maxim’s de Georges Feydeau, Les Bonnes de Jean Genet (Athénée Théâtre Louis-Jouvet), Kavafis sur l’œuvre du poète grec d'Alexandrie, Les Oiseaux d'Aristophane (Comédie Française), Truismes d'après le roman de Marie Darrieussecq (Théâtre du Rond Point).

Théâtre Argentin: Alfredo Arias nous fait découvrir deux écrivains, deux femmes argentines qui chacune à leur manière ont su illustrer la société de leur pays (Nini Marshall, célèbre comique des années 50, et Silvina Ocampo, grand écrivain compagne d'Adolfo Bioy Casarès et complice de Jorge Luis Borges) à travers deux spectacles: Niniet La Pluie de feu.

Arias 4 © Serge Cohen

Complicités : Alfredo Arias entretient une longue collaboration avec René de Ceccatty et Chantal Thomas. De René de Ceccatty, il a monté son adaptation de La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas Fils et celle de La Femme et le pantin de Pierre Louÿs, ainsi que des scènes d’Aimer sa mère et Mère et fils. Chantal Thomas a écrit pour Alfredo Arias Le Palais de la reine et adapté son récit L’Ile flottante.

Opéra: Alfredo Arias a pu traduire son univers dans celui de l’opéra, notamment avec La Veuve joyeuse au Théâtre du Châtelet, Les Mamelles de Tirésias au Festival de Spolète,Les Contes d'Hoffmann à l’Opéra de Genève, au Théâtre du Châtelet et à la Scala de Milan, Les Indes galantes et The Rake' s Progress au Festival d'Aix en Provence,Carmen à l’Opéra Bastille, La Corte de Faraon au Teatro de la Zarzuela de Madrid, Le Songe d'une nuit d'été au Teatro Regio de Turin. Au Teatro Colon de Buenos Aires, il a monté The Rake’s progress, Bomarzo et Mort à Venise.

Music hall: pour les Folies Bergère, Alfredo Arias a imaginé Fous des Folies. Et pour le Théâtre du Rond Point, Divino Amore.

Comédie musicale : Sur une partition de Nicolas Piovani, compositeur de Federico Fellini, entre autres pour Ginger et Fred, Alfredo Arias a créé Concha Bonita. Deux récentes collaborations, l’une avec Axel Krygier lui a inspiré la création de trois pièces musicales Trois Tangos, l’autre avec Diego Vila a donné naissance au spectacleTatouage et au Cabaret Brecht Tango Broadway.

Cinéma : Fuegos est son premier film, suivi du téléfilm Bella vista adapté de la nouvelle de Colette.

Livres : Alfredo Arias a publié Folies Fantômes, recueil de projets, certains inachevés, entremêlés de souvenirs ainsi qu'un livre d’entretiens guidés par Hervé Pons L’écriture retrouvée. Un grand nombre de ses pièces est publié aux éditions Actes Sud-Papiers...."
© Site Alfredo Arias/TSE

"Comédie patissière"

"Comédie patissière"

© Fred Goudon

"L’enfance d’Alfredo Arias en Argentine coïncide avec le premier mandat présidentiel de Juan Peron, élu en 1946, figure autocrate à la tête d’un mouvement populiste…
C’est dans cette patrie péroniste que s’était établie une patrie pétroniste, du nom d’une célèbre cuisinière, Dona Patrona de Gandulfo : personne ne manquait l’émission culte et kitsch qu’elle animait à la télévision et où elle confectionnait, en direct, ses extravagantes créations.
La célèbre pâtissière dialogue ici avec un certain Al, double de l’auteur – interprété par Alfredo Arias lui-même – qui évoque les conflits de son enfance entre une mère intrusive et un père indifférent.

Portrait de l’Argentine des années 50, guidé par la vision utopique d’une pâtissière qui voulait transformer la misère des classes modestes en un éclatant luxe pâtissier."



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