Atiq Rahimi... Un chapeau, un exil, deux langues et quelques cendres pour un président de jury.

Rémy Roche
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 24/11/2015 à 16H02, publié le 04/10/2014 à 23H02
Atiq seul © Jag

Desmotsdeminuit, une suite... est à Biarritz pour le "23e festival biarritz amérique latine, cinémas & cultures" pour rencontrer, écouter et voir quelques-uns de celles et ceux qui disent l'autre Amérique et son arbre de vie. Le mot à mot de Atiq Rahimi, l'écrivain est le président du jury de Biarritz dont voici le palmarès...

...  Retour à Ithaque de Laurent Cantet , Abrazo du meilleur long métrage 23e festival biarritz amérique latine, cinémas et cultures... Le palmarès...

Atiq Rahimi.
Né à Kaboul en 1962, portant chapeau dès 11 ans, il quitte son pays, envahi par les Soviétiques, à 22 ans. Sur la route, le réfuge au Paksitan puis la France. Il aime les mots. Paul Otchakowski Laurens le lui dit et le publie (P.O.L): Terre et cendres en 2000 (une fable sur la force du verbe face à la barbarie), Les Mille Maisons du rêve et de la terreur en 2002, Le Retour imaginaire en 2005 ; trois romans écrits en persan. En 2007, Atiq Rahimi écrit en français Syngué sabour, pierre de patience et obtient le Goncourt. Dans cette langue de l'exil viendra ensuite Maudit soit Dostoïevski, en 2011. 
Etudiant-Cinéaste avant d'être romancier, Rahimi signe en 2004 sa première fiction, Terre et cendres d’après son roman éponyme. Le film présenté au festival de Cannes en 2004 y a obtient le prix Regard vers l’avenir. En 2012, en collaboration avec Jean-Claude Carrière, il adapte son roman Syngué sabour. Sa caméra s'attacle aujourd'hui à saisir l'exil...

"Grand-père, les Soviétiques sont-ils venus prendre les voix de tout le monde? Que font-ils de toutes ces voix?"
©AR

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Né à Kaboul en 1962, Atiq Rahimi quitte l'Afghanistan pour le Pakistan à l'âge de 22 ans puis demande l'asile politique en France où il passe un doctorat de communication à la Sorbonne. Il est l'auteur de deux romans, Terre et cendres (qu'il a lui-même transposé au cinéma en 2005) et Les mille maisons du rêve et de la terreur.

Terre et cendres, le premier roman d'Atiq Rahimi, est une mise en échec de la barbarie par la seule force du verbe. Près d'une rivière asséchée, au bord d'une route, un vieillard fané par le soleil et la poussière attend. Il attend que passe une voiture qui pourrait l'emmener de l'autre côté de la vallée, à la mine où travaille son fils. Les heures défilent. Auprès du vieillard, un enfant joue. C'est son petit-fils, devenu sourd depuis que les Soviétiques ont bombardé le village. Et il joue, cet enfant qui ne comprend pas pourquoi ceux qui l'entourent ont perdu leur voix, il joue dans les ronces et les rocailles sous le soleil écrasant d'une matinée d'automne. "Grand-père, les Russes sont-ils venus prendre les voix de tout le monde? Que font-ils de toutes ces voix?" Le vieillard songe. Il revoit les bombes sur le village, les cris des siens lorsque les flammes les ont avalés, sa femme et sa bru déchiquetées, ses voisins massacrés. C'est cette horreur qu'il vient annoncer à son fils. Mais comment dire l'indicible? Atiq Rahimi a trouvé un ton, un phrasé, qui laissent le lecteur pétrifié. Le tutoiement qu'il utilise tout au long de l'histoire est la voix de la conscience et fait de ce court roman un livre majeur. 


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