Émission 544: "L'histoire d'une mère" avec Lou Lesage et "1977 année électrique" de Jean-Marie Durand

Des mots de minuit
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 17/02/2017 à 17H30, publié le 16/02/2017 à 18H00

À l'un, journaliste et essayiste la possibilité de dater le début de son inquiétude, le carbone 14 d'un gamin parisien de 11 ans. À son tropisme musical, nous devons par ailleurs l'invention du titre d'un magazine ("Les Inrockuptibles"). À l'autre, chanteuse et actrice née en 1991, et donc d'une toute autre génération, une manière distante d'habiter son époque... Un peu mais pas trop...

... comme cette jeune mère qu'elle incarne aujourd'hui dans le film de Sandrine Veysset inspiré d'un conte d'Andersen datant de 1848. 
Elle a de qui tenir. Elle a, dit sa biographie grandi au milieu des disques de "papa". Pierre qui forme avec Gil, sa mère le groupe Ultra Orange . "Bosser avec mon père, c'est grandiose!" dit-elle quand il s'agit de situer le bain formateur d'une enfant de la balle. C'est sous son lit (LOL!) qu'elle a trouvé le titre de son premier album ("Under my bed") qui se la joue rock et rétro. Au cinéma, les débuts se font à 18 ans dans le film à succès LOL signé par Lisa Azuelos avant My little princess d'Eva Ionesco ou Elle l'adore de Jeanne Herry.
Aujourd'hui, sur le plateau Des mots de minuit, une jeune femme curieuse et attentive... 
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"L'histoire d'une mère"scénario: "Neige, 20 ans, vit sous la coupe de sa grand-mère Héloïse, avec son fils Louis mutique, dans une ferme au milieu de nulle part. Entre Neige et Héloïse, une Absente, mère de l’une, fille de l’autre, véritable trou noir où s’engouffrent désirs, fantasmes et peurs diverses. 
Des peurs, Neige en a, quand perdue dans un rêve affolant, elle part à la recherche de la Mort qui a emporté son enfant. En contrepoint, Neige cultive un amour fusionnel avec son fils Louis, fruit d’un passé trouble avec les Bénarieux, famille de riches propriétaires qui s’apprêtent à marier leur fils unique. 
Quand Neige s’invite à la noce comme une princesse au bal... Elle est loin d’imaginer qu’Héloïse l’attend, inquiétante et bouleversée."

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Jean-Marie Durand, qui écrit sur l'art et le débat d'idées dans les colonnes de notre confrère Les Inrocks, est  parti d'une apparence de rien pour signer un essai  épatant sur une année électrique qui va faire passer une génération (il a 11 ans en 1977) du caramel tranquille des Trente Glorieuses au bonbon acidulé qui appelle l'inquiétude et installe la crise comme système de pensée. Rien effectivement qui ferait évidemment de cette année-là une charnière. Mais il réussit à trouver quelques-unes des occurrences uniques de cette année disruptive, du "God Save the Queen / The fascist regime" des Sex Pistols à la mort de Charlie Chaplin. Charlot qui "incarne encore aujourd'hui la figure de ces "vies minuscules", de ces précaires et sans voix qui refusent de disparaître". Ces événements sont autant de marqueurs qui lui permettent d'explorer les différents champs (musical, technique et technologique, politique, économique, philosophique, social) où est irrémédiablement (quoique) engloutie la tranquillité intranquille (la guerre froide quand-même!) d'une époque révolue.  
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"En 1977, le monde est entré dans une nouvelle ère, celle de l'inquiétude.
Tu n'as rien vu en 1977. Rien. Qu'y avait-il d'ailleurs à voir, à saisir, à comprendre? Le monde occidental était plus ou moins en paix, la guerre froide figeait les positions belliqueuses, pas de chômage de masse, une extrême droite somnolente, la jeunesse profitait encore de l'appel d'air de 68... Tout semblait calme et tranquille. En apparence.
Cette année-là pourtant se joue quelque chose d'essentiel: le début de la chute. Le punk, Apple, les "nouveaux philosophes", Star Wars, Beaubourg, Téléfoot et la bande à Baader. Tout s'y invente, tout s'y déploie, tout s'y transforme, du sentiment de vacuité à l'ivresse du spectacle et de la technique,de la mélancolie postmoderne au triomphe de l'idéologie néolibérale, du deuil d'un avenir radieux à la globalisation des normes. De sorte que 1977 peut être considérée comme la scène primitive de notre époque actuelle. Une année zéro. L'origine de la faille dont nous éprouvons aujourd'hui les secousses. L'année d'une bifurcation vers un monde brutal dans lequel nous nous agitons encore." (4ème de couverture de "1977 ANNÉE ÉLECTRIQUE")
Dédicace Durand #544
Des mots de minuit L'Émission #544.
Réalisation: Pascal Bouvier
Rédaction en chef: Rémy Roche
Coordination: Marie-Odile Régnier
Édition:  Mame-Awa Nguer, Laura Chassagne
©desmotsdeminuit

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