"J'ai mis ma peau sur la table dans ce travail!": le cinéaste Damien Odoul au tamis des dessins de Noyau

Philippe Lefait
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 23/01/2017 à 16H36, publié le 08/12/2016 à 17H42

Cet homme-là devenu poète et cinéaste a exploré quelques blessures intimes parce qu'il a connu "la douleur d'une enfance qu'il n'a pas eue"; parce que dans ses moments noirs "Ingmar à 22 heures pétantes me redonnait courage"; parce que très tôt, il a eu la chance de rencontrer le handicap. Aujourd'hui, avec le dessinateur suisse Noyau, il revisite quelques instantanés de sa filmographie...

Et quel cinéma! Qu'ils disent la guerre, l'initiation de l'adolescent, qu'ils dévisagent la sympathie des gueules d'un village ou exposent l'amour de la bien aimée, qu'ils utilisent prioritairement des non professionnels sans refuser les castings de notoriétés, qu'ils côtoient le burlesque ou le loup, ses films, longs ou courts, ont toujours une ombre portée. Ils dépassent le cadre, offrent une puissance qui laisse à leurs spectateurs toujours la possibilité d'un ailleurs ou d'un autre de l'image.
Damien Odoul aime les paradoxes. Bandes-annonces et cinéma, smartphone et longs-métrages, illusion et réel, le grave et le joyeux, le burlesque et la dépression, l'intellectuel et l'instantanné, le cinéma et Cannes. Ce fonctionnement en alternative est réjouissant comme ce mot à mot...  

Le cadre, c'est percevoir l'intérieur et confirmer les bords!

Damien Odoul.
DMDM Odoul 08/12/2016 © Noyau
biographie (damienodoul.com):

"Depuis 1988, Damien Odoul a écrit et réalisé 11 courts-métrages, 3 documentaires de création, 1 téléfilm et 7 longs-métrages.
Morasseix est son premier long-métrage qu’il réalise à l’âge de 23 ans, co-produit par la Sept-Arte, distribué en salles et sélectionné 12 ans plus tard à « Venice Days ».
Le Souffle, son second film, est récompensé par le Grand Prix du Jury et le Prix Fipresci à la Mostra de Venise en 2001 et vendu dans 14 pays.
Errance, présenté au Festival international du film de Toronto avec L. Casta et B. Magimel, est diffusé sur Canal+ et Arte, coproduit et vendu à l’étranger par Wild Bunch.
En attendant le déluge, avec P. Richard et A. Mouglalis, est sélectionné à la « Quinzaine des réalisateurs » à Cannes en 2003.
L’histoire de Richard O., avec M. Amalric, est sélectionné à la Mostra de Venise « Orizonti » en 2007 et distribué par Jean Labadie.
La Folle Parade, documentaire de création tourné sur 3 ans avec des handicapés mentaux, est diffusé sur Histoires courtes (France 2) à l’occasion d’une soirée consacrée au cinéaste.

Damien Odoul a écrit deux premiers recueils de poèmes avant de se consacrer aux Poèmes du milieu, 1 à 39, qu’il interprète sur France Culture dans le cadre de l’Atelier de Création Radiophonique. Il termine en 2010 les Poèmes du milieu, 40 à 88, aboutissement de ce travail débuté en 2004. Une lecture a eu lieu au théâtre des Bouffes du Nord dans le cadre du Festival Paris en toutes lettres en 2010 et au Festival d’Avignon en 2011 en direct sur France Culture ainsi qu’au cipM de Marseille en 2012.

Damien Odoul expose une installation vidéo et des photographies intitulés Virtual fight et lymphatique en 2007, dans le nouvel espace de la galerie Kamel Mennour à Paris.

En 2011, il écrit et réalise Le reste du monde avec E. Béart, diffusé sur Arte, sélectionné aux Festivals de Rotterdam, Hong-Kong, Shanghaï, Édimbourg, Durban, Melbourne, Namur, São Paulo, Taïwan, Göteborg… Cette même année, il crée et met en scène Mefausti, d’après La  Tragique Histoire du docteur Faust de Christopher Marlowe, au théâtre des Bouffes du Nord.

En 2012, après 5 ans de tournage et 1 an de montage, il termine La richesse du loup, qui sera ensuite sélectionné au FID Marseille et au Festival de Locarno. Le film sera distribué en salles en 2016.

En 2013, Damien Odoul produit le documentaire Enfants de sourds, réalisé par sa compagne, la documentariste Marie-Eve Nadeau, et présenté au Festival des Films du Monde à Montréal. La même année, il fonde SYLVART, avec sa compagne et Myrtille Saint-Martin, un projet expérimental et novateur situé dans la zone centrale du Parc National des Cévennes (Patrimoine Mondial de l’Unesco). Des artistes avec un handicap mental, reconnus internationalement, sont invités à créer et à vivre une expérience unique reliant art et environnement au cœur de la forêt. En Juin 2014, la première résidence accueille un groupe de 5 artistes handicapés mentaux en provenance de Belgique. Conjointement à cette résidence artistique, il crée ART VS WILD : une websérie de 36 minutes dont il réalise 4 épisodes, produite par Arte Creative.

En 2015, le cinéaste termine son septième long-métrage intitulé La peur, librement adapté du roman de Gabriel Chevalier. Il remporte le Prix Jean Vigo 2015.  Le film est sélectionné aux Festivals de Toronto, Varsovie, Gand, Genève…" ©damienodoul.com

Image du film "Le souffle" (2000).

Image du film "Le souffle" (2000).

© DMDM

Parmi ses films....

"Le souffle" (2000). Initiatique, on devient homme après une bonne cuite! Entre hyperréalisme et onirisme, un film "rural" typique de Odoul, tout comme "Morasseix" (1992, son premier long-métrage), une galerie de portraits pittoresques ancrés dans la culture d'un village.
"Errance" (2003) avec Benoît Magimel et Laetitia Casta, un couple dans une lente dérive qui débouche sur le chaos.
"En attendant le déluge" (2004). Un vieil  aristocrate, sachant sa fin prochaine, invite une troupe de théâtre dans son château. Rien ne se pase comme prévu. Un happening fortement nourri par l'improvisation. Alors que sa préférence va aux comédiens non professionnels, casting là aussi plus classique (Pierre Richard, Anna Mouglalis).
"L'histoire de Richard O" (2007). Variation assez crue sur le sexe servie par un Mathieu Amalric en pleine forme.. 

Couverture - Damien Odoul
> feuilleter les premières pages (ici en noir et blanc, les dessins de Noyau sont pour la plupart en couleurs dans le livre)


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