Danyèl Waro, résistant de feu

Rémy Roche
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 06/09/2015 à 14H55, publié le 05/09/2015 à 18H01

Généreux dans sa musique autant que dans ses engagements, il a largement participé à la résurrection du maloya. Ses concerts sont des moments d'énergie autant que d'émotion.

Le maloya, c'est le blues créole de la Réunion. Un chant très particulier hérité des périodes d'esclavages qu'a connu l'île. A l'époque, ses paroles célébraient les ancêtres et, en douce, elles raillaient aussi les maîtres. Méfiant, le pouvoir colonial interdit alors sa pratique, le simple fait de posséder un tambour exposait à de lourdes peines. Incroyable mais vrai, il n'a été officiellement autorisé qu'en... 1981, avant d'être consacré Patrimoine culturel de l'Humanité en 2009.
Aujourd'hui, le maloya est le genre musical le plus populaire de la Réunion et Danyèl Waro en est l'un des plus brillants représentants.
Waro est un résistant. Résistant contre quoi? Pour faire simple, contre toutes les formes d'oppression et leurs outils. Il ne marchande pas avec ses convictions: son refus de porter l'uniforme et de faire son service militaire lui ont valu deux ans de prison. En métropole. C'est dans sa geôle qu'il écrit ses premiers textes en créole.
Sous ses allures de chat sauvage et avec sa voix si particulière, Danyèl Waro met le feu, kayamb en mains il électrise son public, le maloya débouche aussi sur une forme de transe.
"Oté La Réunion", lançait-il sur le plateau de Des Mots de Minuit en 2006. Notamment accompagné à la guitare par un certain Titi Robin
(Réalisation: Pierre Desfons)

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