Ciné, cinoche #230714. "Loup-garou"

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/07/2014 à 23H53, publié le 22/07/2014 à 01H00
la planche dans la piscine (Loup-garou)

C’est un huis clos, lui, Régis Jauffret, magnifique dans son étrangeté, elle, Anna Sigalevitch venue s’occuper d’un enfant que sa mère doit amener bientôt. Un film de Stéphane Lévy écrit par Régis Jauffret

Il se déroule dans une demeure du sud de la France sous un soleil qui transperce les rangées d’arbres. Le vent est parfois violent. Spectaculaire quand il s’en prend à leurs cimes. Les cigales, obsédantes. 

Le spectateur, pour autant qu’il joue le jeu, est immédiatement happé par le trouble de la situation qui s’installe dès le premier tête à tête dans la cuisine.  Le propriétaire des lieux et la jeune fille au pair sont retranchés dans cet endroit coupé du monde. Ils s’observent, se lient, lentement, étrangement en attendant l’enfant.
 
il lui prend la main (loup garou)
Chacun a son histoire, celle de l’homme nous est livrée par bribes en voix off. La jeune femme trahit la sienne en répondant aux questions.  Chacun a sa part d’ombre. Leur passé les a fissurés. La catharsis pourrait se faire, ils ont des points communs mais le piège est tendu, la toile lentement tissée, dans laquelle elle va se laisser prendre.
Stéphan Levy, réalisateur, signe là son premier long métrage. Il prend le parti pris de plans très serrés, de la lumière saturée du soleil de midi, du noir et blanc annonçant la couleur et vice versa. Cette proximité renforce la noirceur intérieure des personnages que le réalisateur laisse à nos fantasmes.
 
gros plan Régis Jauffret
Les doigts qui déposent un peu de crème sur un point de la peau puis un autre et un autre encore, sont comme les pates sensuelles d’une cruelle araignée.
L’enfant n’arrive pas, la séduction opère, le couple se forme. En se donnant à lui, elle se confie aussi lui offrant la substance nécessaire à l’accomplissement répété de sa pathologie. Il n’y a pas de hasard, la proie est choisie, manipulée, lentement absorbée.
mains sur ventre (Loup-garou)
 
Finies les petites touches de crème sur un dos gorgé de soleil, c’est à pleine main et avec largesse qu’on l’étale en masques sur les visages. La délicatesse fait place à l’animal et les cigales continent de chanter.
Régis Jauffret est auteur et acteur dans ce film, acteur au cinéma pour la première fois. On retrouve sa plume, l’atmosphère et l’intensité noire de ses livres.

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