Ciné, cinoche #131113

Rémy Roche
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 17/05/2014 à 23H01, publié le 12/11/2013 à 00H00
les rencontres d'après minuit dmdm

Les rencontres d’après minuit – Yann Gonzales

Les rencontres d’après minuit – Yann Gonzales – 1h32

On aime bien les bonnes surprises.
En lisant le pitch du film (et une affiche ambiguë), on était peu emballé: mondaines parties fines en soirée. On craignait un sous Robbe-Grillet rebranché arty-2013.
C’est pas du tout ça.
Effectivement, un jeune couple organise avec leur travestie et nymphomane gouvernante des partouzes auxquelles sont conviés des participants triés et sélectionnés on ne sait trop comment.
Ce soir là se présentent La Chienne, assoiffée de sexe, assumée, pense-t-elle, L’Étalon,penaud mais justement nommé en raison de la taille impressionnante de son engin, L’Adolescent, un jeune fugueur illuminé de pureté, enfin La Star, une double incestueuse qui craint la lumière.
Avant de passer à l’acte, chacun se raconte. On apprend ainsi que le couple invitant est scellé par un pacte quasi-faustien qui, en échange de l’immortalité, les a engagé dans l’obligation du culte du désir et du sexe.
Alors que les sexivités démarrent, La Mort frappe à la porte…
Très vite, astucieusement, Gonzalès s’écarte radicalement des clichés. Pas de porno, pas ou peu de sexe, la grosse queue de L’Étalon est une évidente prothèse plastique: on est bien dans le décalage dans cet étrange huis-clos qui convoque des séquences elles-mêmes décalées de récits antérieurs voire de rêves. Un improbable entrelacs de solitudes designé dans un décor minimaliste 80′s.
Le grand intérêt du film est dans sa forme, son style qui ne ressemble à rien de connu. Gonzales a vu et ingurgité beaucoup de films, Robbe-Grillet, donc, mais aussi surement Rohmer, Oliveira aussi bien que de Palma et nombres de séries Z. La synthèse qu’il en propose dans ces "Rencontres d’après minuit" participe pleinement à la Nouvelle Vague de ces années 2010.