La nouvelle audace de la Galerie Itinerrance. "Djerbahood": le printemps tunisien du street art

Rémy Roche
Par @desmotsdeminuit
Mis à jour le 25/05/2015 à 11H00, publié le 25/05/2015 à 11H01
une œuvre d'Arraiano (Portugal)

une œuvre d'Arraiano (Portugal)

© Arraiano - Photo: Aline - Galerie Itinerrance - Albin Michel

Le street art, désormais incontournable, a sa face officielle, dirait-on "légale"? Après le succès vertigineux de "Tour Paris 13", voici "Djerbahood". Les ruelles de la médina d'un village tunisien investies par quelques uns des meilleurs graffeurs de la planète. Audacieuse, étonnante, ravissante (ou pas), cette nouvelle initiative fait l'objet d'un beau livre-catalogue qu'il faut feuilleter.

On ne pouvait pas rééditer le joli coup de la Tour 13, Mehdi Ben Cheikh, l'initiateur de ce projet inédit et hors-norme de street art, ne voulait pas en entendre parler. Pourtant, vu le succès de son initiative parisienne, les propositions venant de propriétaires d'immeubles voués à la destruction ne manquaient pas. "Refaire la même chose ailleurs n'avait à mes yeux aucun sens". Il cherche une autre idée pour célébrer la liberté et l'inventivité des artistes du graff et comme il est d'origine tunisienne, il pense à tenter l'expérience dans un pays toujours en plein printemps arabe. Il choisit l'île de Djerba et, avec l'accord des autorités et de la population, livre le village d'Erriadh à l'imagination de 150 street artists venus de 30 pays du monde.
une œuvre de Roa (Belgique)

une œuvre de Roa (Belgique)

© Roa - Photo: Aline - Galerie Itinerrance - Albin Michel
Résultat, comme un musée du genre à ciel ouvert (vite devenu attraction touristique) et un beau livre en forme de catalogue richement illustré et très documenté par les artistes eux-mêmes.

une œuvre de Add Fuel (Portugal)

une œuvre de Add Fuel (Portugal)

© Add Fuel - Photo: Aline - Galerie Itinerrance - Albin Michel

Par essence, le street art est a prori une représentation éphémère, c'était le génie du projet Tour 13 de consacrer cette fugacité au point d'en programmer la destruction. L'ambition de Djerbahood est d'être plus pérenne, plus muséale. Certains regretteront comme un embourgeoisement. Juste une évolution ou une simple variation, le graff sauvage garde tout son avenir, toutes se envies libertaires, toute sa fragilité. 
 

Derbahood couverture

Djerbahood - Mehdi Ben Cheikh - Albin Michel - 288 pages 


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