Retour magistral du ballet Moïsseïev à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/12/2011 à 15H44
Le ballet Moïsseïev est à Paris jusqu'au 1er janvier 2012

Le ballet Moïsseïev est à Paris jusqu'au 1er janvier 2012

© E.Masalkov

Le Ballet Igor Moïsseïev revient en France, après 18 ans d'absence. Son spectacle exceptionnel sera donné jusqu'au 1er janvier au Palais des Congrès de Paris.

Si la Russie soviétique est un mystère pour vous, les 50 artistes issus de l’Ecole-Studio Moïsseïev en sont sans doute une incarnation des plus esthétiques ; les danseurs et danseuses arborent toujours ce sourire d’ambassadeurs radieux de la patrie triomphante.

Ambassadeurs
Les “Moïsseïev” sont l’expression d’une double perfection : la technique irréprochable, auréolée de la légitimité absolue puisque ces danses folkloriques sont l’expression d’une ruralité forcément pure et authentique ! Le film d’archives diffusé avant le spectacle en dit long sur la stature du chorégraphe Moïsseïev (1906-2007) depuis l’entre-deux-guerres - tiens, où est Staline ?... Le petit père des peuples l’a sûrement adoubé en public... Poutine, en revanche, est un admirateur qu’il est bon de revendiquer en ces jours de pouvoir fort. 

Superbes costumes traditionnels
Le premier tableau est fait pour plaquer le spectateur au fond de son siège : à 50 sur scène, les femmes ont la chaussure rouge coquine et le talon-pointe têtu. La virtuosité accroupie des hommes nous fait croire à des jambes surnaturelles. Les bottes de cuir ultra-souples qu’ils portent y sont pour beaucoup puisque le pied peut s’y tordre en tous sens, jusqu’à permettre des “pointes” sur les orteils, comme les guerriers Adjars, enturbannés et tout de noir vêtus. Les costumes régionaux sont une fête permanente pour les amateurs de textiles traditionnels.

Réalisme socialiste 
Les partisans du Caucase en cape de feutre qui semblent voler au dessus du sol et les marins à la JP Gauthier sont deux moments de réalisme socialiste décalé : on se croirait sur le cuirassé Potemkine avant la mutinerie, quand les hommes sont machines, à fond de cale. La technicité athlétique est permanente : sauts, pirouettes, souplesse et phrasé impeccable... mais les Russes veulent montrer que leur sensibilité peut les mener au-delà de leurs frontières. Ils s’encanaillent dans une danse gitane très chaloupée et l’incursion espagnole, castagnettes à l’appui a les ballets Moïsseïev la vertu de rompre l’énumération slave pour proposer une autre virtuosité... les gauchos argentins et leurs lourds étriers argentés sont aussi étrangement exotiques. Heureusement, le tableau final nous réconcilie avec l’excellence de ces danseurs bondissants dans le Gopak ukrainien... Magistral !

Ballet Igor Moïsseïev au Palais des congrès - Porte Maillot 75017 Paris
Jusqu'au 1er janvier 2012, 20 heures. Séances à 15 h 30 les 22 décembre et 1er janvier.
Tarifs : de 30 à 80 euros - Tél. : 0892 050 050.