Opéra Garnier : Robbins et Mats Ek entremêlent leur vision du couple

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 16/03/2012 à 17H15
Marie-Agnès Gillot dans "Appartement" de Mats Ek

Marie-Agnès Gillot dans "Appartement" de Mats Ek

© Sébastien Mathé/Opéra national de Paris

Avec ce double programme: Jérôme Robbins et Mats Ek, c’est fromage et dessert ! D’un côté un geste fluide et vaporeux, de l’autre une danse âpre, faite de cassures et de chutes, pour disséquer deux visions du couple.

Robbins : une danse néoclassique qui jaillit de la musique de Chopin

En ouverture des danseurs s’étourdissent sur la musique de Chopin tandis que souffle Place de l’Opéra,  comme un air de printemps. « Dances at a gathering », chorégraphié en 1969 par l’américain Jérôme Robbins, nous présente le couple de manière sentimentale et nostalgique. Des solos, des pas de deux, des rondes, des portées en apesanteur, une danse néoclassique limpide, comme si elle jaillissait des notes de piano et des rayons de soleil d'une douce après midi d'été. Un classicisme qui peut surprendre si on souvient que Robbins est le chorégraphe de "West Side Story". Agnès Letestu tous charmes dehors domine de sa grâce et de son bonheur de danser ces parades amoureuses. Une désinvolture délicieuse, et un port de bras…

Avec Mats Ek, le quotidien et ses petits drames avec force et expressivité

Autant dire que la rupture est radicale avec la deuxième partie du spectacle consacrée à Mats Ek et sa vision acide de la vie à deux. En installant sur le devant de la scène, un bidet qui tranche avec le majestueux rideau rouge le chorégraphe évoque d’emblée le quotidien et ses petits drames, persillé d’une bonne dose d’humour. C'est lui qui avait fait scandale il y a quelques années, en présentant une Gisèle enceinte du prince.

« Appartement », créé pour le Ballet de l’Opéra en 2000, ausculte sans concession l’individu dans ses rapports à la foule, au couple. Pour l’interpréter une pluie d’étoiles, Nicolas Le Riche, Jérémie Bélingard, José Martinez: eux si habitués à revêtir de beaux habits de prince charmant, ils se délectent de la crudité et de l’irrévérence du chorégraphe suédois qui les habille en Monsieur Tout-le-Monde. Inoubliable ce premier solo de Marie Agnès Gilot. Vêtu de collants vert et d'une robe fushia, cette femme est au bord de la crise de nerfs et le fait savoir : sauts de crapaud, fesses cambrées, pieds cassés. Tout son corps dit son désarroi. Expressivité, force et humour encore, avec cette armée de ménagères à cran, passant l'aspirateur. Mats Ek redoute l'usure et le temps qui passe. Dans la scène de la cuisine, un père découvre avec horreur son enfant en train de brûler dans le four, un upercut dans l'estomac.

Jérôme Robbins/Mats Ek au Palais Garnier

19h30 : 13, 17, 20, 21, 23, 24, 27, 28, 30 mars
20h : 31 mars
14h30 : 18, 25, 31 mars