Nacera Belaza et Jacopo Godani ouvrent Montpellier Danse 2016

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 24/06/2016 à 10H26
Nacera Belaza, Le Trait 

Nacera Belaza, Le Trait 

© The Jakarta Post Jerry Adiguna

La transe inspirée de la Franco-algérienne Nacera Belaza, "sur le fil", et la physicalité sophistiquée de "The Primate Trilogy" de l'Italien Jacopo Godani ont marqué jeudi la soirée inaugurale du festival Montpellier Danse 2016.

Avec sa création intitulée "sur le fil", Nacera Belaza, habituée de ce grand rendez-vous annuel de la chorégraphie contemporaine, a partagé avec un public conquis une transe contemporaine nourrie de questionnements intérieurs. Dans cette pièce créée spécialement pour le festival, trois danseuses  vêtues de noir, dont la chorégraphe, autodidacte de la danse, tournoient  jusqu'à l'étourdissement, tels des derviches réinventés.
 
Les gestes sans cesse répétés de cette danse méditative finissent par  étirer le temps et faire vaciller l'espace. Les danseuses, qui s'évaporent  littéralement dans les ténèbres, paraissent tour à tour des pantins entraînés contre leur gré et des êtres mus par une puissante force intérieure. Et leur fragile équilibre fait figure de métaphore de la vie humaine.
Jacopo Godani, Dresden Frankfurt Dance Company : "The Primate Trilogy"

Jacopo Godani, Dresden Frankfurt Dance Company : "The Primate Trilogy"

© Dominik Mentzos


Une danse sans fin sur musique électronique

Dans la première pièce de Jacopo Godani, pour la Dresden Frankfurt Danse Company, on retrouve une danse sans fin sur une musique électronique. Mais c'est la  puissance qui domine, dans un flot de torsions, d'articulations et de ruptures  des corps.
 
L'ancien soliste principal du Ballet de Francfort de William Forsythe  parvient à créer avec ses 15 danseurs une oeuvre sophistiquée, d'une grande modernité mais reprenant la technique classique, notamment les pointes, jusqu'à  l'obsession.
 
Tour à tour primitive et futuriste, cette chorégraphie fulgurante de  Godani, présentée pour la première fois en France, a séduit le public de l'Opéra Berlioz de Montpellier, sans pour autant faire oublier le maître Forsythe.
 
Consacré à la fois aux "créateurs-résistants" du sud de la Méditerranée et au devenir des grandes compagnies de danse une fois leurs créateurs disparus,  la 36 édition de Montpellier Danse se poursuit jusqu'au 9 juillet.