L'Opéra de Paris s'offre un écrin numérique avec sa "3e scène"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/09/2015 à 10H21
Lil Buck-Opéra

Lil Buck-Opéra

© Stéphane Perche

Aujourd'hui, le 15 septembre, l'Opéra national de Paris lance sa "3e scène", une plateforme digitale de création qui hébergera des oeuvres commandées par l'Opéra aux plus grands noms des arts visuels et du cinéma. A la direction artistique du projet, l'atypique Dimitri Chamblas.

Ouvrir l'Opéra aux nouvelles générations

Le cahier des charges impose des créations en lien avec l'univers de l'Opéra de Paris, mais un lien entendu très largement. Il peut concerner la danse, la musique, l'architecture, comme les différents métiers rassemblés dans "La ruche". 

"Moi ce qui m'intéresse, c'est le public qui n'est jamais venu à l'opéra et qui va découvrir à travers cette plate-forme de création des oeuvres entièrement nouvelles", déclarait la semaine dernière le directeur de l'Opéra de Paris, Stéphane Lissner, en marge d'une conférence de presse.

Accueillir des artistes de renom

"Il y a énormément d'artistes magnifiques qui n'ont pas vocation à être invités à l'opéra, philosophes, photographes, plasticiens, cinéastes, et qui peuvent parler à une audience plus large que celle de notre institution, qui s'adresse beaucoup au même public". "Par exemple, Mathieu Amalric, il ne connaît pas l'opéra, ce n'est pas son monde, il est passionné par la voix: il a fait un film sur la chanteuse Barbara Hannigan", cite Lissner. 
C'est ainsi qu'une quinzaine de films sont mis en ligne dès aujourd'hui, pour l'ouverture de cette "3e scène", qui s'ajoute aux deux scènes "physiques" que sont le Palais Garnier et l'Opéra Bastille. 

Parmi la collection de films (d'une durée de deux à quinze minutes), figurent un "abécédaire" de Loren Denis sur l'Opéra de Paris, où les danseurs rêvent sur les toits et plongent en sous-sol, un film d'animation de Glen Keane, animateur vedette de Disney (Pocahontas, Tarzan ...), une série de portraits d'Etoiles du directeur de la danse de l'Opéra, Benjamin Millepied... Le réalisateur Bertrand Bonello et l'écrivain Eric Reinhardt sont en cours de production.  

Dimitri Chamblas, proche de Millepied et grand ordonnateur du projet

Le directeur artistique du projet est le très intrigant Dimitri Chamblas, un profil atypique sur la scène culturelle. Fans de skateboard et d'art contemporain, ancien petit rat de l'opéra devenu un danseur phare de la danse conceptuelle dans les années 90 (associé à Boris Charmatz), il devient producteur de clips et de films publicitaires à Los Angeles dans les années 2000, tout en produisant des films sur Boris Charmatz, Xavier Veilhan ou Gisèle Vienne. 
Dimitri Chamblas

Dimitri Chamblas

© Benjamin Millepied
C'est d'ailleurs à Los Angeles qu'il retrouve son ami du conservatoire de Lyon, Benjamin Millepied. Celui-ci l'engage comme producteur de ses films et l'associe à la création de sa compagnie L.A.Dance Project.

Ce n'est donc pas une surprise que Millepied ait pensé à son ami pour la "3e scène". "On ouvre grand les bras et on vient chercher de nouvelles générations", détaille Chamblas au sujet de sa mission. La venue pour la première fois à l'Opéra Garnier du danseur culte de hip hop américain Lil Buck pour un film avec Wendy Morgan est emblématique de la démarche. "Lil Buck, il poste n'importe quoi sur internet, c'est des centaines de milliers de gens qui le suivent, qui ont l'âge de mes enfants c'est à dire 10 ans et plus", observe Dimitri Chamblas.

Un budget de 2 millions d'euros

La "3e scène" dont le budget s'élève à 2 millions d'euros, est financée pour plus de la moitié par le mécénat. C'est dire si le projet, exemplaire pour une grande institution culturelle, sera scruté avec attention et interêt.
    
Le site de 3e scène