Deux compagnies new-yorkaises de légende aux Etés de la Danse à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/06/2012 à 14H26
Cloven Kingdom (Jeffrey Smith, Michael Apuzzo, Michael Novak & Francisco Graciano)

Cloven Kingdom (Jeffrey Smith, Michael Apuzzo, Michael Novak & Francisco Graciano)

© Tom Caravaglia

La Paul Taylor Dance Company et l’Alvin Ailey American Dance Theater traversent l’Atlantique pour passer un été à Paris. La 8e édition du festival "Les Etés de la Danse" a pris ses quartiers entre le théâtre Chaillot et celui du Châtelet pour près de 40 représentations jusqu’au 21 juillet.

La Paul Taylor Dance Company de retour à Paris

Il n’était pas venu à Paris depuis douze ans. A bientôt 82 ans, le chorégraphe américain Paul Taylor fait son retour avec les seize danseurs de sa compagnie. Il est, avec Martha Graham et Merce Cunningham, l’un des pionniers de la « modern dance », une danse qui a pris des libertés avec le ballet classique dans les formes et les pratiques.

La France occupe d’ailleurs une place particulière dans la création et dans le cœur du chorégraphe. L’un des ballets fondateur du style Taylor, Auréole, a ainsi été inspiré par Paris. "Alors que j’étais dans cette ville si romantique [en 1962], j’eus l’idée de réaliser une danse en lui donnant une touche sentimentale. La relation entre les danseurs, son mouvement lyrique, sa drôle de composition et la partition baroque paraissaient complètement décalés par rapport à ce qui se faisait dans la modern dance américaine à ce moment-là – et vive la différence ! [en français]", raconte Paul Taylor.

Esplanade (Michelle Fleet)

Esplanade (Michelle Fleet)

© Paul B. Goode

Trois ballets par soir

Celui qui s’astreint à créer entre une et trois pièces par an depuis 1954 est aujourd’hui l’auteur de 135 chorégraphies. Pour ces Etés de la danse, treize ballets sont donnés en alternance pendant dix jours. Le soir de la première, trois œuvres emblématiques du chorégraphe étaient dansées. Dans "Cloven Kingdom", un ballet de 1976, les interprètes en robe de soirée et queue-de-pie illustrent un bal mondain qui dérape. Ils passent du raffinement baroque au terre à terre, en se vautrant au sol et marchant à quatre pattes. Paul Taylor y évoque la nature animale qui sommeille sous le vernis civilisé de la condition humaine.

"Esplanade" (1975), l’une des œuvres les plus célèbres du chorégraphe, a été inspirée à Taylor par la vue d’une jeune fille essayant de rattraper son bus. Il dissèque, sur une musique de Bach, les déplacements du quotidien (marcher, courir). S’en suivent des glissades impressionnantes lorsqu’une soufflerie imaginaire déstabilise les danseurs. Pour Paul Taylor, c’est une « transition acrobatique des problèmes qui perturbent la vie de famille ».

Parmi les créations plus récentes, on compte "Beloved Renegade", crée en 2008 et présenté pour la première fois à Paris. La chorégraphie est un hommage au poète américain Walt Whitman sur le très beau Gloria de Francis Poulenc. Ces trois ballets, ainsi que les dix autres choisis parmi l’œuvre de Paul Taylor sont joués au théâtre Chaillot jusqu’au 28 juin.

Alvin Ailey American Dance Theater : Kirven J. Boyd et Glenn Allen Sims dans The Hunt (Robert Battle)

Alvin Ailey American Dance Theater : Kirven J. Boyd et Glenn Allen Sims dans The Hunt (Robert Battle)

© Andrew Eccles

L'Alvin Ailey American Dance Theater au Châtelet

Le Festival des Etés de la danse compte aussi ses habitués. L’Alvin Ailey American Dance Theater est invité pour la troisième reprise. Sous la houlette de Robert Battle, le nouveau directeur artistique, quinze ballets sont présentés du 25 juin au 21 juillet  : des œuvres-phares du maître fondateur Alvin Ailey décédé en 1989, quelques reprises et des créations audacieuses. Fidèle à sa mission pédagogique, la compagnie propose aussi des rencontres-spectacles, où le public peut approcher l’entraînement des danseurs et le travail des chorégraphes.